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Drame de Duisbourg: l'heure de la commémoration
31.07.2010 - 10:30 - mise à jour: 23:10"Nos pensées et nos sentiments sont emplis d'images d'horreur", a déclaré le pasteur Nikolaus Schneider. Le président de la République fédérale, Christian Wulff, et 600 autres personnes, ont également participé au service religieux.
Réunis devant des écrans installés dans une vingtaine d'églises, sur des places et au stade municipal, les habitants ont pu suivre la cérémonie. "Aujourd'hui, tout est calme dans la ville. Il n'y a plus aucun bruit", notait Reiner, venu "montrer (sa) solidarité" au stade de la ville.
Des familles et des groupes de jeunes ont pris place dans les tribunes clairsemées. La police avait prévu jusqu'à 30'000 personnes, elles ne sont que 2600. Beaucoup sont vêtues de noir et fixent les larmes aux yeux l'immense croix couchée au centre du terrain.
Certains, comme Markus Lachenicht, ont personnellement vécu la bousculade. "Je n'oublierai jamais, (mais) je voudrais que cette cérémonie m'aide à tirer un trait", explique-t-il. "J'étais sauveteur à la Love Parade, et j'ai tout vécu. J'ai aussi un ami blessé" dans le mouvement de foule. "Les images de panique sont restées dans nos têtes", ajoute Phil Napeirala, 21 ans, qui a assisté à la bousculade d'un point surplombant le tunnel meurtrier.
Environ 5000 personnes, selon la police, se sont ensuite rassemblées dans le centre-ville, pour une marche silencieuse jusqu'au tunnel, où un lâcher de ballons blancs était prévu.
Absence du maire
La ville ne décolère pas contre le maire conservateur (CDU) Adolf Sauerland, accusé d'avoir privilégié l'appât du gain sur les règles élémentaires de sécurité. Le maire refuse de démissionner mais n'a pas assisté à la cérémonie. Autorités et organisateurs se rejettent la responsabilité après que 21 personnes, dont sept étrangers, sont mortes étouffées aux abords d'un tunnel, unique accès au terrain d'une ancienne gare de fret qui hébergeait la Love parade.
Bougies et fleurs en masse saluent la mémoire des jeunes disparus. [Keystone]
"Le maire voulait absolument cette Love Parade pour l'image de sa ville malgré les doutes sur la sécurité. Qu'il parte !", lance Ulrike Huesken, qui fait signer une pétition en ce sens devant le stade.
L'édile s'était battu pour accueillir la manifestation, prisée par des centaines de milliers de jeunes amateurs de musique techno. Une façon de donner un coup de jeune à une ville endettée et sinistrée par la désindustrialisation, à des lieues de l'image jeune et dynamique de Berlin ou de Cologne, à 70 kilomètres au sud.
agences/ther
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Efforts ruinés
Duisbourg, qui revendique toujours le titre de premier site sidérurgique d'Europe et de premier port fluvial du monde, est frappée par un taux de chômage de 13%, près du double de la moyenne nationale.
Ces dernières années, la région de la Ruhr, choisie en 2010 comme capitale européenne de la culture, parie sur l'art et les technologies pour remonter la pente.
Mais les 21 morts de samedi risquent de ruiner ces efforts. "Tout va redevenir peu à peu à la normale. Mais l'image de Duisbourg est fichue", résume Sabine Beuscher, venue avec son mari assister à la cérémonie.ARCHIVES
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