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L'ex-CEO de l'UBS renonce à 12 millions

09.11.2008 15:25
UBS/Peter Wuffli: commentaires de Jean Studer, vice-président Conseil de banque de la BNS, en direct de Neuchâtel - dimanche 9 novembre, 19:30 Le journal
L'ex-CEO de l'UBS Peter Wuffli renonce volontairement à une partie de ses indemnités de départ garanties par contrat, à hauteur de 12 millions de francs. Ce geste rejoint l'appel lancé notamment par le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz.

Dans une interview publiée par la NZZ am Sonntag, Peter Wuffli explique son action, une première en l'occurrence, comme un signe de solidarité envers l'établissement secoué par la crise financière. Il a dirigé l'UBS de 2001 à juillet 2007.

Verser de grosses sommes à des cadres sur le départ alors qu'une entreprise est en situation critique n'est pas justifiable, dit-il.

Décisions désastreuses

Peter Wuffli affirme par ailleurs avoir perdu depuis début 2007 quelque 50 millions de francs sur ses actions, dont le cours a chuté en bourse. Compte tenu des impôts déjà payés, cela équivaut à la perte de trois salaires annuels, selon lui.

Il regrette par ailleurs profondément que des décisions prises «en âme et conscience» durant son mandat ont, avec le recul et dans le contexte de la crise actuelle, des conséquences désastreuses pour la banque. Mais ni les banques ni les régulateurs du marché n'ont compris les dimensions des risques: «nous avons tous manqué d'imagination sur ce qui peut arriver si les choses vont vraiment de travers».

Dans des interviews parues samedi dans la Neue Zürcher Zeitung et Le Temps, Hans-Rudolf Merz avait appelé les ex-dirigeants de l'UBS à rembourser spontanément les bonus qu'il juge «immérités». Le ministre avait ajouté que, selon lui, les banques doivent accepter que l'Etat intervienne désormais au sujet des bonus et des salaires. Le gouvernement a décidé de soutenir l'UBS en difficultés avec des aides et garanties à hauteur de 68 milliards de francs.

94 millions pour trois départs

Lors de son départ surprise de l'UBS en juillet 2007, Peter Wuffli s'était vu assurer comme le prévoyait son contrat le versement de douze mois de rémunération y compris les bonus. Dans l'interview à la NZZ, il affirme avoir renoncé en novembre de la même année déjà à une part «substantielle en millions» lorsque l'UBS a commencé à être gravement ébranlée par la crise des crédits à risques.

Le montant exact de sa rémunération n'a jamais été publié. L'UBS s'est cantonnée à donner le total des salaires versés en 2007 aux top managers qui l'ont quittée alors. Outre Peter Wuffli, il s'agit de l'ex-chef des finances Clive Standish et de l'ex-directeur du secteur banque d'investissement Huw Jenkins. Ensemble, ils ont reçu 33 millions de francs, auxquels s'ajoutent 61 millions versés après leur départ.

ats/bri

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L'UBS reconnaissante

L'UBS a confirmé dimanche à l'ATS la restitution de 12 millions de francs effectée par Peter Wuffli. La banque «salue sa décision et le remercie», a dit une porte-parole de l'établissement.
Comme déjà annoncé, le président du conseil d'administration Peter Kurer a entamé des pourparlers avec d'«autres personnes» au sujet du remboursement de leurs bonus. «Nous verrons s'ils suivent l'exemple de Peter Wuffli», a encore dit la porte-parole sans vouloir préciser de qui il s'agissait.
Le geste devrait en tout cas accentuer la pression sur Marcel Ospel, ex-patron et ex-président du conseil d'administration de la banque.

L'avis du Parlement sera bridé

Le "Matin Dimanche" revient sur le sauvetage de l'UBS. Le Parlement, qui doit avaliser le plan prévu par le CF en décembre, va se prononcer sur des mesures déjà appliquées, a rappelé le journal.

Le Parlement doit avaliser le plan de sauvetage lors de sa session de décembre. D'après le plan des Chambres, la question ne devrait pas être débattue avant le 4 décembre, le jour où l'opération comptable doit avoir lieu.

Le service juridique du Département fédéral des finances (DFF) admet que le Parlement ne peut refuser ce plan qu'avant le 4 décembre, ou jamais. L'assemblée générale de l'UBS doit elle se prononcer le 27 novembre sur le plan de sauvetage.

Si, par un tour de force, le Parlement discute du plan avant le 4 décembre et qu'il le refuse, l'UBS pourrait alors saisir la justice, le contrat conclu contenant l'obligation de verser la somme promise.

"C'est la procédure d'urgence qui veut cela et il n'y avait pas d'autre solution", a indiqué Christophe Darbellay, président du PDC.

Pour le PS, qui avait demandé une session urgente après la décision du CF, le débat aurait pu être possible. Le plan de sauvetage prévoit que 6 milliards de francs soient injectés par la Confédération dans l'UBS.

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