"J'ai peur de l'état physique et psychique dans lequel il peut se trouver", confie la compagne de l'otage de 69 ans, qui n'a pas eu de contact avec lui depuis quatre semaines. "Je ne sais même pas s'il est torturé, voire mort", lance-t-elle. N'hésitant pas à parler de "traquenard", elle estime que son mari et l'autre otage ont été trompés il y a un mois lorsqu'on a perdu tout contact avec eux.
A fin septembre, les Libyens avaient en effet fait sortir les deux Suisses de l'ambassade helvétique à Tripoli, où ils s'étaient réfugiés, pour leur faire passer un dernier contrôle médical. En fait de contrôle, les otages ont été emmenés dans un lieu tenu secret -un lieu "sûr" selon Tripoli- où ils sont vraisemblablement toujours retenus.
Pour la Tessinoise installée dans un village du canton de Vaud, ces méthodes sont une "violation flagrante des droits de l'homme". Elle avait choisi de garder le silence jusqu'à l'expiration du délai pour une normalisation des relations diplomatiques entre Berne et Tripoli fixé au mardi 20 octobre. Mais à présent, elle n'a "plus rien à perdre" et estime au contraire qu'il faut parler des deux otages et mobiliser l'opinion.
L'épouse de l'otage affirme aussi accorder toute sa confiance au Conseil fédéral. Elle estime d'ailleurs qu'il a fait "au mieux" dans la gestion de cette crise avec Tripoli. Depuis le début de la crise, elle s'est rendue à Berne chaque semaine afin d'y rencontrer des membres du Département fédéral des affaires étrangères. Ceux-ci avaient pour mission de tenir au courant les familles des procédures entreprises.
Julie Mégevand avec Marion Faliu
M.Calmy-Rey et H-R.Merz gardent le mystère jusqu'à jeudi. [Keystone]
Le gouvernement s'exprimera jeudi
Le Conseil fédéral a tenu mercredi après-midi une séance spéciale consacrée à la politique extérieure de la Suisse dans un lieu "secret" hors de Berne.
Le collège devait profiter de l'occasion pour discuter, notamment, de la crise libyenne.
Le point de presse sur cette séance aura lieu jeudi à 09h00.
Y participeront le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz, la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey et le ministre de la Défense Ueli Maurer.
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