A l'étranger, de nombreux sites internet ont relayé l'information dès les premières estimations dimanche après-midi. La chaîne satellitaire arabe Al-Arabya, la chaîne d'information en continu Al Jazeera, le service public anglais de la BBC, Le Monde, CNN ou le New York Times ont affiché en Une de leur site le résultat du vote sur l'interdiction des minarets.
Le quotidien français Libération a même dû fermer son article aux commentaires, après que plus de 100 messages ont été déposés. Sans doute en raison de la polémique suscitée. Extrait du forum: "j'apprécierais que l'on fasse le même référendum en France. A bon entendeur salut".
De son côté, Le Monde fait le chemin inverse: il enjoint les musulmans de Suisse à témoigner. "Pratiquant ou non, racontez-nous votre quotidien", lance le journal sur son site internet.
Le New York Times y va aussi de son incrédulité. Dans un article qui a suscité près de 200 commentaires, le très sérieux journal américain estime que "La Suisse écorne son image de chantre de la tolérance et prend le risque de se mettre en porte-à-faux avec le droit international et le monde musulman en votant pour l'interdiction des minarets".
Au Québec, où la question communautaire est largement débattue, le vote suisse est également relayé. Sur les forums de Radio-Canada, un internaute se demande par exemple si "des musulmans suisses pourraient engager un avocat expert en droit constitutionnel et invalider l'interdiction si elle était appliquée?"
Dans d'autres forums sur internet, certains internautes appellent déjà à des représailles: interdiction des clochers dans les pays musulmans ou retrait des fonds arabes dans les banques suisses.
Le "oui" fait aussi grand bruit dans les médias arabes. Les commentateurs voient dans ce résultat une régression de la Suisse, qui se détourne de ses valeurs, selon Hasni Abidi. Surprise, incompréhension et déception dominent.
Pour beaucoup, l'interdiction des minarets est un signe qui présage un climat difficile pour les musulmans en Suisse, a indiqué le directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève. D'autres se réjouissent du «oui»: ils espèrent que cela fera revenir les musulmans de Suisse, parmi les plus intégrés, à leurs valeurs, rapporte Hasni Abidi.
ps