Après des années de gestation, le géant bleu entre dans l'ère du triple-play. Autrement dit, une partie de ses clients pourront dès le 1er novembre téléphoner, surfer et regarder la télévision par la prise du téléphone. Jusqu'ici seul Cablecom et quelques téléréseaux proposaient l'ensemble de ces prestations simultanément.
Pour les consommateurs urbains ou possédant une bonne connexion ADSL, l'arrivée de Swisscom signifie qu'ils pourront désormais choisir entre plusieurs offres de télévision. Pour la grande majorité des consommateurs, cela veut dire qu'ils pourront consommer de la TV de manière très différente et parfois à meilleur compte à prestation égale.
Le décodeur Bluewin qui permet de recevoir la télévision est en effet équipé d'un disque dur et permet par exemple d'interrompre le visionnement d'une émission pour le reprendre plus tard. Si ce service était déjà proposé par Cablecom avec son décodeur de télévision numérique, cela revenait presque deux fois plus cher.
L'offre de Bluewin TV, pour autant qu'elle fonctionne correctement, offre encore davantage aux consommateurs: la vidéo à la demande. Les clients du géant bleu pourront visionner quand ils le souhaitent quelque 500 films (400 en français) choisis dans un vidéo-club virtuel pour un prix variant de 6,00 à 3,50 francs l'unité. L'opérateur proposera aussi certains matches de hockey et de foot sur ce principe. Prix: un franc la rencontre.
Point d'euphorie cependant. En raison de limitations techniques la majorité des Suisses ne pourront voir qu'une chaîne en même temps et ne pourront pas en enregistrer une deuxième, ce qui ne pose aucun problème avec la TV analogique. De même, il faudra, là où c'est possible, débourser dix francs par mois supplémentaires pour louer un second décodeur pour une TV supplémentaire.
L'offre de base de Swisscom est plutôt riche par rapport aux téléréseaux. Pour 30 francs (29 francs + 1,05 franc de droits d'auteurs et de concession à l'OFCOM), l'opérateur va diffuser plus de 100 chaînes de TV,70 radios, quelque 500 films à la demande et une multitude de rencontres sportives en exclusivité.
Un puissant guide de programmes électronique, de même genre que ceux déjà proposés par Naxoo et Cablecom, complète l'offre de Swisscom. Contrairement à la concurrence, ce guide peut être consulté à distance. Par le biais de Vodafone Live, par exemple, il est possible de programmer son enregistreur à domicile.
Des paquets de chaînes supplémentaires complètent l'offre de Swisscom, comme sur le téléréseau. Il est ainsi possible de s'abonner au bouquet Canal + pour 48 francs par mois. Précisons encore que contrairement aux solutions expérimentales (Stream-it), Bluewin TV permet encore de consulter le Teletext de façon très confortable.
Enfin, plus d'un Suisse se demande comment prolonger le câble du téléphone jusque sur la télévision. Pour un forfait de 95 francs, Swisscom se charge de toute l'installation et donc de la pose du câble. A l'avenir, des solutions sans fil devraient aussi être proposées aux clients de l'opérateur.
Financièrement, l'opération a coûté quelques dizaines de millions de francs à Swisscom qui espère atteindre à terme un chiffre d'affaires du même ordre. Les investissements consentis ne s'arrêtent cependant pas là. La mise en place du réseau VDSL, un super ADSL que l'opérateur commercialisera en 2007, doit coûter plus de 600 millions de francs. D'ici 2010, ce chiffre pourrait encore grimper.
La bataille s'annonce donc rude entre les téléréseaux et Swisscom. Ce dernier aura peut-être de la peine à séduire des clients dont l'abonnement à la télévision fait souvent partie du loyer. Dans certaines villes, le contrat avec le téléréseau, est parfois même une condition pour obtenir un logement.
Xavier Studer
Swisscom se lance dans la télévision - 31 octobre, 19:30 Le journal[01:59 min.]
Bluewin TV dans le bain de la télévision numérique: analyse de Xavier Studer, journaliste de tsr.ch - 31 octobre, 19:30 Le journal[01:28 min.] RSR - Analyse : une concurrence néfaste pour la SSR ? - Journal du matin, 1er novembre
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