C'est une attaque frontale de Mouammar Kadhafi contre la Suisse, alors que cela fera un an mercredi 15 juillet que la crise a éclaté entre la Confédération et la Libye, suite à l'arrestation musclée à Genève de Hannibal Kadhafi et de son épouse.
Le leader libyen accuse la Suisse de financer le terrorisme international et propose ni plus ni moins de la démanteler. Hasni Abidi, le directeur du centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève a analysé ces propos dans Forum sur la Radio suisse romande lundi soir.
Cette prise de position de Mouammar Kadhafi, livrée durant le récent le G8 en Italie, est pour le moment passée inaperçue. Elle commence toutefois de faire le tour du monde arabe via la presse. Le site Internet «Afrique en ligne» a souligné hier dans un article que les «sponsors» de la terreur disposent de «comptes secrets en Suisse».
Preuve que cette idée du colonel Kadhafi n'est pas qu'une déclaration en l'air, la rédaction de la RSR a également appris qu'il voulait proposer de démanteler la Suisse à l'assemblée générale des Nations Unies, à New York.
Le leader libyen se sent donc plus fort, renforcé qu'il est après sa récente visite officielle en Italie et après sa poignée de main avec le président américain Barack Obama à l'Aquila, durant le G8.
Reste qu'après ces déclarations, une rencontre au sommet à Tripoli entre Hans-Rudolph Merz, président de la Confédération, et Mouammar Kadhafi, paraît plus que jamais compromise.
Le 15 juillet 2008 éclatait ce qui allait devenir l'«affaire Kadhafi»: Hannibal Kadhafi, l'un des fils du numéro un libyen, et son épouse étaient brièvement interpellés à Genève.
Quatre jours après l'interpellation du couple Kadhafi à Genève, deux Suisses avaient été arrêtés en Libye. Ils sont toujours retenus à Tripoli, officiellement pour infractions sur le séjour.
Antoine Droux