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Sciences-Tech.
Tiques: découverte à l'uni de Neuchâtel
15.01.2007 17:22 - mise à jour: 28.06.2010 14:00Les deux chercheurs, Thomas Kröber et Patrick Guerin, ont
présenté lundi à la presse le résultat de leurs travaux, menés au
sein de l'Institut de zoologie de l'Université. La méthode fait
l'objet cette semaine d'une publication dans la revue britannique
«Pest Management Science», éditée par Wiley.
Le procédé imaginé par les deux chercheurs a le mérite de la
simplicité. Il consiste en une membrane artificielle, composée de
cellulose et de silicone, imitant la physiologie et l'élasticité de
la peau. Abusée par le subterfuge, la tique tente de percer la
membrane, sous laquelle sont déposées quelques gouttes de sang.
Repas sanguin comme leurre
Le dispositif tient dans un petit godet cylindrique de la taille
d'un verre à liqueur. Un fin grillage métallique, placé par-dessus
la couche fibreuse de cellulose, permet à la tique de s'accrocher
pour percer la membrane et entamer un repas sanguin d'une durée
d'une semaine. Le procédé permet notamment de tester l'efficacité
de produits contre les tiques, introduits dans la couche de sang
sous-jacente à la peau artificielle. La méthode est utile aussi
pour évaluer rapidement et à moindre coût les substances
susceptibles d'avoir des propriétés antitiques.
Le système permet aussi de déterminer, plus facilement que sur une
souris vivante, le dosage optimal d'un produit destiné à provoquer
la mort de la tique et son détachement de la membrane. Et
l'instrumentation sophistiquée liée à la manipulation et l'élevage
de cobayes vivants n'est plus nécessaire. En outre, les agents
pathogènes déposés dans le sang par la tique elle-même peuvent être
récupérés au fond du godet à des fins d'analyse (lire les
applications possibles ci-contre).
ats/hof
Remèdes spécifiques possibles
L'identification des agents pathogènes déposés dans le sang par la tique elle-même ouvre la voie à la fabrication de remèdes spécifiques, dont le spectre d'action étroit défie la capacité d'adaptation de la tique.
Le procédé pourrait se révéler fort utile dans les pays tropicaux où le bétail est infesté par les tiques, a précisé Patrick Guerin.
Il permet de tester avec facilité l'efficacité et les modalités d'application de nombreuses substances disponibles dans la pharmacopée indigène.
Le système de membrane pourrait être transposé à la lutte contre les infections véhiculées par le moustique et la mouche tsé-tsé, a indiqué Thomas Kröber.
Le cas échéant, la méthode devrait être adaptée aux modalités du repas sanguin de ces insectes, qui dure seulement quelques minutes, contrairement à celui de la tique.Soutenus par une fondation
Les travaux destinés à «Réduire, Remplacer, Raffiner» l'expérimentation animale ont été financés par la Fondation Recherches 3R Suisse (voir lien ci-dessous).
Cet organisme soutenu par Interpharma a été créé à l'occasion du débat lancé en Suisse par les initiatives contre l'expérimentation animale.ARCHIVES
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