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mardi 17 janvier 2006

La folie du « blanc lavabo » !

Au sommaire de cette émission

Blanchiment des dents La folie du «blanc lavabo»! L'émail dans tous ses états Kits de blanchiment: méfiance! Friture sur la ligne, les pièges de l'abonnement ADSL

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Elle s'appelle Sophie et c'est décidé, elle veut se faire blanchir les dents dans un cabinet dentaire. Un désir qui l'habite depuis plusieurs d'années depuis qu'elle a officié comme speakerine dans votre télévision !

« C'est une hygiéniste dentaire qui, m'ayant reconnue à l'époque, me dit : « Mais vous êtes la speakerine ! Vous n'avez jamais pensé à faire un blanchiment des dents? ». Ça a changé ma vie. Du coup, j'ai fait un complexe, je me suis dit « Mon Dieu, j'ai les dents si jaunes que ça ? » et à partir de là, c'est devenu quasiment une obsession. Une obsession par rapport à moi chaque fois que je me regardais et puis par rapport à mes camarades qui faisaient le même métier que moi : Valérie, sublime sourire ! Peut-être que j'idéalise, mais ses dents pour moi, c'est le sourire hollywoodien. Ilham aussi, magnifique sourire ! Depuis, j'ai acheté les dentifrices les plus abrasifs, je m'arrache les dents chaque fois que je les brosse et quand sont apparus ces fameux produits dans le commerce, j'ai acheté le petit pinceau... ça n'a fait aucun effet ! Donc là, j'ai mis en branle toute l'histoire, j'ai décidé de le faire ».

C'est l'arme professionnelle, l'arme de séduction ?

« L'arme de séduction, je ne dirais pas, mais professionnelle : je dirais que c'est une carte de visite. J'aimerais sourire dans le miroir et que ça fasse une belle lumière ».

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Estelle Vereeck a exercé pendant 15 ans le métier de dentiste, désormais elle écrit sur le langage des dents et pour nous elle décrypte le phénomène de l'ultrablanc :

« Il y a une espèce de moule social, de gabarit qui est en train de se dessiner, qui vient des Etats-Unis où il faut être mince, en forme, avoir visage jeune, lifté et puis les dents font partie de ce tableau. Il faut avoir les dents bien alignées et les plus blanches possible, éclatantes.
Là-bas, il faut effectivement donner l'image de performance, d'être battant, dynamique
».

« On dit mordre dans la vie : ce sont effectivement nos premières armes défensives, armes de séduction, mais aussi armes pour impressionner l'adversaire et, donc, en rendant ses dents blanches, on va fourbir ses armes pour renvoyer à l'autre le message : « je suis fort, puissant, attention ! Ne vous approchez pas trop, sinon je ne ferai de vous qu'une bouchée ! » ».

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Quant aux raisons psychologiques qui conduisent les gens à se blanchir les dents, Estelle Vereeck en distingue 3 :

« Ça peut vouloir dire qu'on cherche à renforcer son image de soi parce qu'on n'a pas trop confiance en soi ; on se dit : « en blanchissant mes dents, je vais être plus rayonnant », donc on cherche à avoir une personnalité plus "solaire". Ça peut aussi être une personne qui est à la veille de relever un nouveau défi professionnel, il va y avoir ce désir de se montrer plus performant, plus battant dans un nouveau poste ou face à un nouvel employeur, et puis ça peut aussi être une personne qui va débuter une nouvelle phase de sa vie : en blanchissant ses dents, elle essaie d'effacer, de gommer tout ce qu'il y avait dans le passé ».
Là, il y a tout un nouveau marché qui s'ouvre où on va essayer de cibler des personnes qui, justement, ont ces problèmes de manque de confiance en elles. Ça concerne les jeunes, mais aussi les moins jeunes qui voudraient retrouver le sourire de leurs 20 ans, le sourire de la jeunesse... Donc, c'est le désir de figer le temps puisque les dents sont très blanches au début de la vie - les dents de lait sont toujours les plus blanches
».

« On va arriver à des sourires robotisés, à des visages liftés, qui n'ont plus d'expression et à des dents qui elles non plus n'ont plus d'expression - puisque l'implantation des dents, leur teinte traduit la personnalité. Donc, on va se retrouver devant des visages sans âme où tout le monde ressemble à tout le monde, avec des dents blanches alignées comme des piquets. Je trouve ça un petit peu triste ».
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