Deux Palestiniens, un membre armé de la Sécurité nationale et un militant de la branche armée du Hamas, ont encore été tués dimanche par des tirs à Beit Hanoun (nord de la bande de Gaza), selon une source médicale. La localité est entièrement réoccupée depuis mercredi.
Selon des médecins et des policiers, des soldats israéliens ont également abattu un policier palestinien dans le nord de Gaza. Un quatrième Palestinien blessé samedi soir par des tirs à Beit Hanoun est décédé dimanche.
Au total 48 Palestiniens, dont au moins 25 combattants, ont été tués par Tsahal en cinq jours, lors d'une des opérations militaires les plus vastes depuis le rapt d'un soldat israélien le 25 juin par des groupes armés palestiniens. Plus de 200 personnes ont été blessées.
Des chars et des bulldozers encerclaient également dimanche l'hôpital de Beit Hanoun. Des soldats ont menacé par haut-parleur d'ouvrir le feu sur toute personne qui tenterait de sortir ou d'entrer dans l'établissement. Selon le directeur adjoint de l'hôpital, Nasser Radouane, celui-ci n'a pas d'électricité et manque d'eau pour les blessés et les malades.
D'après des images de la télévision palestinienne à Beit Hanoun, interdite d'entrée aux journalistes, l'armée a procédé dans la soirée de samedi à de nouvelles vagues d'arrestations d'hommes, emmenés dans des camions.
«L'opération est limitée dans le temps, mais nous n'avons pas l'intention d'annoncer quand elle prendra fin», a affirmé dimanche le Premier ministre israélien Ehud Olmert. «Nous avons déclaré que nous n'accepterions jamais les tirs de (roquettes) Qassam et que nous prendrions toutes les mesures nécessaires pour réduire les activités terroristes. Nous l'avons fait et nous continuerons à le faire», a-t-il poursuivi.
Le chef du parti d'opposition de gauche Meretz, Yossi Beilin, a en revanche réclamé l'arrêt immédiat de cette opération qui, selon lui, «ne fait que renforcer la position d'Ismaïl Haniyeh», le Premier ministre palestinien du Hamas.
«Haniyeh était très affaibli ces derniers temps (...). Avec notre opération, il est redevenu un héros et concurrence désormais Hassan Nasrallah (le chef du parti chiite libanais Hezbollah)», a-t il estimé.
Côté palestinien, un représentant des groupes qui ont revendiqué l'enlèvement du soldat israélien a assuré dimanche que les raids mettaient sa vie en danger, alors qu'eux-mêmes «n'ont pas l'intention de le tuer». Le président Mahmoud Abbas a quant à lui réclamé samedi une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU.
ats/het