Le quotidien fribourgeois La Liberté révèle mercredi que les administrateurs des deux sociétés ont fait parvenir en date du 30 juillet à leurs créanciers une lettre les informant de leur dépôt de bilan.
Très attendu, et primé par le public au Festival du film d'animation d'Annecy en juin 2007, le film des frères Guillaume a rencontré plusieurs difficultés sur son parcours, à commencer par l'explosion du budget de production et la défection de son co-producteur anglais.
Dès lors, et malgré de nombreuses mesures pour éviter tout risque de faillite en cas de flop commercial (coproduction avec la France, la Belgique et l'Angleterre, prévente des droits TV, sortie en DVD), l'oeuvre des frères Guillaume était condamnée à faire carrière dans les salles.
Or, malgré une soixantaine de copies distribuées dans les cinémas de Suisse, "Max & Co" n'a pas réussi à franchir le cap des 30'000 entrées, alors que son producteur en espérait 150'000. Boudé également par le public français, le long métrage d'animation n'avait plus aucune chance de rentrer dans ses frais.
Dans leur missive adressée à leurs créanciers, les réalisateurs Samuel et Frédéric Guilaume, le producteur exécutif Benoît Dreyer et le producteur délégué Robert Boner, expliquent que la défaillance de leur partenaire britannique Future Films LTD a grevé le budget d'un million de francs, alors que ce dernier prenait l'ascenseur.
L'entreprise britannique s'étonne pour sa part de cette mise en cause. Future Films assure avoir rempli tous ses engagements et obligations auprès des sociétés de production fribourgeoises et rappelle être toujours en attente de paiement.
Le Tribunal de la Sarine devra encore se prononcer sur la faillite de MAX-LeFilm Sàrl et de Cinémagination SA. Les producteurs assurent dans leur courrier que toutes les créances feront l'objet "du paiement d'un dividende une fois la liquidation opérée".
Face à cette situation, le producteur exécutif du film a pris la difficile décision d'abandonner le business du cinéma. "Par rapport au bouillon que je fais prendre à certains investisseurs, je ne peux que tirer ma révérence."
Malgré de lourdes pertes, la société du producteur délégué Robert Boner Saga Production, qui avait énormément investi pour mener à bien le projet, survivra pour sa part à la désillusion "Max & Co".
Jérôme Holzer
Suisse: les deux sociétés productrices du film d'animation «Max and Co» déposent le bilan - 13 août 2008, 19:30 Le journal[01:47 min.]