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Gaza: la colère d'Erdogan au WEF fait du bruit

30.01.2009 16:26
Davos: Erdogan claque la porte - 30 janvier 2009, L'info en continu.
Le geste de colère du Premier ministre turc Recep Erdogan à Davos, après un accrochage avec le président israélien Sh.Peres, lui a valu des félicitations du Hamas, des gros titres dans les médias du Moyen-Orient et un accueil en héros dans son pays.

Le départ précipité de Recep Tayyip Erdogan, un fait rarissime dans l'enceinte très "select" du WEF, a été applaudi par ses partisans en Turquie. Vendredi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées avec des drapeaux turcs et palestiniens à Istanbul à l'inauguration d'une nouvelle rame de métro pour accueillir triomphalement Recep Erdogan. A l'aube déjà, le Premier ministre avait été accueilli à l'aéroport d'Istanbul par 3000 militants du Parti de la justice et du développement (AKP), formation issue de la mouvance islamiste.

Le Premier ministre a expliqué que les critiques de son gouvernement au sujet de l'offensive de Gaza visaient essentiellement le gouvernement israélien et non le peuple juif en général. Il a aussi rejeté des critiques sur une manoeuvre politique avant des élections municipales prévues le 29 mars en Turquie.

Le Premier ministre turc s'était mis en colère jeudi lors d'un débat public au Forum économique mondial (WEF), quittant la salle en reprochant aux organisateurs de l'empêcher de parler après une longue intervention du président israélien Shimon Peres voulant justifier l'opération de son pays. En partant, R.Erdogan avait critiqué devant des journalistes le ton employé par le président israélien: "M.Peres ne s'adresse pas à un chef de tribu. Il doit apprendre comment parler à un Premier ministre de la République de Turquie".

Le Hamas salue l'action de Erdogan

Le Hamas a salué vendredi le geste de colère du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan "qui a défendu en direct à Davos les victimes de la guerre sioniste criminelle contre nos enfants et nos femmes à Gaza, au visage du mal sioniste Shimon Peres".

"Nous considérons son départ de la salle comme une expression de soutien aux victimes de l'holocauste perpétré par les sionistes", a affirmé le porte-parole du Hamas dans un communiqué.

De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas (Fatah) effectuera une visite de travail d'un jour en Turquie la semaine prochaine, axée sur le conflit au Proche-Orient, a indiqué vendredi un responsable de la présidence turque.

Aussi des reproches

Plusieurs milliers de Turcs ont attendus Erdogan à l'aéroport. Plusieurs milliers de Turcs ont attendus Erdogan à l'aéroport. [Keystone] En revanche, son geste a suscité des critiques en Turquie où l'opposition reprochait déjà à Recep Erdogan d'avoir apporté son appui au Hamas, au détriment du principal allié d'Ankara dans la région, Israël.

Très sensible à la cause musulmane, Recep Erdogan avait fustigé quasi-quotidiennement l'opération de 22 jours d'Israël à Gaza qui a coûté la vie à plus de 1330 Palestiniens. "M.Erdogan a ruiné le prestige international de la Turquie. Soutenir la cause palestinienne est une chose mais soutenir le Hamas en est une autre",a commenté Onur Öymen, vice-président du principal parti d'opposition CHP, sur la chaîne d'information NTV. "M.Erdogan s'est présenté comme le porte-parole d'une organisation classée terroriste", a indiqué cet ancien ambassadeur.

Recep Erdogan s'est justifié en disant: "J'ai fait ce que je devais faire". Critiqué pour son manque d'égard pour Shimon Peres, un dirigeant âgé de 85 ans et lauréat du prix Nobel de la paix, Recep Erdogan a souligné: "je ne suis pas issu de la diplomatie, je suis un homme politique".

L'opinion publique turque est coutumière des sorties inattendues du Premier ministre, un politicien charismatique de 53 ans connu pour son franc-parler, depuis son arrivée au pouvoir en 2002 en Turquie, pays musulman mais laïc.

Liens affectés?

La Turquie, pays musulman mais Etat laïque, est le principal allié régional d'Israël. L'armée turque, qui coopère étroitement avec l'Etat hébreu depuis la signature d'un accord en 1996, a évoqué vendredi les "intérêts" bilatéraux, laissant entendre que les liens ne seraient pas affectés. "Je suis confiant que nos relations reviendront à leur niveau habituel dans un bref délai", a dit pour sa part l'ambassadeur d'Israël en Turquie.

Pour les analystes, le coup de colère du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Davos (Suisse) a provoqué une tension dans les relations turco-israéliennes et porté atteinte aux ambitions d'Ankara de devenir un acteur clé dans la résolution des crises au Proche-Orient.

agences/bri

DOSSIER

SUR CE SUJET

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Pas d'excuses de Shimon Peres

Israël a catégoriquement démenti que le président Shimon Peres ait présenté des excuses au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Les deux dirigeants ont en revanche eu une conversation téléphonique «amicale».
Selon l'agence de presse turque Anatolie, Shimon Peres a présenté ses excuses au chef du gouvernement turc. «Cette allégation n'a pas le moindre fondement», a déclaré vendredi la porte-parole de la présidence de l'Etat d'Israël, Ayelet Frish.
Cette dernière a confirmé en revanche que Shimon Peres avait appelé Recep Tayyip Erdogan, affirmant que les deux dirigeants avaient eu une «conversation amicale».
«Lors de cet entretien, le Premier ministre turc a souligné que son geste ne visait pas Shimon Peres mais le président de séance», qui lui avait coupé la parole, a-t-elle précisé.

Débat "partial" dénoncé

La délégation générale de Palestine à Berne se déclare dans un communiqué «consternée». Elle «trouve inapproprié et partial qu'un panel important ait été tenu jeudi au Forum de Davos pour discuter de la situation à Gaza sans la présence de représentants palestiniens et seulement en présence d'une partie, le président israélien» Shimon Peres.

Le premier ministre de l'Autorité palestinienne avait été invité à participer au WEF, précise le communiqué, mais n'a pas pu s'y rendre en raison des opérations militaires israéliennes à Gaza.

«Les organisateurs du WEF ont manqué une occasion d'inviter une personnalité indépendante ou un autre représentant palestinien qui aurait pu parler au nom de toutes les victimes», ajoute le texte.

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