Devant la presse, les deux femmes, apparemment très complices, ont indiqué avoir évoqué la question des activités controversées de la CIA en Europe qui a affecté les relations transatlantiques ces dernières semaines.
Mme Rice est restée très discrète sur cette affaire, évitant les questions délicates. Selon le «Washington Post», l'agence américaine du renseignement aurait interrogé des personnes soupçonnées d'activités terroristes dans plusieurs pays étrangers, dont deux démocraties européennes.
Devant les journalistes, la secrétaire d'Etat a affirmé que la nouvelle guerre contre le terrorisme était «un défi». Selon elle, il est nécessaire de «faire tout notre possible pour protéger nos citoyens». «Le renseignement est la clé absolue du succès», a-t- elle lancé.
Le terrorisme international «vise des personnes innocentes», a fait valoir Mme Rice. Elle a affirmé qu'il s'agissait de déjouer ces plans avant qu'ils puissent être mis en oeuvre, citant «un mariage à Amman, des enfants à Beslan, des transports publics à Madrid et à Londres».
Et d'ajouter dans la foulée que les Etats-Unis «n'admettent pas la torture qui est contraire à la loi américaine et contraire aux obligations internationales des Etats-Unis». Le président américain George W. Bush a lui affirmé dans la soirée que Washington ne procédait à aucun transfert de détenus «vers des pays qui torturent».
La secrétaire d'Etat a toutefois reconnu devant la presse que Washington avait commis une «erreur» dans l'affaire d'un ressortissant allemand d'origine libanaise, Khaled al-Masri. Le considérant comme un terroriste islamiste, la CIA l'a enlevé par erreur en 2003 et ensuite libéré.
Mme Merkel s'est déclarée satisfaite à la suite de son entrevue. La chancelière a estimé que les déclarations de la cheffe de la diplomatie américaine étaient «une bonne base» pour poursuivre la coopération entre les deux pays, notamment dans les services secrets.
«Il est important pour moi que Mme Rice ait réaffirmé que les Etats-Unis respectent leurs engagements» en matière de lutte antiterroriste, a déclaré Angela Merkel, qui a cependant insisté sur la nécessité de respecter les principes démocratiques.
A Bruxelles, le coordinateur antiterroriste de l'Union européenne (UE), Gijs De Vries, a toutefois insisté sur le besoin d'explications ressenti en Europe concernant les activités présumées de la CIA.
Alors que Mme Rice arrivait à Berlin, la chaîne américaine ABC a fait de nouvelles révélations. Selon elle, la CIA a transféré le mois dernier onze membres présumés d'Al-Qaïda incarcérés jusque-là dans deux prisons secrètes d'Europe de l'Est vers un nouvel établissement en Afrique du Nord. Ce transfert aurait été effectué à la hâte avant la tournée européenne de la secrétaire d'Etat.
Après Berlin, Mme Rice s'est envolée pour Bucarest. Elle y a signé un accord octroyant aux Etats-unis quatre sites militaires permanents en Roumanie, avec un maximum de 1500 GI'S. Elle a souligné le caractère «historique» de cet accord en qualifiant la Roumanie de «meilleur allié» des Etats-Unis dans la région.
S'exprimant aux côtés de Mme Rice, le président roumain Traian Basescu a lui rejeté les allégations sur la présence de prisons secrètes de la CIA dans son pays. Il a tout de même confirmé que «des avions ont atterri» en Roumanie dans le cadre de la coopération entre services secrets roumains et américains.
Le même soir, Mme Rice s'est encore rendue à Kiev. Sa dernière étape sera une réunion de l'OTAN à Bruxelles jeudi.
tsr.ch avec les agences
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