Jean-Louis Missika, sociologue, l'affirme: nous vivons les dernières heures de la télévision traditionnelle. Les jeunes générations se tournent vers les blogs et de nouveaux médias (baladeurs, chat, etc). Ceux-ci satisfont plus leurs attentes que la télévision et peuvent être consultés à la demande.
La télévision ne joue donc plus, depuis quelques années, son rôle de "fabrique de lien social": on ne se retrouve plus tous ensemble devant la même émission, notre consommation culturelle s'est individualisée.
Pour Gilles Marchand, directeur de la TSR, ces changements sont bien réels. Mais il estime que le rôle des télévisions généralistes n'est pas modifié: peu importe le moyen d'amener l'information - câble, internet, ondes herziennes, téléphones mobiles -, ce qui compte c'est la qualité des émissions. La TSR doit continuer à offrir du contenu "linéaire": s'inscrivant dans un programme classique, par exemple lors d'un grand évènement sportif. Mais elle doit aussi s'ouvrir vers l'offre "non linéaire", que chacun consomme comme il le veut, quand il le veut avec des outils nouveaux et intéractifs.
Le débat a été animé par Bernard Rappaz, rédacteur en chef de TSR Multimédia. Il confrontait:
- Jean-Louis Missika, sociologue et consultant média. Il a été conseiller à Antenne 2 puis à travaillé à la recherche de l'INA et au service d'information du Premier Ministre. Il vient de publier «La fin de la télévision» (Ed. Seuil).
- Gilles Marchand, directeur de la Télévision suisse romande depuis 2001. Licencé en sociologie de l'Université de Genève, il a été responsable du marketing de la Tribune de Genève puis a rejoint Ringier Romandie (L'Hebdo, L'Illustré, TV8 et diverses publications) dont il a été directeur.
Jean-Louis Missika: la TV c'est fini: l'interview webcam[04:42 min.] Compte-rendu du 2e débat Nouvo: "Sommes-nous tous des pirates?"Compte-rendu du 1er débat Nouvo sur la vidéosurveillance