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Turquie: le scrutin présidentiel annulé
14.08.2007 16:20 - mise à jour: 28.06.2010 13:04La cour a statué en faveur d'un recours du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social démocrate), par neuf voix contre deux, jugeant que la séance électorale au parlement nécessitait 367 députés (sur 550) pour être ouverte.
Elections anticipées
Vendredi dernier, au premier tour de vote, 361 députés étaient
présents dans la salle. Le CHP boycottait la séance. Sur ces 361,
357 ont voté pour l'unique candidat, le ministre des affaires
étrangères Abdullah Gül, désigné par le Parti de la justice et du
développement (AKP), au pouvoir.
«Maintenant c'est à la grande Assemblée nationale de Turquie
(parlement) de décider de la suite», a indiqué le vice-président de
la Cour constitutionnelle, Hasim Kiliç. Le scrutin étant invalidé,
pour la première fois de l'histoire de la Turquie moderne, la porte
est maintenant ouverte à des élections législatives
anticipées.
Le gouvernement turc s'est d'ailleurs dit favorable à la tenue
d'élections anticipées «dans les plus brefs délais». «Nous sommes
en faveur d'avancer la date des élections», a dit le porte-parole
du gouvernement, Cemil Cicek, au terme d'un conseil des
ministres.
Le gouvernement ne renonce pas
Sans dire quand les élections, actuellement prévues le 4
novembre, pourraient avoir lieu, Cemil Cicek a souligné que la
seule condition posée par l'AKP était un amendement à la
Constitution abaissant l'âge d'éligibilité des députés de 30 à 25
ans.
Dans l'intervalle, le parlement se réunira en séance mercredi
comme prévu afin de décider des suites à donner au verdict de la
Cour, a-t-il ajouté. Les députés étaient appelés à se prononcer par
bulletin secret pour un deuxième tour de vote mercredi à 15h00
(14h00 suisses).
Selon Cemil Ciçek, le gouvernement va soumettre à nouveau au
Parlement la candidature d'Abdullah Gül et entend bien s'assurer
cette fois de la présence de 367 députés, le quorum requis pour que
le scrutin soit valide.
afp/ant
La crise en bref
La perspective qu'Abdullah Gül soit élu président inquiète les forces armées turques, gardiennes du régime laïc, qui craignent une mainmise de l'islam dans tous les domaines de la vie quotidienne.
Elles ont demandé à l'opposition de boycotter le vote, privant ainsi le gouvernement de la majorité des deux tiers nécessaire à l'élection du président.
La crise politique a ainsi éclaté quand le ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, unique candidat à l'élection présidentielle, soutenu par le gouvernement issu de la mouvance islamiste, n'a pas réussi vendredi à être élu au premier tour de scrutin par le Parlement.
L'opposition a réclamé à la cour constitutionnelle l'invalidation du vote pour absence de quorum.
Les médias ont affirmé que les élections législatives, prévue le 4 novembre, pourraient être avancées à la fin juin ou au début juillet. Cela éviterait que la faille entre le gouvernement et l'armée ne s'élargisse davantage, selon les analystes.La monnaie rebondit
La livre turque, qui s'était dépréciée en raison de la crise politique, a rebondi de quelque 3% après l'invalidation du scrutin présidentiel.
La Bourse, qui avait chuté de 4% lundi et de 3,2% mardi, avait fermé avant l'annonce de la Cour constitutionnelle.ARCHIVES
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