Votations sur la LPP: la voix des partisans - tsr.ch - info - suisse
Toute l'information en vidéo
-
- Le Journal
- En continu
- 12:45
- 19:30
- Couleurs locales
- La Météo
- tsrinfoTV en direct
Suisse
Votations sur la LPP: la voix des partisans
21.02.2010 - 12:14 - mise à jour: 28.06.2010 12:37Les Suisses sont appelés à voter le 7 mars prochain sur la
baisse du taux de conversion de la prévoyance professionnelle. Ce
taux détermine le montant de la rente du 2e pilier versé chaque
année aux personnes retraitées.
Il est actuellement de 7% pour les hommes et de 6,95% pour les
femmes. Pour un capital-vieillesse de 100'000 francs, le montant
versé chaque année est donc de 7000, respectivement 6950
francs.
Une première révision de la LPP entrée en vigueur en 2005 prévoit
de baisser ce taux à 6,8% pour tous en 2014. Le projet mis en
votation propose de l'abaisser à 6,4% en 2016 (lire
explications ci-contre).
Co-présidente du comité PDC "OUI à un 2e pilier sûr", la
conseillère nationale Thérèse Meyer-Kaelin (PDC/FR) a répondu aux
questions de tsrinfo.ch.
tsrinfo.ch: Pourquoi vote-t-on sur la baisse du taux de conversion, alors qu'une diminution est déjà en cours ?
Thérèse Meyer est co-présidente du comité PDC "OUI à un
2e pilier sûr". [DR]
Thérèse Meyer-Kaelin: Une
révision de loi est effectivement en vigueur depuis 2005. Mais
l'espérance de vie avait été sous-estimée. A l'époque on pensait
que les hommes, par exemple, vivraient 17 ans après la retraite. A
présent, nous savons que les hommes vivent en moyenne 19 ans après
la retraite, soient deux années de plus. Si un gâteau, initialement
prévu pour être coupé en 17 tranches, doit finalement être coupé en
19 tranches, il faut que celles-ci soit plus petites. Nous devons
donc revoir ces chiffres pour que les capitaux ne s'épuisent pas.
Un capital-vieillesse est organisé pour servir des rentes pendant
toute la durée de la retraite, jusqu'à la mort. Si le capital n'est
pas assez important, il manquera une ou deux années qui devront
alors être financées par les cotisations des actifs. J'ajouterais
que la révision en vigueur depuis 2005 n'entraîne pas de diminution
des rentes, car la baisse du taux de conversion a été compensée par
un salaire assuré plus grand.
Les chiffres que vous avancez sur l'espérance de vie sont largement contestés par les référendaires.
Nous avons étudié plusieurs tabelles d'espérance de vie et celle qui a été retenue (la tabelle de la caisse de pension de la Ville de Zurich, ndlr) constitue une moyenne réaliste. Mais l'espérance de vie du rentier n'est pas le seul facteur à prendre en compte. Le capital-vieillesse est aussi utilisé pour les rentes des veuves et des orphelins. Il arrive qu'une veuve vive encore 8 ou 10 ans après le décès de son mari. C'est sans compter que le rendement des capitaux est moins favorable que par le passé.
Justement, à propos de ce taux de rendement des capitaux, vous ne pensez pas qu'il pourrait remonter en cas de reprise économique?
Si un gâteau, initialement prévu pour être coupé en 17 tranches, doit finalement être coupé en 19 tranches, il faut que celles-ci soit plus petites. Actuellement, nous voyons que les rendements des placements sûrs sont bas. On peut augmenter ces rendements avec des placements risqués, mais le danger est alors de perdre une partie du capital. Il me semble difficile qu'ils remontent naturellement. Il faut actuellement un taux de 4,9% pour assurer le paiement des rentes avec un taux de conversion de 6,8%, sans piocher dans la poche des actifs. Sur les dix dernières années, les taux de rendement étaient largement inférieurs à 4,9%. Tous ceux qui font des placements vous le diront.
A ce sujet, les compagnies d'assurance sont attaquées pour les bénéfices qu'elles génèrent, des bénéfices qui ne sont pas redistribués aux assurés mais aux actionnaires. N'avez-vous pas l'impression de rouler pour les assureurs?
L'entier du capital-vieillesse actuellement est de 660 milliards de francs en Suisse. Sur cette somme, 120 milliards sont gérés par des caisses de pension autonomes qui s'occupent elles-mêmes des rendements de ces capitaux et de leur redistribution. Concernant les assureurs (qui gèrent le restant du capital-vieillesse, ndlr), ils sont obligés de verser les taux minimaux aux assurés. S'ils font des rendements supérieurs, ils doivent retourner le 90% aux assurés. Donc ils sont très bien contrôlés et je suis pour une surveillance encore plus sévère de ces dispositions.
Pour ne pas pénaliser les rentiers, ne pourrait-on pas augmenter les cotisations des actifs, comme le suggèrent certains?
Dans la première révision, nous avions déjà institué une augmentation des cotisations des employeurs et des employés pour éviter une baisse des rentes. Aujourd'hui, il faudrait donc demander un effort supplémentaire aux actifs, en diminuant leur pouvoir d'achat. Mais les actifs ont besoin de ce pouvoir d'achat pour élever leurs enfants, financer leur formation, etc. Sans compter qu'ils doivent déjà cotiser pour leur propre retraite. On plomberait également la conjoncture, car les employeurs devraient contribuer à ces cotisations. La décision de baisser le taux de conversion a été difficile à prendre. Nous ne l'avons pas prise de gaieté de coeur, mais elle est réaliste, pour éviter de solliciter une nouvelle fois les actifs. L'objectif est d'assurer aux retraités une rente de 60% de leur dernier salaire. Et cet objectif sera tenu avec un taux de conversion de 6,4%.
Pensez-vous que les Suisses sont prêts à voir leurs rentes annuelles diminuer ?
Si le peuple ne veut pas voter ce projet, il faudra s'attendre à
un appel des caisses de pension envers les actifs pour payer des
cotisations d'assainissement. Si le peuple est d'accord avec ça...
A chacun de prendre ses responsabilités!
Propos recueillis par Sébastien Bourquin
Sur ce sujet
Deux visions fermement opposées
Pour les partisans de la révision (les partis de droite, le Parlement et le Conseil fédéral), la diminution du taux de conversion s'impose en raison du vieillissement de la population et des faibles taux de rendement des capitaux.
Si le taux de conversion est maintenu à 6,8%, les actifs devront mettre la main à la poche pour assurer le financement des caisses de pension.
Selon eux, l'espérance de vie a été sous-estimée en 2005. Elle s'élèverait actuellement à plus de 20 ans après l'âge de la retraite pour les hommes, et plus de 23 ans pour les femmes.
Les rentes devraient ainsi être versées pendant plus d'années. Elles doivent donc être réduites, afin de ne pas épuiser le capital-vieillesse avant le décès de l'assuré.
Ces estimations sont largement contestées par les opposants (PS, Verts, syndicats et associations de consommateurs), qui dénoncent des prévisions trop alarmistes. Selon eux, la baisse des rentes annuelles pourrait atteindre 11 à 15%, suivant les cas.
Pour la gauche, les compagnies d'assurance réalisent d'énormes bénéfices sur les placements de capitaux, une manne de plusieurs centaines de millions qui profite aux actionnaires, au détriment des assurés.
Les opposants s'inquiètent surtout de voir le 2e pilier diminué pour les nombreux assurés qui ne disposent pas de 3e pilier.
Le syndicat UNIA soupçonne même les assureurs de vouloir fragiliser le 2e pilier pour mieux vendre un 3e pilier aux salariés.Liens
- La Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP)
- Le dossier du Parlement sur la baisse du taux de conversion
- La prévoyance professionnelle sur le site de l'Office fédéral des assurances sociales
- Le site de Thérèse Meyer-Kaelin
- Le comité du PDC "Oui à un 2e pilier sûr"
- "Non au vol des rentes": l'argumentaire des référendaires sur le site d'Unia
ARCHIVES
-
Partager cet article