Modifié le 25 juin 2011

Le PS réclame un impôt sur les successions

Christian Levrat a dénoncé l'arrogance des milieux financiers qui constituent un danger pour la démocratie.
Christian Levrat a fustigé l'arrogance des milieux financiers qui constituent un danger pour la démocratie. [Steffen Schmidt - ]
Le PS est favorable à un impôt national sur les successions de plus de deux millions de francs. Réunis en assemblée samedi à Olten (SO), environ 150 délégués socialistes ont accepté à l'unanimité de soutenir une initiative populaire fédérale en ce sens.

Le PS soutient l'initiative "Taxation des successions importantes en faveur de notre AVS". A quatre mois des élections fédérales, les socialistes voient dans ce texte, qui sera lancé à la fin de l'été, un moyen de réduire l'inégalité dans la répartition des richesses en Suisse. Un pourcent de la population de Suisse possède autant que les 99% restants, selon le PS.


Une des principales raison de cet extrême déséquilibre est l'actuelle quasi absence d'impôt sur la succession en Suisse, a expliqué l'économiste zurichois Hans Kissling devant les 150 délégués du PS réunis samedi à Olten (SO).


De plus, le revenu que produit une fortune de plusieurs millions de francs pour un héritier est une rémunération encore plus abusive que celle des managers, a-t-il dénoncé. On s'approche d'un système féodal, selon lui.


Si l'initiative, approuvée à l'unanimité, aspire à plus d'égalité, il s'agit d'épargner la classe moyenne. "Ni les petits revenus, ni la classe moyenne ne doivent être touchés", a souligné la conseillère nationale bernoise Ursula Wyss devant l'assemblée.


Classe moyenne protégée

Le texte prévoit que seules les successions de fortunes de plus de deux millions de francs soient imposées. Le taux de 20% proposé par le texte se situe par ailleurs en dessous des pratiques de pays comme l'Allemagne (30%), la France (40%) ou la Grande-Bretagne (40%), souligne le parti.


Des allègements sont en outre prévus pour les propriétaires de petites et moyennes entreprises ainsi que pour les paysans afin d'éviter de mettre en danger leurs successeurs ou des places de travail. Enfin, l'impôt ne s'appliquerait pas aux conjoints et partenaires enregistrés ni aux oeuvres d'entraides qui reçoivent un héritage.


Un tel impôt "ne ponctionne ni la consommation, ni le travail et en définitive - ne retire quoi que ce soit à personne", argumente le PS. De plus, l'impôt permettra de renforcer l'AVS ainsi que la cohésion entre générations. Une alliance comprenant, outre le PS, le Parti évangélique, les Verts, les syndicats et d'autres organisations, est à l'origine de l'initiative. La récolte de signature devrait être lancée à la fin de l'été.


Secret bancaire en fin de course

La conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga a quant à elle participé à une ronde de questions-réponses avec quatre candidats aux élections fédérales d'octobre.


Interrogée sur le secret bancaire, la ministre de la Justice a répondu que celui-ci "voit vraisemblablement sa fin arriver". Mais pour l'instant, c'est encore une réalité et la Suisse est encore sous pression, a-t-elle ajouté.


Concernant les sans-papiers, la conseillère fédérale a qualifié de "scandale" le fait qu'entre 100'000 et 200'000 personnes vivent sans autorisation en Suisse. Pour elle, le problème vient du travail au noir. "Sans travail au noir, pas de sans-papiers", a-t-elle affirmé.


ats/sbo/cmen


Publié le 25 juin 2011 - Modifié le 25 juin 2011

Contre "l'arrogance des marchés"

L'assemblée a également été l'occasion pour le PS de dénoncer la main mise de l'économie et des finances sur la politique. Dans son discours, Christian Levrat a insisté sur l'importance que la politique contrôle les marchés et non l'inverse.

Le président du PS s'est félicité de deux succès récents sur les lobbies: l'adoption au Conseil des Etats du projet "Too big to fail", qui demande des règles plus strictes en matière de fonds propres, et la décision du Conseil fédéral et du Conseil national de sortir du nucléaire.

Il a par ailleurs vertement attaqué les deux conseillers fédéraux du PLR Johann Schneider-Amman et Didier Burkhalter. Il accuse le premier d'être à la botte des marchés et le second à celle des patrons.

Christian Levrat s'est en outre insurgé contre la nomination par le Conseil fédéral de Pierre Triponez comme président de la commission de surveillance du 2e pilier, alors même qu'il est le "capitaine des assureurs" et qu'il a mené campagne pour démanteler le 2e pilier. "Il n'a rien à faire à ce poste, il doit être changé".