Le 19 mars 2003, le premier missile américain s'abattait sur Bagdad. Cinq ans plus tard, le dossier irakien s'ajoute à la crise économique dans l'agenda des candidats à la présidence des Etats-Unis.
Et la question du retrait des troupes ou de l'envoi de contingents supplémentaires prendra de plus en plus d'ampleur d'ici novembre selon Michael Calingaert, politologue à la Brookings Institution à Washington (voir vidéo ci-dessus).
Georges W.Bush expliquait à l'époque que son pays entrait en guerre pour libérer l'Irak de Saddam Hussein, coupable de posséder des armes de destruction massive, et mettre en place une démocratie au coeur du Moyen-Orient. Cinq ans après, il est avéré que ces armes n'ont jamais existé. Pire, l'Irak, théâtre d'une guerre civile sanglante, s'éloigne jour après jour un peu plus de la démocratie.
Daniel Warner, politologue américain à l'Institut des Hautes Etudes Internationale et du Développement à Genève, tire un bilan très sombre de cette aventure, "une catastrophe" selon ses propres termes. Il conteste avec force les déclarations de George W. Bush qui affirmait hier que l'intervention préventive en Irak avait "ouvert la porte à une victoire stratégique majeure dans la guerre plus large contre le terrorisme." (écouter interview ci-contre)
L'invasion de l'Irak a aidé les terroristes partout dans le monde.
Longtemps relégué au second plan dans la campagne électorale, le débat sur la guerre en Irak a resurgi à l'occasion de ce jubilé et de la récente visite du candidat républicain John McCain à Bagdad, sa huitième depuis l'invasion du pays en 2003.
John McCain a fait du dossier irakien une clef de son succès. Il soutient sans férir l'engagement américain et assure que la décision prise l'an dernier d'envoyer 30'000 soldats américains supplémentaires sur place "porte ses fruits".
Les candidats démocrates à la Maison Blanche ont marqué le 5e anniversaire de la guerre d'Irak, en soulignant mercredi leur volonté de mettre fin à ce conflit tandis que le républicain John McCain insiste pour maintenir des troupes jusqu'à la victoire.
La guerre en Irak est déjà plus longue que la Première et la Seconde Guerre mondiale et aucune solution n'est en vue, a affirmé Barack Obama à Fayetteville en Caroline du Nord. Le candidat démocrate a promis de "mettre fin" à cette guerre qui, selon lui, a rendu "l'Amérique moins sûre" et l'a isolée de ses alliés. Il prévoit de ramener toutes les troupes dans un délai de 16 mois.
Hillary Clinton de son côté a affirmé au cours d'un déplacement à Detroit qu'il n'y avait "pas de solution militaire" au conflit. Elle a promis de commencer à ramener les soldats américains dans un délai de 60 jours après sa prise de fonction sans toutefois donner un calendrier précis. Par ailleurs, elle a affirmé que c'était aux Irakiens de prendre en main les destinées de leur pays. "Nous ne pouvons pas gagner leur guerre civile", a-t-elle dit.
Axel Roduit/tsrinfo