Dans une interview publiée par la NZZ am Sonntag, Peter Wuffli explique son action, une première en l'occurrence, comme un signe de solidarité envers l'établissement secoué par la crise financière. Il a dirigé l'UBS de 2001 à juillet 2007.
Verser de grosses sommes à des cadres sur le départ alors qu'une entreprise est en situation critique n'est pas justifiable, dit-il.
Peter Wuffli affirme par ailleurs avoir perdu depuis début 2007 quelque 50 millions de francs sur ses actions, dont le cours a chuté en bourse. Compte tenu des impôts déjà payés, cela équivaut à la perte de trois salaires annuels, selon lui.
Il regrette par ailleurs profondément que des décisions prises «en âme et conscience» durant son mandat ont, avec le recul et dans le contexte de la crise actuelle, des conséquences désastreuses pour la banque. Mais ni les banques ni les régulateurs du marché n'ont compris les dimensions des risques: «nous avons tous manqué d'imagination sur ce qui peut arriver si les choses vont vraiment de travers».
Dans des interviews parues samedi dans la Neue Zürcher Zeitung et Le Temps, Hans-Rudolf Merz avait appelé les ex-dirigeants de l'UBS à rembourser spontanément les bonus qu'il juge «immérités». Le ministre avait ajouté que, selon lui, les banques doivent accepter que l'Etat intervienne désormais au sujet des bonus et des salaires. Le gouvernement a décidé de soutenir l'UBS en difficultés avec des aides et garanties à hauteur de 68 milliards de francs.
Lors de son départ surprise de l'UBS en juillet 2007, Peter Wuffli s'était vu assurer comme le prévoyait son contrat le versement de douze mois de rémunération y compris les bonus. Dans l'interview à la NZZ, il affirme avoir renoncé en novembre de la même année déjà à une part «substantielle en millions» lorsque l'UBS a commencé à être gravement ébranlée par la crise des crédits à risques.
Le montant exact de sa rémunération n'a jamais été publié. L'UBS s'est cantonnée à donner le total des salaires versés en 2007 aux top managers qui l'ont quittée alors. Outre Peter Wuffli, il s'agit de l'ex-chef des finances Clive Standish et de l'ex-directeur du secteur banque d'investissement Huw Jenkins. Ensemble, ils ont reçu 33 millions de francs, auxquels s'ajoutent 61 millions versés après leur départ.
ats/bri
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UBS: l'ancien directeur général Peter Wuffli renonce à son indemnité de départ de 12 millions de francs - dimanche 9 novembre, 19:30 Le journal[02:06 min.] Les banques préparent déjà d'autres systèmes qui auront les mêmes effets que les bonus - 12 novembre, Journal du matin