Les chances de l'Entente bourgeoise de parvenir à ses fins sont réelles. Les libéraux, les démocrates-chrétiens et les radicaux partent unis dans la course. Leur ticket est composé des sortants Pierre-François Unger (PDC), François Longchamp (PRD) et Mark Muller (Libéral), auxquels s'ajoute la libérale Isabel Rochat.
A gauche, les socialistes et les Verts présentent les sortants David Hiler (Verts) et Charles Beer (socialiste). La députée écologiste Michèle Künzler est chargée de conserver le siège laissé vacant par Robert Cramer, alors que les socialistes misent sur Véronique Pürro pour prendre la succession de Laurent Moutinot.
L'Alternative pourrait cependant pâtir de l'absence de soutien de solidaritéS. Le mouvement d'extrême gauche, mécontent de la politique menée ces quatre dernières années par le gouvernement, n'a pas appelé à voter pour le ticket rose-vert, laissant la liberté de choix à ses électeurs.
Dans un canton qui penche plutôt à droite, l'absence d'union de toutes les forces de gauche pourrait peser lourd lors du décompte final des voix. A Genève, l'élection du Conseil d'Etat se fait à la majorité relative qualifiée. En principe, il suffit de réunir au moins 33,3% des suffrages pour être élu.
Le MCG d'Eric Stauffer a réalisé un carton lors des élections au Grand Conseil il y a un mois. [Keystone]
Ce mode de fonctionnement favorise les grandes alliances. Les partis ont intérêt à trouver des partenaires, car seul, aucun d'entre eux n'arrive à rassembler le tiers de l'électorat sous sa bannière.
L'UDC et le Mouvement citoyens genevois (MCG) sont d'ailleurs confrontés à ce problème d'isolement. L'UDC présente le conseiller national Yves Nidegger. Les chances que son candidat soit élu à l'exécutif sont cependant faibles.
Conscient de sa situation, le parti blochérien a bien tenté de s'allier avec l'Entente bourgeoise, mais le PDC, notamment, n'a rien voulu savoir.
Le MCG se trouve un peu dans la même situation. Contrairement à l'UDC, le parti populiste peut toutefois surfer sur la vague de son succès aux élections législatives, où il a raflé 17 sièges. Avec près de 15% des suffrages, il est devenu la troisième force politique du canton, derrière les libéraux et les Verts.
Gonflé à bloc par sa progression, le MCG vise deux sièges au gouvernement. Il présente le tribun et cofondateur du mouvement Eric Stauffer, ainsi que l'avocat Mauro Poggia, ardent défenseur des assurés contre les caisses-maladie. Le MCG, qui se dit ni de gauche ni de droite, espère grappiller des voix partout.
Sans se faire d'illusions, les Communistes lancent de leur côté trois personnes dans la course, à savoir Laurent Tettamanti, Xavier Carlo et Fahid Taghavi.
L'élection aura aussi ses candidats folklorique ou humoristique, avec le Paul Aymon, dit Paul Sierre, connu sous le nom du Prophète, et le Bouffon de la République.
ats/nr
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