L'invité: Goran Bezina

Goran Bezina a ramené un petit "souvenir" de la Skoda Cup.
Goran Bezina a ramené un petit "souvenir" de la Skoda Cup.[Reuters]
11.02.2008 11:27
Même s'il a perdu un bout de nez à la Skoda Cup, Goran Bezina reste un hockeyeur qui a eu du "pif" en signant à Genève après son expérience nord-américaine.
Le Goran Bezina s'épanouit bien. Depuis son arrivée à Genève-Servette en 2004, le hockeyeur valaisan a pris de la bouteille voilà deux saisons, au même rythme que la formation des Vernets, qui connaît actuellement son meilleur cru en élite.

Trop exposé au soleil de l'Arizona, le défenseur a bien failli se griller outre-Atlantique (Phoenix et Springfield), où il s'est même testé en attaque. Mais son retour en Suisse l'a bien relancé.

Après une blessure, celui que l'on surnomme "Gogo" est arrivé à maturité et est devenu un vrai leader pour Chris McSorley et Ralph Krueger. Un Valaisan d'origine croate à Genève: quel bon cépage!
Parti trop tôt en Amérique du Nord
TXT: - Vous avez gravi les échelons pour devenir un joueur-clé en Suisse. Etes vous satisfait de votre parcours?
GORAN BEZINA: Si c'était à refaire, je ne serais pas parti aussi tôt en Amérique du Nord. J'avais 21 ans quand j'ai quitté Fribourg pour tenter ma chance en NHL. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Si l'occasion se représentait, j'y réfléchirais à 2 fois.

- Mais la NHL reste-t-elle un objectif?
GORAN BEZINA: Ce n'est plus une priorité. J'ai bientôt 28 ans et j'ai encore une saison de contrat à Genève. Mais si j'ai une belle opportunité et qu'elle arrive ces deux prochaines années...

- Mark Streit a fait le saut à 27 ans et tout va pour le mieux pour lui!
GORAN BEZINA: Je suis content pour lui et c'est très bien pour l'image de la Suisse. Il a su attendre son heure. En arrivant en NHL avec plus d'expérience, il a été davantage respecté. Mais il n'y a pas de parcours idéal. Chaque joueur est différent, même si les meilleures années vont de 27 à 29 ans...
"J'aurais eu plus de chance comme défenseur"
- Comme Streit, on vous avait demandé d'évoluer en attaque outre-Atlantique. Etait-ce une bonne expérience?
GORAN BEZINA: J'ai fait une demi-saison en attaque. Ca m'a été profitable, mais je pense que j'aurais eu plus de chance de rester en NHL comme défenseur!

- Après 3 saisons en Amérique du Nord, vous êtes revenu en Suisse. Pourquoi avoir choisi GE-Servette?
GORAN BEZINA: Je savais qu'il y avait de l'avenir dans cette équipe. De plus, Genève est une belle ville. C'est en Suisse romande et ma famille s'y plaît.
"Personne ne triche à GE-Servette!"
"Gogo" s'éclate sous le maillot de Genève-Servette.[Keystone]
- Après quelques vagues, GE-Servette réalise une très solide saison. Comment expliquez-vous cette progression?
GORAN BEZINA: La clé de notre succès actuel réside dans le groupe, qui a peu changé depuis une année ou deux. Les jeunes joueurs ont désormais 21-23 ans et ont le potentiel de la LNA. Et surtout, personne ne triche! Ajoutez à cela un excellent Gianluca Mona au but et de très bons étrangers...

- En tant que capitaine, vous semblez vous-même acquérir de plus en plus de confiance. Etes-vous au top?
GORAN BEZINA: Depuis la saison passée, je suis bien dans ma tête et sur la glace. En tant que capitaine, j'accepte mon rôle de leader. Je ne me gêne pas d'ouvrir ma gueule quand il faut et d'encourager mes coéquipiers. Mes deux premières saisons à Genève ont été plus difficiles, en raison d'une grosse blessure survenue la première année, que je n'ai pas su gérer. Puis, on a connu une horrible saison, marquée par des playout. Rien ne marchait, nous étions complètement désunis.
"Chris McSorley est devenu un peu plus calme..."
- Autre preuve de votre forme: vos 13 points (5 buts) avec Salzbourg lors des derniers playoff en Autriche...
GORAN BEZINA: Ca fait toujours du bien de gagner un titre, même si je n'ai joué que 9 matches! C'était vraiment un bon moment avec une chouette équipe.

- Avec le temps et au vu des résultats, Chris McSorley a-t-il changé?
GORAN BEZINA: Il est peut-être devenu un peu plus calme... Mais il est toujours aussi têtu. C'est positif, ainsi il est toujours là pour défendre les intérêts de l'équipe. Il aime aussi avoir un certain répondant en face.

TXT/Propos recueillis par Sébastien Clément
"On va davantage se porter vers l'attaque à l'avenir"
- Quel est votre avis sur la longévité de Ralph Krueger à la tête de l'équipe de Suisse?
GORAN BEZINA: Les critiques proviennent surtout des journalistes. Si nous avons mal joué la saison passée, ce n'est pas la faute à Krueger. Et si on le remplace, ce serait pour prendre qui? Qui pourrait faire mieux? Si on change et qu'on est relégué dans 2 ans, on fait quoi? Depuis qu'il est à la tête de la Suisse, on a fait un bond en avant. Certes, on constate que l'équipe stagne actuellement à la 8e place mondiale, mais sachez qu'on s'est remis en question après le Mondial de Moscou.

- Quels sont alors ces changements?
GORAN BEZINA: On écoute davantage les critiques. Et surtout, on doit davantage parler et penser aux médailles dans ces grands rendez-vous. Ainsi, on peut progresser et essayer de gravir les échelons. Par rapport à Moscou, on a joué trop en défense. On va davantage se porter vers l'attaque à l'avenir. Même si notre force reste dans le secteur défensif, on doit plus oser, aller chercher notre adversaire et ne plus attendre et réagir trop tard Je pense qu'on est sur le bon chemin pour les prochains événements: championnat du monde au Canada cette année, puis chez nous en 2009 ainsi que les JO de Vancouver.
Goran Bezina express
La première chose que vous faites le matin: je me lève.
Pour vous, le hockey c'est: ma vie.
Votre devise: aller jusqu'au bout de moi-même et ne pas avoir de regret.
Votre principale qualité: je suis persévérant.
Votre principal défaut: je suis très têtu.