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mardi 31 mai 2005

Fontaines à eau ou fontaines à bactéries? ABE a testé

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Au sommaire de cette émission

Fontaines à eau ou fontaines à bactéries ? ABE a testé Les fontaines à eau Les bestioles qui nagent dans la bombonnes : le test Eau du robinet L'eau en réseau contre l'eau en fontaine

Les bestioles qui nagent dans la bonbonne : le test

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Environ 1,5 million de ces bonbonnes est vendu en Suisse par année, soit quelques 28 millions de litres d'eau, puisque chacune contient 19 litres, ce qui correspond à 5 gallons, l'unité de mesure utilisée aux Etats-Unis, d'où vient cette formidable mode. Sauf que là-bas, l'eau du réseau est souvent de piètre qualité ou présente un mauvais goût. Ce n'est pas le cas en Suisse : l'eau du robinet est excellente, aussi bien en terme de goût que sur le plan bactériologique. Dans certaines régions, c'est même de l'eau de source qui coule dans les tuyaux, identique parfois à celle mise en bouteille et vendue dans le commerce.

Quel est donc l'avantage de ces fontaines? L'eau est-elle meilleure, aussi bien ou moins bien que celle du robinet? Pour répondre, nous avons fait analyser quelques échantillons prélevés à différents endroits de Suisse romande: commerces, banques ou encore administrations. Partout, nous avons procédé de la même manière : nous avons utilisé des flaconnets stériles, puis les avons acheminés au laboratoire, en respectant scrupuleusement, tout au long du processus, les consignes techniques pour ce genre de prélèvements. Au total, 28 échantillons ont été retenus pour ce test, les marques sont plus ou moins représentées au hasard des fontaines que nous avons trouvées sur notre chemin. C’est le laboratoire cantonal vaudois qui s’est chargé des analyses.

C’est d’abord la composition minérale des eaux en fontaine qui a été vérifiée.

Bernard Klein, chimiste cantonal : « La teneur en nitrates est très basse, souvent bien plus basse que dans les eaux des réseaux. La teneur en sodium est également faible, ce qui, d’un point de vue sanitaire, est un avantage pour le consommateur. Mais, en ce qui concerne la minéralisation, il n’y a rien de particulier à relever. »

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On passe ensuite aux choses plus sérieuses et moins ragoûtantes, l’analyse microbiologique, à commencer par le recensement des germes aérobies mésophiles ou germes totaux, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes susceptibles de proliférer.

Bernard Klein : « Dans l’eau du réseau, donc dans l’eau du robinet, on ne doit pas trouver plus que 300 germes par millilitre car c’est normalement une eau qui a un temps relativement faible entre le moment où elle est issue de la source et le moment où elle arrive au robinet. Par contre, les eaux en bouteille sont des eaux stagnantes, qui vont pouvoir voir proliférer les germes qui s’y trouvaient au départ. On va donc avoir des valeurs beaucoup plus élevées que celles qu’on retrouve habituellement dans une eau de robinet. »

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Sur les 6 échantillons de la marque Bluestream, nous avons relevé 92, 170, 400, 880, et à deux reprises, plus de 2000 germes aérobies mésophiles par millilitre.

Dans les échantillons des marques Cristalp, Culligan, Eden et Opalia, nous avons systématiquement passé la barre des 2000 germes par millilitre, chiffre au-delà duquel le chimiste ne les a plus comptés.

Bernard Klein : « Cela indique tout simplement que c’est une eau qui a été stockée pendant un temps relativement important. Ces germes ne sont pas dangereux pour le consommateur. Ils indiquent simplement que c’est une eau qui a stagné dans la bouteille durant plusieurs semaines à plusieurs mois. Normalement, nous en retrouvons également quelques-uns dans l’eau de réseau. Dans des conditions habituelles, on n’est jamais en dessus de quelques dizaines. »


Le laboratoire s’est ensuite intéressé aux germes spécifiques, escherichia coli, enteroccocus et pseudomonas aeruginosa. Ces bactéries présentent un risque pour la santé, en particulier des personnes immuno-déprimées. L’ordonnance sur l’hygiène des denrées alimentaires interdit toute présence de ces trois types germes.

Les résultats :

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Bluestream, 6 prélèvements, aucun germe détecté.

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Eden, 7 prélèvements, aucun germe détecté.

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Opalia, 4 prélèvements, aucun germe détecté.

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Cristalp Fontaine, 3 prélèvements, dans l'un d'entre eux, 25 pseudomonas aeruginosa par 100 ml : c’est inacceptable.

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Culligan 8 prélèvements, à 3 reprises des pseudomonas aeruginosa 36, 105 et 2'100 par 100ml : c’est inacceptable.

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Bernard Klein : « Ce n’est pas normal car le droit en vigueur en Suisse prévoit qu’on ne doit pas trouver de pseudomonas dans les eaux embouteillées. Ainsi, si l’on retrouve des pseudomonas aerugiona, cela veut dire que, quelque part au long de la chaîne de production, il y a eu une contamination. Ce germe n’est pas particulièrement pathogène, ni dangereux pour les personnes en bonne santé, mais il indique que d’autres germes, qui pourraient être beaucoup plus dangereux, pourraient eux aussi se retrouver dans cette eau. Ces résultats sont donc inquiétants. »


Contacté, Cristalp Fontaine relève, à propos de la présence de pseudomonas aeruginosa dans un échantillon : « Nous constatons que, malgré les recommandations sur les mesures d’entretien et d’hygiène dans les lieux publics, la qualité des produits alimentaires dans ces lieux ne peut être contrôlée en permanence par les producteurs. Une fontaine à eau constitue un système statique(...) qui peut être sensible à des pratiques de nettoyage ou de consommation non-hygiéniques. »

Pour le laboratoire cantonal, ces résultats indiquent en tout cas que la manière de distribuer de l’eau en fontaine n’est pas encore optimale, contrairement à l’eau de réseau, la plupart du temps.
Bernard Klein : « En Suisse, l’eau du réseau est d’excellente qualité et extrêmement contrôlée. L’eau que l’on trouve au robinet est d’une qualité tout à fait adéquate pour en consommer régulièrement et sans aucune crainte. »


Interview de Luciano Coccagna responsable qualité Culligan Suisse uniquement disponible en vidéo.


Un conseil concernant les eaux infectées: évitez de porter les mains aux yeux après avoir touché cette eau, ne vous en aspergez surtout pas le visage, en particulier si vous êtes porteur de lentilles car une contamination de l'oeil par des pseudomonas peut être très grave, en particulier si la lentille a provoqué des micro-lésions de la cornée, par lesquels le germe peut facilement entrer.
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