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L'acteur français Michel Serrault est décédé

30.07.2007 06:57
Son interprétation de Zaza Napoli lui avait valu un César [Keystone]
L'acteur français Michel Serrault est décédé dimanche soir à l'âge de 79 ans des suites d'une longue maladie, à sa résidence de Honfleur, en Normandie. Il avait notamment triomphé dans «La Cage aux folles».

Ce rôle lui avait notamment valu son premier César du meilleur acteur en 1979. Michel Serrault avait été hospitalisé ces dernières semaines à l'Hôpital américain de Neuilly d'où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence secondaire de Honfleur, a précisé cette même source.

Une longue carrière cinématographique, avec quelque 135 films, couronnée par 3 César, en ont fait l'un des acteurs français les plus populaires, excellant tant dans le registre dramatique que comique, en particulier dans son interprétation d'un des deux homosexuels de «La cage aux folles» d'Edouard Molinaro, en 1978.

Trois César

Né le 24 janvier 1928 à Brunoy, dans l'Essonne, il triomphe d'abord au théâtre en incarnant Zaza Napoli dans «La Cage aux folles», rôle pour lequel il remporte son premier César du meilleur acteur en 1979, quand la pièce à succès de Jean Poiret est adaptée au cinéma.

Il obtient un deuxième César trois ans plus tard pour «Garde à vue», de Claude Miller. Le rôle de Pierre Arnaud dans «Nelly et monsieur Arnaud», de Claude Sautet, lui vaut son troisième trophée.

Il voulait entrer dans les ordres

Après avoir brièvement fréquenté le séminaire avec l'intention d'entrer dans les ordres, Michel Serrault intègre l'école de théâtre de la rue Blanche. Il fait ses premiers pas au cinéma une dizaine d'année plus tard, en 1954, dans «Ah! les belles bacchantes», de Jean Loubignac.

Il joue un an plus tard dans «Les diaboliques», un policier adapté de Boileau-Narcejac par Henri-Georges Clouzot. En plus de cinquante ans de carrière cinématographique, Michel Serrault travaille notamment avec Bertrand Blier, Pierre Tchernia ou Jean-Pierre Mocky.

Je crois que nous sommes sur terre pour cette chose unique: aimer. Je répète souvent à qui veut l'entendre: aimez ce que vous voulez, mais aimez! Michel Serrault

Humaniste, fantasque, homme de coeur

Invité imprévisible à la télévision, il a par exemple fini en caleçon lors d'une interview. Chahuteur et fantasque, l'homme savait aussi exprimer ses convictions humanistes.

«Je crois que nous sommes sur terre pour cette chose unique: aimer. Je répète souvent à qui veut l'entendre: aimez ce que vous voulez, mais aimez!» Et montrant son coeur, il ajoutait: «Faites marcher la machine.»

Jean-Pierre Mocky effondré

Les hommages du monde politique ou du monde du cinéma ont afflué (lire ci-contre). Jean-Pierre Mocky a réagi lundi matin au décès de Michel Serrault en regrettant une "perte immense". "Michel, je croyais qu'il était immortel (...) Je pensais qu'il irait jusqu'à l'âge de Charles Vanel qui est mort à 97 ans et qui tournait encore avec moi à 97 ans", a souligné sur RTL le réalisateur pour lequel Michel Serrault avait notamment tourné les deux films "Le Miraculé" et "A Mort l'Arbitre".

"Ca a été mon acteur fétiche après Bourvil. Quand Bourvil est mort, il a remplacé Bourvil dans les rôles que j'avait prévus pour Bourvil. Il est devenu mon ami dès 1966. C'est pour moi quelque chose d'immense, sa perte. Aujourd'hui, il y a tout un tas de rôles que je ne sais pas à qui donner. Déjà à la mort de Bourvil, je me demandais qui allait le remplacer et j'avais trouvé Serrault mais maintenant, je ne sais vraiment pas qui va remplacer Serrault. Je ne le vois pas", a encore dit Jean-Pierre Mocky.

agences/hof

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Hommages politiques

Nicolas Sarkozy a rendu hommage lundi à un «monument du théâtre de boulevard, du cinéma et de la télévision».
Le Premier ministre François Fillon a lui salué «un comédien d'exception qui aura marqué le théâtre et le cinéma français, par la diversité de son immense répertoire».
La ministre de la Culture Christine Albanel a quant à elle souligné sa "grande popularité" et son "don d'apporter une évidente authenticité aux caractères qu'il savait dépeindre, quel qu'en soit le registre".

Le cinéma en deuil

Pour le réalisateur Bertrand Blier, qui l'avait notamment dirigé dans "Buffet Froid" en 1979, Michel Serrault était "un immense bonhomme, l'un des rares acteurs capables de passer dans le fantastique réaliste".

Michel Serraul était une personnalité fantasque "qui pouvait faire tout d'un coup les choses les plus folles" et "qui peignait la vie d'une manière suffisamment folle et suffisamment gaie pour ne pas s'apercevoir que tout ça finit mal", affirme de son côté l'acteur Pierre Arditi.

Le réalisateur et animateur de télévision Pierre Tchernia, qui a tourné plusieurs films avec Michel Serrault, a estimé que sa disparition laissait un "grand vide". "Pour chaque scénario, il poussait les réalisateurs dans leur retranchement pour savoir où ils voulaient l'emmener à travers le personnage", a-t-il expliqué.

"Ce que je garde de Michel, c'est l'exceptionnel génie du jeu. C'était quelqu'un qui était toujours en invention, en imagination, en proposition, donc extrêmement généreux dans son travail", a confié sur France-Info Régis Wargnier, le réalisateur de "Pars vite et reviens tard", sorti au début de l'année, où Michel Serrault joue un de ses derniers rôles.

«C'était un génie», a déclaré le réalisateur Jean-Louis Guillermou qui a dirigé l'acteur dans «Antonio Vivaldi, un prince à Venise». Ce long métrage doit sortir à la fin de l'été.

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