Après l'ADSL, qui permet des téléchargements jusqu'à une vitesse de 6 mbits/sec, Swisscom déploie sur ses lignes téléphoniques une nouvelle technologie le VDSL2, qui permettra dans un premier temps des vitesses de téléchargement entre 12 et 25 mégabits/sec, c'est à dire environ cinq fois ce que permet la technologie d'aujourd'hui. A fin 2006, 60% des zones urbaines seront désservies. En 2010, 95% des Suisses (urbains) surferont à au moins 12 mégabits/sec.
De telles vitesses permettront surtout à l'opérateur historique d'amener la télévision haute définition dans les salons de ses clients. En effet, il faut aujourd'hui près de 8 mégabits/sec pour diffuser par internet une chaîne TV HD, ce qui est impossible avec l'ADSL.
Swisscom devait donc moderniser son réseau et choisir une nouvelle technologie. Comme les discussions sur la libéralisation des infrastructures de l'opérateur ont quelque peu traîné aux Chambres, le géant bleu s'est lancé avec retard par rapport à nos voisins dans ce vaste chantier en comparaison avec d'autres sociétés européennes.
Alors que Swisscom devait prendre sa décision, la technologie VDSL2 sortait des laboratoires. Bien que nécessitant d'importants investissements, la société l'a choisie car elle semblait alors bien plus prometteuse que l'ADSL2+, préférée notamment par certains opérateurs français.
Non seulement le débit maximal en téléchargement (du web vers un ordinateur) est plus élevé, mais la vitesse d'envoi d'informations sur la toile est beaucoup plus importante (jusqu'à 6 mégabits). De telles performances ne s'obtiennent pas sans investissements.
Comme le VDSL2 ne permet de tels débits que sur de courtes distances, Swisscom doit se rapprocher des maisons des particuliers avec son réseau de fibres optiques. L'opérateur doit donc installer dans les rues des caissons (Multiplexeur d'accès DSL/DSLAM) qui permettent de raccorder la ligne de cuivre de l'abonné aux autoroutes de l'information de l'opérateur en fibre optique.
Dans les quartiers où la densité de population est trop forte, la difficulté se corse. Comme ces caissons seraient de trop grandes tailles pour raccorder tous les abonnés, le géant bleu doit acheter ou louer des locaux pour déployer les multiplexeurs.
Débits (mbits/sec) en fonction de la distance en mètres [TSR]
Pour toute la Suisse, ce sont près de 6'000 stations qui doivent être installées dans les rues ou dans des locaux pour un coût de plusieurs centaines de millions de francs. Swisscom précise qu'il s'agit de son plus important investissement sur son réseau fixe depuis 20 ans. En plus, l'opérateur est confronté à de sérieuses limitations techniques et administratives.
L'installation de chaque caisson doit être mise à l'enquête et doit être validée par différents services administratifs: urbanisme, routes, services techniques... Alors que certaines communes collaborent pleinement avec l'opérateur, d'autres négocient la location des emplacement à Swisscom. Enfin d'autres communes selon l'opérateur, ralentissent sciemment les démarches pour protéger leurs investissements sur leur téléréseau.
Dans un premier temps, Swisscom ne pensait utiliser son réseau VDSL2 que pour acheminer des images de télévision dans les foyers suisses. Récemment, l'opérateur a revu sa copie et envisagerait de faire circuler d'autres données.
Evidemment, avec la libéralisation du dernier kilomètre, certains opérateurs risquent de préférer, comme en France, développer leur propre réseau à haut débit. Il semblerait d'ailleurs que certaines sociétés songent à déployer l'ADSL2+ en Suisse, moins performant, mais plus économique et rapide à mettre en œuvre.
Si l'avenir reste difficile à prédire, il semble raisonnable d'augurer que des forfaits incluant quelques chaînes de télévision, l'internet et le téléphone fassent bientôt leur apparition en Suisse. Pour mémoire, en France voisine, dans les régions dégroupées, l'ADSL à 20 mbits/sec maximum, le téléphone et un bouquet TV sommaire reviennent à moins de cinquante francs.
Xavier Studer