Il faut les utiliser dès maintenant. En Suisse romande, nous sommes en pleine épidémie, c'est donc le meilleur moment pour les utiliser. Nul besoin de se retrouver avec la population entière masquée, mais les personnes à risque, si par exemple elles empruntent les transports publics ou se rendent dans un supermarché, auraient tout intérêt à se protéger.
Étant donné que c'est l'hécatombe dans les classes, il est également recommandé que les enfants atteints d'une grippe (même bénigne) restent dans leur chambre ou portent un masque pour se déplacer chez soi. Des mesures qui ont d'autant plus de sens si un nourrisson partage le même habitat.
Le meilleur moyen de protéger un nourrisson est de vacciner son entourage, car, en effet, on ne peut pas vacciner un bébé de moins de 6 mois. Pour le reste, les mesures d'hygiène telles que se laver les mains ou porter des masques en cas d'écoulement nasal permettent d'éviter une transmission du virus à l'enfant.
Il est également fortement conseillé que les professionnels de la petite enfance se fassent vacciner. Enfin, une femme enceinte a tout intérêt à se faire vacciner, car en plus de se protéger elle-même, elle transmettra ses anticorps à son enfant.
Ce virus A/H1N1 infecte plus facilement les poumons que les virus de la grippe saisonnière, causant des pneumonies qui peuvent être foudroyantes (décès en quelques jours) ou nécessiter des semaines de soins intensifs - avec respirateur artificiel ou oxygénation du sang par une machine.
La plupart de ces complications, mais pas toutes, surviennent chez des personnes jeunes dont les poumons, le coeur ou les défenses immunitaires sont fragilisées par un problème de santé... Les femmes enceintes semblent cumuler deux facteurs de risques: des défenses immunitaires diminuées par les hormones de la grossesse, et une capacité pulmonaire diminuée – surtout au 3e trimestre.
Malheureusement non. Ces deux virus sont trop différents, il faut les deux vaccins pour être protégé contre les deux virus. Cette année, la prédiction actuelle est que le virus pandémique va se répandre beaucoup plus que le virus saisonnier. Ainsi, il n'y aurait pas beaucoup de sens cette année à ne faire que le vaccin contre la grippe saisonnière...
La grande majorité des hospitalisations et de décès frappe:
- les femmes enceintes ou qui viennent d'accoucher
- les nourrissons de moins de 6 mois et les enfants nés très prématurément qui ont moins de 2 ans
- les enfants, adolescents et adultes avec une maladie chronique qui fragilise leur coeur, leurs poumons, ou leurs défenses immunitaires - particulièrement ceux de moins de 65 ans. La vaccination leur est donc recommandée en priorité - ainsi qu'aux personnes qui vivent avec eux.
Ce n'est pas une bonne idée: le virus circule maintenant en Suisse et va se répandre très rapidement dans les prochaines semaines - et il faut au moins 2 semaines après le vaccin pour être protégé... Dans la mesure où plus de 800'000 doses des nouveaux vaccins adjuvantés contre la grippe A/H1N1v ont déjà été distribués en Europe en octobre – sans notification de problème de sécurité vaccinale – il est recommandé de ne pas attendre si on fait partie d'un groupe prioritaire.
L'autre raison de ne pas attendre est que les vaccins ne sont réservés aux personnes prioritaires que jusqu'à début décembre: comme les vaccins sont livrés progressivement, attendre fait courir le risque que des vaccins ne soient plus disponibles au moment d'une décision...
Une vaccination généralisée des petits enfants ne nous semble actuellement pas justifiée – indépendamment du fait que les vaccins ne seront pas disponibles en quantité suffisante pendant plusieurs semaines. En effet, si le risque d'hospitalisation est augmenté chez les nourrissons (jusqu'à 10% des cas cliniques confirmés), le risque de complication létale est très faible chez les enfants en bonne santé.
Parce qu'il a fallu que Swissmedic avance suffisamment dans ses évaluations pour accorder le 30 octobre l'autorisation de mise sur le marché de deux premiers vaccins... déjà enregistrés par l'Agence Européenne le 30 septembre.
LES VACCINS DISPONIBLES
A ce jour, Swissmedic a autorisé le Pandemrix de GSK et le Focetria de Novartis. Sur la base des données d'enregistrement et des recommandations de l'Office Fédéral de la Santé Publique, les vaccinations démarrent avec le Pandemrix pour les adultes à risques dès 18 ans et avec le Focetria pour les enfants à risques et les femmes enceintes.
Cela va certainement évoluer dans les prochaines semaines. Le Celtura devrait en effet être prochainement enregistré en Allemagne puis en Suisse, le dossier du Celvapan n'ayant pas été déposé en Suisse.
Les vaccins contre la grippe peuvent être fabriqués sur des oeufs (Pandemrix de GSK et Focetria de Novartis) ou sur des cellules en culture (Celtura de Novartis, Celvapan de Baxter). Une fois cultivés, les virus sont tués et laissés entier (Celvapan) ou purifiés par fragmentation (Pandemrix) ou par sélection de leurs protéines de surface (Celtura et Focetria).
Ces deux vaccins sont semblables (mode de production, antigènes, adjuvant, ...), et leur immunogénicité est très proche. Certains suggèrent que les réactions inflammatoires seraient plus importantes avec le Pandemrix, mais nous ne connaissons pas de données comparatives permettant de l'affirmer - ou de l'exclure. Les données accumulées avec le Focetria sont beaucoup plus nombreuses, d'où la recommandation de commencer avec ce vaccin pour les enfants et les femmes enceintes...
Les données disponibles montrent que la majorité (>80-90%) des adultes sains ont des taux élevés d'anticorps neutralisants déjà 2 semaines après une seule dose de vaccin adjuvanté.
Il était prévu que deux doses de vaccin soient nécessaires pour tout le monde, comme c'est la règle pour un nouveau virus pandémique. Mais les études ont montré que ce virus n'était pas tout à fait nouveaux, si bien qu'une seule dose de vaccin permet déjà d'induire des réponses protectrices chez la majorité des adultes en bonne santé. Tous ceux dont les défenses immunitaires sont affaiblies par un problème de santé ou un traitement, et les enfants de moins de 10 ans, ont besoin de 2 doses de vaccin – à un intervalle minimum de 3 semaines.
L'UTILISATION D'ADJUVANTS - LES EFFETS SECONDAIRES
Le squalène est une huile biologique présente dans les poissons, les céréales, l'huile d'olive, et dans notre propre corps. Cette huile a été choisie parce qu'elle est naturelle. Elle permet de former une émulsion (comme une vinaigrette!) dans laquelle les antigènes sont mieux présentés au système immunitaire. Cela attire plus de globules blancs spécialisés au lieu de la piqûre (ce qui explique des réactions inflammatoires un peu plus importantes!). Ces globules blancs amènent les antigènes du vaccin dans les ganglions, où ils lancent la production des anticorps. L'effet de l'adjuvant est donc seulement local : il provoque une inflammation à l'endroit de la piqûre, et cette inflammation permet au système immunitaire de croire qu'il y a une infection et donc de mieux répondre aux vaccins.
Non. Les données comparatives pour H1N1 ne sont pas encore disponibles... mais l'adjuvant MF59 augmente significativement les réponses anticorps des enfants de 6 à 36 mois aux vaccins contre la grippe saisonnière, SANS augmenter les effets secondaires.
Les vaccins pandémiques ont suivi exactement les mêmes procédures de contrôles de qualité que ceux contre la grippe saisonnière, qui sont toujours développés en 4-6 mois. Et que ce soit pour la grippe saisonnière ou pour la grippe A, les vaccins ne sont enregistrés par les autorités (Swissmedic en Suisse) que lorsqu'elles sont convaincues de la qualité, de l'efficacité et de la sécurité d'un vaccin.
Le vaccin adjuvanté contre la grippe saisonnière (Novartis vaccines) a déjà été distribué à plus de 45 millions personnes depuis 12 ans – même à des nourrissons et à des nouveau-nés - sans soulever d'inquiétude quant à la sécurité de son utilisation. Enfin, plus de 800'000 doses des nouveaux vaccins adjuvantés contre la grippe A/H1N1 ont déjà été distribués en octobre 2009 en Europe...
Les données cliniques montrent que les vaccins adjuvantés par du squalène augmentent les réponses inflammatoires locales (douleur, chaleur, rougeur à l'endroit de la piqure) – particulièrement chez les grands enfants et les jeunes adultes. Ces réactions inflammatoires locales peuvent être accompagnées de symptômes généraux (maux de tête, malaise, fatigue, diminution de l'appétit, etc.).
Les réactions subfébriles sont assez fréquentes, mais la fièvre élevée (≥ 39°C) est rare (0-1%). Ces réactions inflammatoires reflètent le mécanisme d'action des adjuvants : ils attirent des globules blancs à l'endroit de la piqure, comme pour lutter contre une infection, et cela fait une inflammation locale.
La mauvaise réputation du squalène dans certains milieux vient d'une petite étude ayant suggéré un lien entre les symptômes présentés par des vétérans américains (syndrome de la Guerre du Golfe) et l'administration de vaccins contre l'anthrax contenant du squalène. Cette hypothèse a été démentie – et les autorités américaines ont d'ailleurs ont acheté à Novartis et GSK des millions de doses d'adjuvant à base de squalène! Ces adjuvants sont gardés en réserve, pour être utilisés si nécessaires...
Le SGB est une paralysie qui survient chaque année chez 1-2 personnes par 100'000. Le risque de SGB est augmenté de 15 fois dans les semaines qui suivent une infection grippale. Au contraire de la grippe, la vaccination contre la grippe saisonnière n'augmenterait le risque de GBS qu'au maximum pour 1 personne vaccinée par million. Le risque de SGB est donc bien plus faible après la vaccination qu'après la grippe.
En 1976, la vaccination de masse contre la grippe porcine lancée précipitamment aux USA en 1976 a effectivement causé 1-3 cas de SGB par 100'000 personnes vaccinées. On ne sait pas exactement pourquoi, et deux hypothèses ont été évoquées:
- un effet direct du vaccin entier de la souche de 1976
- une contamination bactérienne des oeufs utilisés dans la production des vaccins par l'armée américaine.
En 2009, le risque de déclencher un SGB par la vaccination est considéré comme aussi faible pour la grippe A/H1N1 que pour les vaccins contre la grippe saisonnière puisque:
- l'infection par le virus influenza A H1N1/09 n'augmente pas le risque de GBS, et
- les contrôles de sécurité assurent que les vaccins sont fabriqués en 2009 sur des oeufs non contaminés
Méfiance de la population suisse contre le vaccin de la grippe A/H1N1: entretien avec Jacques de Haller, Prés. Fédération des Médecins suisses - 19:30 Le Journal, 1 novembre 2009[02:09 min.]
Les personnes à risque sont invitées à se faire vacciner contre le virus H1N1, interview de Thomas Zeltner, dir. de l'Office fédéral de la santé publique - 30 octobre 09, 12:45 Le Journal[02:33 min.]
Les personnes à risque sont invitées à se faire vacciner contre le virus H1N1 - 30 octobre 09, 12:45 Le Journal[01:16 min.]
Grippe A/H1N1: vaccins autorisés - 30 octobre 2009, L'Info en continu[00:27 min.]