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| Le mystère de la mort de Beethoven |
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Une mèche de cheveux relance l'enquête sur la mort de Beethoven. Nous sommes le 26 mars 1827. Ludwig van Beethoven est sur son lit de mort. Au cours des derniers jours, il a absorbé plus de 75 médicaments différents. Beethoven a des douleurs abdominales atroces que son médecin n'arrive pas à traiter.
Un jeune garçon vient rendre visite au grand compositeur mourant. Il profite de son sommeil pour lui couper une large mèche qu'il garde en souvenir. Après une longue agonie, la mort emporte Ludwig van Beethoven. Pendant près de 200 ans, cette mèche a voyagé de l'Allemagne à la Scandinavie pour se retrouver à l'encan chez Sotheby's en 1994.
Des collectionneurs en font l'acquisition. Ils font confirmer par test d'ADN qu'il s'agit bien des cheveux et du crâne de Beethoven. Ils veulent maintenant savoir si Beethoven n'aurait pas succomber à un empoisonnement. D'autres collectionneurs, propriétaires de fragments de crâne du compositeur font alors la même démarche.
C'est au Laboratoire national Argonne que l'enquête débute. Bill Walsh, ingénieur chimiste et directeur scientifique, est un spécialiste de la détection des métaux lourds dans l'organisme. Il va chercher les traces d'un possible empoisonnement.
Vers l'âge de 20 ans, Beethoven développe un caractère irritable et colérique. À la même époque, il éprouve de sérieux maux de ventre qui le suivront toute sa vie. Beethoven a consulté plusieurs médecins sans qu'aucun puisse trouver la cause de ses problèmes de santé. Certains historiens ont émis l'hypothèse qu'il souffrait de syphilis, et le traitement pour la syphilis à l'époque était des médicaments à base de mercure.
Pour détecter la présence du mercure, Bill Walsh va utiliser l'un des plus grands accélérateurs de particules au monde, celui de Laboratoire National Argonne. Ils vont d'abord bombarder les cheveux d'intenses rayons x, 100 fois plus puissants que l'énergie du soleil. En choisissant des fréquences précises, on peut détecter la présence de différents métaux.
Les premiers résultats ne révèlent aucune trace de mercure. Beethoven ne serait pas mort de la syphilis. Après une série de tests sur différents métaux, la mèche et un fragment de crâne de Beethoven révèlent la présence de plomb, 100 fois supérieure à la limite autorisée de nos jours! Rapidement, Ken Kemner répète l'expérience mais avec le fragment de crâne. Ils trouvent les même concentrations de plomb.
Le docteur Marc Rhainds est un spécialiste québécois de l'exposition au plomb. La découverte des chercheurs américains semble correspondre à la définition actuelle de la plombémie : « Les maux de ventre qui sont rapportés sont effectivement un des symptômes caractéristiques de l'exposition au plomb.
Et les autres symptômes dont il a souffert aussi, l'irritabilité, les problèmes au niveau donc du système nerveux, il a même déjà passé pour un mendiant, un itinérant.
Oui on peut retrouver des désordres du système nerveux qui peuvent être associés au plomb ».
Si la plombémie de Beethoven explique son caractère, ses problèmes digestifs et peut-être sa surdité, peut-elle être la cause de son décès? Pour le Dr Marc Rhainds, il semble difficile d'apporter une réponse, car il nous manque le patient!
Bill Walsh pense que l'explication la plus plausible est que Beethoven ait été hypersensible au plomb : « Nous savons qu'il y a des individus qui ont une prédisposition génétique à l'hypersensibilité aux métaux toxiques comme le plomb, le mercure et le cadmium. Donc s'ils sont exposés, certaines protéines sensées éliminer ces toxines du corps ne fonctionnent plus et ils deviennent hypersensibles.
Nous croyons que c'est probablement le cas de Beethoven. Nous croyons qu'il avait un problème génétique, médical, par lequel il ne pouvait pas se débarrasser du plomb qu'il ingérait ».
Si les causes exactes de sa mort demeurent incertaines, les souffrances occasionnées par sa plombémie ont eu un impact sur sa création artistique. Cette maladie a également contribué à raccourcir les jours de Beethoven. |