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Le triple meurtre de Vevey sera rejugé

24.11.2009 15:04
L'accusé, fils adoptif des deux octogénaires tuées, a toujours clamé son innocence. [Keystone]
L'homme condamné à la perpétuité en juin 2008 pour le triple homicide de Vevey (VD) sera rejugé. La chambre des révisions du Tribunal cantonal vaudois a admis la demande de révision de son procès. Elle confirmait mardi une information de la Radio suisse romande.

La cause est renvoyée au Tribunal criminel de Lausanne pour nouvelles instructions et nouveau jugement, a indiqué la Chambre des révisions. La Chambre a estimé dans son arrêt que le témoignage tardif d'une employée de boulangerie était parfaitement circonstancié et crédible.

Le requérant invoque un fait sérieux qui pourrait conduire à un jugement plus favorable pour lui en ce qui concerne la culpabilité, voire la qualification juridique des infractions. Pour la Chambre des révisions, cela justifie d'ordonner la révision.

Condamné à perpétuité

Le Veveysan de 44 ans avait été condamné en juin 2008 à la prison à perpétuité. Il avait été reconnu coupable de l'homicide de sa mère, 81 ans, d'une amie de celle-ci, ainsi que de celui de sa propre soeur.

Selon le Tribunal, le meurtrier financièrement aux abois avait agressé sa mère, puis supprimé l'amie, témoin gênant, et sa soeur dont le corps n'a pas été retrouvé. Le condamné n'a eu de cesse de clamer son innocence. Une première demande de révision avait échoué.

Coup de théâtre

Jacqueline Albanesi avait témoigné dans l'émission "Zone d'ombre" du 28 décembre 2008. Jacqueline Albanesi avait témoigné dans l'émission "Zone d'ombre" du 28 décembre 2008. [RSR] Le coup de théâtre a eu lieu après le procès. Interrogée pour l'émission "Zone d'ombre" de la TSR, la boulangère Jacqueline Albanesi avait apporté un nouvel élément à l'enquête (voir ci-contre). Elle affirmait qu'à l'heure supposée du double meurtre, elle vendait du chocolat aux deux vieilles dames.

Contactée ce mardi par la RSR, elle maintient une fois de plus sa version des faits: "Sans les connaître, j'ai bel et bien servi ces personnes le 24 décembre, à 17h00. Et j'ai encore une bonne mémoire, sûr!" a-t-elle déclaré. Elle reconnaît aussi aujourd'hui "que ça fait drôle" d'avoir provoqué un nouveau procès.

Procès "romanesque"

Le premier procès réunissait lui tous les ingrédients d'un roman policier: le fils adoptif accusé d'avoir tué deux octogénaires, la disparition de la soeur de l'accusé, dont on ne sait toujours pas si elle est morte ou vivante. Il y avait aussi les déchirements terribles au sein de cette famille et pour finir, beaucoup d'argent et de biens immobiliers en jeu.

Durant la semaine qu'avait duré l'audience, le fils adoptif avait créé la surprise d'entrée en affirmant qu'il était innocent et que ses aveux partiels (il avait admis s'être rendu sur les lieux du drame, ndlr) avaient été extorqués sous la contrainte. Le Ministère public et la défense s'étaient livrés à un duel, remporté au final par le procureur. Eric Cottier avait obtenu la perpétuité. Dès l'énoncé du verdict, la défense, elle, avait annoncé son intention de recourir contre cette perpétuité.

RSR/Michel Eymann/ad/
ats/ther

SUR CE SUJET

Vevey (VD) / triple meurtre: l'homme condamné à la perpétuité en 2008 sera rejugé - mardi 24 novembre, 19:30 Le journal[02:13  min.] Selon le procureur général, le travail du ministère public n'est pas remis en question - 25 novembre, Le Journal du matin [01:32 min.] Interview du procureur général Eric Cottier - 24 novembre, RSR [02:19 min.]

La défense salue; rien d'inhabituel pour Eric Cottier

"Cette décision très bien motivée met à néant l'échafaudage d'hypothèses construit par le tribunal d'arrondissement, en violation grossière de la présomption d'innocence", a commenté Me Robert Assaël, avocat du condamné.
Il a encore souligné combien les révisions de procès sont rares.
Le procureur général du canton de Vaud souligne quant à lui qu'au niveau de la procédure, il s'agit là d'une situation tout à fait habituelle.
Eric Cottier ne considère en tout cas pas l'annulation du procès par la chambre de révision comme un désaveu du Ministère public.
Il a précisé ce mardi à la Radio Suisse Romande que si l'accusé et le procureur restent les mêmes, les juges, eux, doivent être différents. Raison pour laquelle c'est le tribunal criminel de Lausanne qui rejugera l'affaire.

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