M. Bush et son épouse Laura devaient participer à 16h55 (20h55 GMT) à un dépôt de gerbe à Ground Zero, puis participer à un office du souvenir à la chapelle Saint-Paul, près du site du World Trade Center détruit.
C'est lundi surtout que l'Amérique rendra hommage aux 2.973 morts et innombrables blessés, victimes des quatre attaques portées en cette matinée de grand soleil de 2001 par 19 pirates de l'air d'al-Qaïda à bord d'avions détournés.
A l'appel de son président, le pays est invité à observer un moment de silence à 08h46 (12h46 GMT), l'heure à laquelle le premier avion s'est écrasé contre une des tours jumelles. Les drapeaux des maisons et mairies seront mis en berne, à New York, qui concentrera les principales cérémonies autour de Ground Zero, et dans tout le pays.
M. Bush devait ensuite rejoindre la Pennsylvanie (est) et le Pentagone, sites de deux des attentats, avant une allocution télévisée prévue à 21h00 (mardi 01h00 GMT). Il devrait à cette occasion exalter l'esprit de l'Amérique mais aussi la détermination à combattre les terroristes au moment où cet anniversaire ramène avec force le souvenir du drame.
Les Américains devraient communier dans l'émotion, mais ils sont loin de l'union sacrée formée derrière M. Bush après les attentats les plus meurtriers de l'histoire des Etats-Unis.
Moins de quatre jours avant les commémorations, al-Qaïda est venu rappeler jeudi par une vidéo, et comme presque chaque année avant l'anniversaire, qu'Oussama ben Laden court toujours, bien que M. Bush ait promis de le capturer "mort ou vif".
Aux Etats-Unis, le bilan de l'après-11 Septembre est pour le moins mitigé. Selon les analystes, la coordination s'est améliorée entre FBI, CIA et leurs homologues étrangers, et le public a appris la vigilance sans la panique des mois ayant suivi les attentats.
Mais le bourbier irakien crée un mécontentement croissant. Le conflit a tué plus de 2.600 soldats américains depuis 2003. Selon les autorités irakiennes, 3.200 Irakiens sont morts rien qu'à Bagdad ces deux derniers mois. Les combats s'intensifient à nouveau en Afghanistan, premier front de la "guerre contre le terrorisme". Et la question des atteintes aux libertés individuelles au nom de la sécurité fait de plus en plus débat.
A deux mois d'élections parlementaires indécises, M. Bush a lancé une vaste campagne de communication autour de ce cinquième anniversaire, pour défendre son action controversée aux Etats-Unis comme à l'étranger. Il s'emploie à associer "guerre contre le terrorisme" et guerre en Irak, et à assurer que l'Amérique est plus sûre aujourd'hui. L'opposition démocrate affirme tout le contraire.
Un rapport sénatorial est venu vendredi mettre à mal les théories de M. Bush et aviver les tensions. Il indique que le régime de Saddam Hussein se refusait toute aide à Al-Qaïda et que l'ancien dictateur était plutôt hostile à Oussama ben Laden.
"Nous savons que l'Irak était un Etat soutenant le terrorisme", a pourtant persisté la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, multipliant les interventions sur les chaînes de télévision. Prétendre que Saddam Hussein était inoffensif est "antihistorique", a-t-elle dit.
Le vice-président Dick Cheney a mis en garde dimanche contre le risque que les Irakiens ou les Afghans se disent: "Les Etats-Unis n'ont pas les tripes qu'il faut pour ce combat". M. "Cheney incarne ce qui ne va pas dans la politique de cette administration", a répondu le sénateur démocrate Chuck Schumer, "on a vu beaucoup de vigueur de la part de cette administration (...), mais on n'a sûrement pas vu assez d'intelligence. Et c'est pourquoi les choses empirent en Irak".
afp/kot
Cinq ans après, chacun se souvient encore de sa journée du 11-Septembre - 10 septembre, 19:30 Le journal[02:16 min.] 11 septembre 2001: le téléjournal