La toile a réagi dès les premiers résultats du vote surprise des Suisses dimanche après-midi, inondant les sites d'information et les forums de discussion. Le quotidien français Libération a même dû fermer son article aux commentaires, après un assaut de messages. Extrait du forum: "j'apprécierais que l'on fasse le même référendum en France. A bon entendeur salut".
Si la presse internationale juge très sévèrement l'interdiction des minarets décidée par les Suisses, les internautes se montrent souvent plus indulgents, appelant à une réflexion dans leur propre pays.
Sur le site du Monde, les commentaires désabusés ("Pauvre Suisse! On dirait la France de Sarko...", "l'intolérance à l'état pur comme l'air des montagne!") foisonnent, mais sont rattrapés par les messages qui saluent le système démocratique suisse.
On peut par exemple lire: "J'aime beaucoup l'expression «dictature de la majorité» pour caractériser le droit de vote. Cela en dit très long sur le mépris du peuple de certains, et notamment chez nos élites, qui, à travers les décisions prises sans consultation (Europe par exemple) aimeraient tant que le droit de penser ne soit réservé qu'à ceux qui ont les mêmes opinions qu'eux."
Sur le site de la BBC - le service public anglais - un Turc étudiant en Suisse remarque: "I can sympathize with the desire to resist the Islamisation of society. The sovereign Swiss have a right to democratically decide how they wish to live." ("Je peux comprendre la volonté de résister à l'islamisation de la société. Le peuple suisse a le droit de décider démocratiquement comment il désire vivre.") Même sentiment sur Telegraaf.nl, où l'enthousiasme des Néerlandais est frappant.
Au Québec, où la question communautaire est également largement débattue, le vote suisse résonne sur les forums de Radio-Canada notamment. Difficile de dégager une tendance, mais une chose apparaît clairement: "Le minaret n'est que l'arbre qui cache la forêt!". Les questions du voile, de la burqa, de l'égalité hommes/femmes, des salles de prières dans les entreprises, à l'université... suscitent les mêmes interrogations partout.
Le débat a bien évidemment rebondi sur Twitter, où les appels aux représailles ("Close your swiss accounts now..."- "Fermez tout de suite vos comptes en Suisse") alternent avec les billets consternés ("Switzerland walking surely back to the Middle Ages"- "La Suisse retourne au Moyen-Age") et ironiques ("Nicolas Sarkozy propose que la Turquie détruise ses minarets avant d'envisager l'intégration à l'UE. C'est plus laïque."). A noter, les traits d'humour sont quasi inexistants.
L'heure n'est pas non plus à la rigolade en Suisse. La presse et les réseaux de socialisation expriment un sentiment de honte, la voix du camp des vainqueurs restant silencieuses.
"Aujourd'hui, j'ai honte d'être Suisse. Ce pays qui se referme sur lui-même, ou la peur de l'étranger, la peur de ce que l'on ne connaît pas règne désormais partout.", peut-on ainsi lire sur le forum d'Infrarouge.
Sur Facebook, le groupe " Profondément révoltés par l'acceptation de l'initiative anti-minarets " comptait plus de 5300 membres lundi à mi-journée, concurrençant les " Parce que toi aussi tu as honte d'être suisse aujourd'hui", ou les " Nés un 30 novembre!".
Rachel Antille
Les réactions sont nombreuses sur Internet - 30 novembre 2009, 19:30 Le journal[01:32 min.]
Des jeunes Suisses expriment leur consternation - 30 novembre 2009, 19:30 Le journal[01:49 min.] La pensée unique et le politiquement correct troublent-t-ils le débat public en Suisse? - 1er décembre, Le Journal du matin
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