La Radio suisse romande (RSR) a affirmé vendredi que des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient touché quelque 20 millions de dollars pour libérer les otages.
«Les quinze otages ont en réalité été achetés au prix fort, après quoi toute l'opération a été mise en scène», a déclaré la radio, citant «une source proche des événements».
Réagissant à ces informations, le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a démenti vendredi à Bogota qu'une rançon ait été versée aux ravisseurs des FARC. Cette version, selon lui, «n'a aucun fondement, nous ne savons pas d'où elle provient. Mais pas un seul centime n'a été versé».
A Berne, l'ambassade de Colombie a déclaré qu'une mise en cause de ces faits était «injuste, injustifiée et opportuniste». Elle a affirmé que les 15 otages avait été libérés grâce à «une opération spéciale d'intelligence mise au point et exécutée par les services militaires de la Colombie». Au cours de cette opération «les FARC ont été infiltrées», a précisé l'ambassade.
De son coté le général Freddy Padilla, commandant des forces armées colombiennes, a également assuré que le gouvernement de Bogota n'avait «pas versé un seul centime dans cette opération». Il a estimé qu'il aurait été préférable que le gardien des otages, «Cesar», accepte des millions de dollars, car cela aurait démontré selon lui «la décomposition dans les rangs des FARC».
Ingrid Betancourt a répété samedi qu'elle ne croyait pas à l'hypothèse du versement d'une rançon aux FARC en échange de sa libération. "Bon, si c'était vrai, tant mieux, je veux dire: 'pourquoi pas'?", a-t-elle jugé sur France-3. Mais elle a de nouveau expliqué que son "impression personnelle" était le contraire, notamment en raison de la réaction qu'elle a constaté chez son ancien geôlier, le commandant "Enrique", lorsque celui-ci a été maîtrisé par les soldats de l'armée colombienne. "C'était un homme d'une méchanceté et d'une cruauté vraiment spéciale. Je l'ai profondément connu", a-t-elle expliqué. "Lorsque je l'ai vu poings et pieds liés au sol, avec les yeux bandés, l'expression de son visage, de sa bouche... Non, ce n'est pas quelqu'un qu'on a acheté. Il était humilié".
Ingrid Betancourt, qui se trouvait à Paris, a déclaré ne pas croire à la possibilité d'une mise en scène. «Avec ce que j'ai vu pendant l'opération - et franchement, honnêtement, je ne pense pas que l'on puisse me duper facilement -, je ne pense pas que ce j'ai vu soit une mise en scène», a dit l'ex-otage franco-colombienne. «Il y avait des degrés de tension, c'était tellement stressant que nos camarades ont résisté, ils ne voulaient pas monter dans l'hélicoptère», a-t-elle expliqué. «Ils avaient la sensation qu'on était pris dans un piège».
En juin, le président colombien Alvaro Uribe avait annoncé avoir été contacté par des membres importants de la guérilla pour relâcher, moyennant finances, des otages qui, avait-il dit, seraient ensuite accueillis en France.
Des étrangers auraient participé à la libération des quinze otages mercredi en Colombie, a assuré vendredi à la justice l'un des guérilleros des FARC capturé au cours de l'opération. Il a ajouté qu'il a cru qu'il s'agissait d'une mission humanitaire internationale.
«Il a dit que dans l'hélicoptère qui le transportait avec les otages mercredi il y avait des personnes étrangères», a déclaré l'avocat de Gerardo Aguilar, alias «César». L'avocat a également déclaré qu'un «des étrangers qui se trouvait dans l'hélicoptère, dont il ignore s'il est américain ou bien d'une autre nationalité, l'a frappé». M. Aguilar a également nié être le commandant des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC).
Vendredi, le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos a démenti toute participation étrangère à l'opération bien qu'il ait reconnu que les Etats-Unis en aient été informés préalablement et ont prêté pendant l'opération un avion espion.
ats/tac
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