Modifié le 18 avril 2011

L'exécutif genevois reste en mains de la gauche

Rémy Pagani, Esther Alder, Sandrine Salerno et Sami Kanaan (de gauche à droite) crient déjà victoire.
Rémy Pagani, Esther Alder, Sandrine Salerno et Sami Kanaan (de gauche à droite) savourent leur victoire. [Salvatore Di Nolfi - ]
Les Genevois ont renouvelé dimanche leurs exécutifs communaux. En ville de Genève, la droite n'a rien pu faire contre le rouleau compresseur de la gauche qui a placé ses quatre candidats à l'exécutif. Cinquième, le radical Pierre Maudet sauve l'honneur de la droite. Le président du MCG Eric Stauffer est lui élu à Onex.

En ville de Genève, le socialiste Sami Kanaan, bras droit du magistrat sortant Manuel Tornare, réalise le meilleure score (19'513 voix). Viennent ensuite la maire socialiste Sandrine Salerno (19'288), la Verte Esther Alder (19'196) et le magistrat d'Ensemble à gauche Rémy Pagani (18'987).


La droite battue à Genève

Le magistrat sortant radical Pierre Maudet a flirté pendant longtemps avec la barre fatidique du quorum de 33%. Il termine finalement avec 15'418 suffrages, loin devant la libérale Florence Kraft-Babel (11'496). Se placent ensuite Michel Chevrolet (PDC), Carlos Medeiros (MCG), Soli Pardo (MCG) et Eric Bertinat (UDC).


Le radical Pierre Maudet est le seul rescapé de la droite à Genève.
Le radical Pierre Maudet est le seul rescapé de la droite à Genève. [Salvatore Di Nolfi - ]


Ces résultats sont à l'image de ceux du conseil municipal de mars dernier où le bloc de gauche avait raflé 46% des suffrages. Avec ses 28%, l'Entente ne pesait pas lourd pour tenter de conquérir un deuxième siège.


La stratégie des libéraux qui ont placé leur candidate sur une liste commune avec l'UDC n'y a rien fait. Ce coup de poker n'était pas du goût des autres partenaires de l'Entente traditionnelle. Et les électeurs l'ont sanctionné dans les urnes. "Nous avons voulu partir divisés à droite, c'était une erreur", a admis le président du parti libéral genevois Cyril Aellen.


Le MCG, qui avait fait sensation en mars en décrochant onze sièges au municipal, a faute d'alliance échoué à placer un de ses deux candidats à l'exécutif. Cet isolement politique lui coûte aussi dans les autres villes, à l'exception d'Onex. Le MCG n'est donc présent que dans un exécutif. Un constat qui a amené son président Eric Stauffer à demander un changement du système d'élection.


Eric Stauffer élu à Onex

A Vernier, deuxième ville du canton, l'alliance des Verts et des socialistes avec les libéraux a remporté son pari: le MCG sortant Thierry Cerutti a été éjecté dimanche de l'exécutif communal. Ce bloc inédit devance la liste commune du MCG, de l'UDC et des radicaux alors que le candidat PDC est complètement distancé.


Après un échec en 2007, le président du MCG a finalement réussi à accéder à l'exécutif d'Onex.
Après un échec en 2007, le président du MCG a finalement réussi à accéder à l'exécutif d'Onex. [Salvatore Di Nolfi - ]


Le MCG et l'UDC ainsi que le candidat radical voulaient pour leur part bouter la gauche, c'est-à-dire Yvan Rochat (Verts) et Thierry Apothéloz (socialiste), hors de l'exécutif. Cette stratégie n'avait pas obtenu l'approbation du PRD cantonal. Au final, le MCG fait les frais des querelles verniolanes. Le parti populiste perd ainsi le premier siège conquis en 2007 à un exécutif communal.


Le président du MCG Eric Stauffer a lui été élu à l'exécutif d'Onex, selon des résultats définitifs. Il siégera aux côtés de la socialiste sortante Carole-Anne Kast et de la Verte Ruth Bänziger.


L'exécutif de la sixième ville du canton bascule ainsi à gauche avec l'entrée de la magistrate écologiste. Le PDC sortant a perdu son siège au bénéfice d'Eric Stauffer. Le président du MCG aura dû s'y prendre à deux fois pour accéder à la mairie de sa commune. Il avait raté son entrée en 2007 mais avait toutefois réussi à provoquer un second tour.


Basculements à gauche

A Carouge, la gauche unie, qui détient déjà la majorité au Conseil municipal, place deux nouveaux élus en plus de la candidate sortante. La socialiste Stéphanie Lammar sort en tête devant Jeannine de Haller et le Vert Nicolas Walder. Les deux élus PLR Marc Nobs et Jean-Pierre Aebi ne sont pas réélus.


La majorité de l'exécutif de Meyrin bascule à gauche, historiquement constituée d'un socialiste, d'un PDC et d'un PLR. Le Vert Pierre-Alain Tschudi a en effet engrangé le siège libéral. Sont également élus la socialiste Monique Boget et le PDC Jean-Marc Devaud.


Les trois candidats de l’Entente se sont sans surprise imposés à Thônex. Le libéral Pascal Uehlinger est arrivé en tête devant le PDC Philippe Decrey et le radical Claude Detruche. La composition de l’exécutif thônésien reste ainsi inchangée. L’indépendant Alain Dupraz a atteint le nombre de voix nécessaires pour être élu au premier tour mais termine quatrième.


Au Grand-Saconnex, les sortants Elizabeth Boehler-Goodship (PLR) et Jean-Marc Comte (PDC) sont tous deux réélus. Ils sont rejoints pour ce nouveau mandat par le libéral Bertrand Favre qui a siégé au Conseil municipal depuis 2007. Il remplace Arthur Plée (PLR) qui quitte le Conseil administratif après huit ans.


Tous les regards étaient tournés dimanche soir vers la commune de Lancy, où la trilogie PS-Verts-PDC était menacée par Roger Golay, du MCG. Au final, les trois candidats sortants sont réélus avec, dans l'ordre, le socialiste Frédéric Renevey, le Vert François Baertschi et le PDC François Lance.


Faible participation

A Genève, 225 listes ont été déposées pour les élections de dimanche aux exécutifs des communes. Un nombre record, selon la chancelière Anja Wyden Guelpa. Mais le taux de participation qui atteint 36,5% est en baisse de 1,4 point par rapport à 2007.


Au total, 197 candidats sont en lice pour 134 mandats, dont 62 postes de conseillers administratifs, 24 de maires et 48 de maires-adjoints. Les candidatures féminines, qui s'élèvent à 30%, ont augmenté de 4% par rapport à 2007, a constaté la chancelière.


Le faible taux de participation peut en partie s'expliquer par le nombre record de listes, avance Anja Wyden Guelpa. "Les électeurs ont peut-être été découragés par la complexité liée à ces nombreuses listes. Mais il faudrait une étude auprès des abstentionnistes pour vérifier cette hypothèse", a-t-elle ajouté.


bkel avec l'ats


Publié le 17 avril 2011 - Modifié le 18 avril 2011

Corsier ne vote pas

Seules 44 communes sur 45 votaient ce dimanche.

En effet, l'élection du Conseil municipal de Corsier a été invalidée en raison d'un tract de la mairie jugé peu équitable.

Les citoyens de cette commune seront appelés aux urnes en septembre.