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| Pédophilie: en savoir plus |
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| mercredi 9 avril 2008 |
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36.9° vous propose une sélection de ressources complémentaires pour aller plus loin sur le sujet.
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| Sommaire |
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Questions - réponses: chiffres et statistiques
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Questions - réponses: causes, justice et thérapie
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| Questions - réponses: chiffres et statistiques |
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Notes ayant servi à la préparation de l'émission
Combien de pédophiles, combien de victimes ?
Dans le champ de la criminalité, les abus sexuels commis sur des mineurs figurent certainement parmi les zones où l'ombre est la plus épaisse. La honte et le silence sont encore trop souvent la règle dans ce type de délits, par conséquent, de nombreux actes ne sont jamais portés à la connaissance de la justice.
En extrapolant les données canadiennes à la Suisse, on peut supposer qu'environ 50'000 adultes (hommes et femmes) ressentiraient une attirance sexuelle à l'égard d'enfants. D'autres études, effectuées en Hollande, indiqueraient qu'un homme sur vingt éprouverait des fantasmes sexuels impliquant des enfants. Mais fantasme ou attirance ne signifie pas pour autant passage à l'acte. Le professeur Bruno Gravier, psychiatre et chef du Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires, Département de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), a connu un patient dont la pulsion pédophile se satisfaisait de la lecture de livres pour enfants. Entre celui qui se contente de surfer sur Internet et le prédateur sexuel, il existe une grande variété d'expression de la pédophilie.
Les statistiques judiciaires en sont le reflet : en 2006, quatre condamnations sur 1'000 prononcées en Suisse concernaient une violation de l'article 187 du code pénal, à savoir un acte d'ordre sexuel commis sur un enfant de moins de 16 ans. En moyenne, les condamnations représentent environ 350 personnes par année.
Concernant le nombre d'enfants victimes parmi la population, les données précises manquent. A cela s'ajoute le fait que selon la tranche d'âge concernée et le type de délits considérés comme étant des abus sexuels, les données varient considérablement. Toujours en extrapolant les chiffres canadiens, on peut supposer que 5% des enfants seraient victimes d'actes sexuels commis par des adultes. Cette évaluation correspond aux données récoltées par une étude réalisée en 1997 auprès des recrues suisses. 4,8% des sondés y déclaraient avoir été victimes de graves abus sexuels avant d'avoir atteint l'âge adulte.
Ces chiffres sont certainement très en dessous de la réalité si l'on considère l'ensemble des abus commis et condamnés par le droit pénal (attouchements, exhibitionnisme, exposition à du matériel pornographique, etc.).
Les données les plus précises concernent les liens entre agresseurs et victimes. En 2006, les statistiques des centres LAVI (aide aux victimes) montrent que sur l'ensemble des consultations relatives à l'article 187, 85% des victimes connaissaient leur agresseur. Dans 53% des cas, la relation était de type familial. Les mauvaises rencontrent existent, mais elles ne représentent qu'une petite minorité des abus. La majorité des abus sexuels surviennent là où les enfants semblent être le plus en sécurité : au sein de leur famille.
Dr Daniel Fink, chef de section à l'Office fédéral de la statistique, nous informe des chiffres de la criminalité sexuelle contre les enfants.
Tout d'abord, il s'agit de préciser quatre articles des infractions contre l'intégrité sexuelle du code pénal suisse qui concernent spécifiquement les victimes mineures. L'article 187 CP : un acte d'ordre sexuel commis sur un enfant de moins de 16 ans est puni d'une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire. L'acte n'est pas punissable si la différence d'âge entre les participants ne dépasse pas trois ans. Lorsque les actes commis sur des enfants sont une contrainte sexuelle, un viol ou un acte d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, les articles 189 (contrainte sexuelle), 190 (viol) et 191 (acte d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance) s'appliquent. Ils prévoient une peine privative de liberté de dix ans au plus. Lorsque ces dispositions sont appliquées en combinaison avec l'art. 187, la peine maximale peut être portée à 15 ans de réclusion en application de l'art. 68 CP (concours d'infractions ou de lois pénales).
En 2005, il y avait en moyenne dans les prisons suisses 50 personnes incarcérées pour infractions aux articles 190 et 187, dont 23 étaient en mesure selon l'art. 43 du code pénal suisse (mesure pour troubles mentaux), et 44 personnes incarcérées en raison de l'art. 189 et 187, dont 20 étaient en mesure selon l'art. 43 CPS. Ainsi, cela fait au total 94 personnes incarcérées, dont 43 sans durée déterminée.
Etant donné qu'il s'agit ici d'une exploitation des données statistiques selon l'infraction la plus grave, il se peut qu'il y ait des cas qui échappent dans la mesure où une infraction plus grave a été commis, p. ex. un homicide en combinaison avec l'article 190 et 187 CPS.
Quant à la durée maximale, elle est déterminée par la peine pouvant être prononcée pour l'infractions la plus grave, donc l'art. 190 CPS : la peine privative de liberté est de dix ans au plus. Idem dans le cas de l'art. 189 CPS.
Les personnes restent en moyenne 3.5 années en prison pour art. 190 et 187, 2.8 années pour art. 189 et 187 CPS (durées de peine moins la détention préventive moins un tiers pour libération conditionnelle).
Les chiffres des actes d'ordre sexuel avec des enfants (art. 187 Code pénal) sont disponibles sur le site de l'Office fédéral de la statistique : indicateurs
et commentaire et données
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Le phénomène est-il en augmentation ?
Arnold Poot travaille depuis bientôt treize ans sur des affaires de pédophilie dans le cadre de la Brigade des mineurs et des m?urs de la police vaudoise. Par la force des choses, il est l'un des rares policiers spécialisés dans le domaine en Suisse.
Avec plus d'une décennie de recul, Arnold Poot n'a pas le sentiment que les actes de pédophilie soient en augmentation. Tous les jours, des enfants sont abusés, pour l'essentiel dans le cadre intra-familial. Mais le phénomène n'a rien de nouveau.
Le sentiment de nouveauté tient à deux facteurs : d'une part, la sensibilité de la société à cette question est beaucoup plus grande. Ce qui a changé, c'est le regard que l'on porte sur l'enfant et la valeur que l'on accorde à son épanouissement. La place de l'enfant n'a cessé de se renforcer depuis un siècle et la prise de conscience du phénomène de la pédophilie en est certainement l'une des conséquences. Une prise de conscience récente, dans un pays comme la Suisse, cela fait moins de vingt ans que le thème est devenu une préoccupation sociale partagée par tous.
La première conséquence de ce changement est que les enfants ont beaucoup plus de facilité à être entendus. Il est donc probable que plus d'affaires sont dénoncées. Quand aux médias, ils y sont plus attentifs qu'autrefois.
D'autre part, Internet a modifié la pratique de la pédophilie. Autrefois, le retour des feuilles aux arbres annonçait le retour des exhibitionnistes et des plaintes à la police. Ce phénomène a complètement disparu au profit d'Internet. Tous les pédophiles, quel que soit leur dangerosité, surfent sur Internet à la recherche d'excitations. Aujourd'hui, lorsqu'un suspect est interpellé, on saisit systématiquement son matériel informatique et il est très rare que l'on n'y trouve pas des images à contenu pédophile.
Il est facile d'accéder à des portails, véritables vitrines de l'univers pédophile, ces sites sont à la limite de la légalité et permettent d'avoir accès à d'autres sites sur lesquels il faudra ensuite montrer « patte blanche » pour accéder à leur contenu interdit. En fait, les pédophiles savent qu'aucune police au monde ne peut produire des images pédophiles originales, par conséquent, pour obtenir les mots de passe d'un site pédophile, en général il faut fournir soi-même de nouvelles images.
Ainsi, selon une logique de cercles concentriques, le pédophile peut accéder à des contenus toujours plus durs, pour autant qu'il soit lui-même en mesure de participer au troc d'images. A ce niveau-là, les communications au sein du groupe s'opèrent de façon cryptée. Il est très difficile de pénétrer ces réseaux criminels et d'en identifier les membres. La seule manière est d'obtenir d'un pédophile arrêté qu'il accepte que l'on emprunte son identité pour entrer en contact avec les autres membres.
D'autres pédophiles utilisent Internet pour entrer en contact avec des mineurs. Pour ce faire, ils prospectent sur les « chats », à la recherche d'enfants ou d'ados fragiles et influençables. Le cas le plus fréquent est celui de l'exhibitionniste se masturbant devant une web cam. D'autres, à l'inverse, cherchent à obtenir de l'enfant qu'il se montre devant sa caméra, se déshabille, voire se caresse. Enfin, certains pédophiles parviennent par ce biais-là à obtenir un véritable rendez-vous avec l'enfant ou l'adolescent.
Par rapport à Internet, Arnold Poot éprouve des sentiments ambivalents. D'une part, il considère que la toile est devenue un nouveau terrain de chasse pour les pédophiles ; par ailleurs, en rendant accessible des contenus, elle pourrait réveiller des appétits chez certains adultes. Dans le même temps, Internet permet peut-être de repérer des pédophiles qui sans ce média n'auraient jamais été confondus. Il permet peut-être aussi d'intervenir parfois à un stade précoce du parcours du criminel. |
Questions - réponses: causes, justice et thérapie  |
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