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Honduras: Roberto Micheletti cède aux pressions
30.10.2009 - 10:54 - mise à jour: 28.06.2010 13:27Roberto Micheletti, le président du Congrès porté au pouvoir par
le coup d'Etat qui avait chassé Zelaya du pays le 28 juin dernier,
résistait depuis obstinément aux pressions de la communauté
internationale, qui condamnait son gouvernement et réclamait,
sanctions économiques et diplomatiques à l'appui, le rétablissement
de Manuel Zelaya dans ses fonctions.
Il a fini par céder, jeudi, après une relance des pourparlers avec
l'équipe de Zelaya sous la pression du délégué américain pour
l'Amérique latine, Thomas Shannon, envoyé à Tegucigalpa par la
secrétaire d'Etat Hillary Clinton.
"Sans un accord, il sera difficile à la communauté interaméricaine
de soutenir les élections" présidentielle et législatives, prévues
le 29 novembre, avait averti Thomas Shannon lors d'une conférence
de presse.
"J'ai le plaisir d'annoncer que, voici quelques minutes, j'ai
autorisé mon équipe de négociateurs à signer un accord marquant le
début de la conclusion à la situation politique du pays", a indiqué
Micheletti dans une déclaration depuis la présidence, peu après
22H00 locales.
Un accord "historique"
Cet accord porte sur "la possibilité du rétablissement dans ses fonctions" de Manuel Zelaya, après approbation du Congrès d'une proposition d'abord soumise à la Cour suprême, ce qui permettrait le "retour de l'ensemble du pouvoir exécutif antérieur au 28 juin 2009", a-t-il déclaré.
Le président déchu Manuel Zelaya a parlé de "triomphe
de la démocratie". [Reuters]
Le texte porte aussi sur la
formation d'un gouvernement de réconciliation et l'organisation de
l'élection présidentielle le 29 novembre comme prévu, a ajouté
Roberto Micheletti, en demandant à la communauté internationale de
lever les sanctions prises contre le Honduras depuis le coup
d'Etat.
En outre, l'accord prévoit que l'armée passe sous le contrôle des
autorités électorales suprêmes. Toujours en vertu de ce texte, une
"commission de vérité" sera mise sur pied pour enquêter sur les
événements des derniers mois, et la communauté internationale se
verra demander de lever les mesures de sanctions qu'elle avait
prises.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, actuellement en
déplacement au Pakistan, s'est félicitée de cet accord, le
qualifiant d'"historique".
Quatre mois de pressions
Par cet accord, Roberto Micheletti accepterait enfin, après
quatre mois de résistance aux pressions internationale, le plan de
sortie de crise proposé en juillet par le médiateur, le président
costaricien Oscar Arias.
A une différence près: l'amnistie politique avancée par ce dernier
et rejetée jeudi par Roberto Micheletti. Une commission devrait
être chargée d'enquêter sur ce qui s'est passé avant, pendant et
après le coup d'Etat, a-t-il expliqué.
afp/bkel
Sur ce sujet
Un "triomphe pour la démocratie"
"C'est un triomphe pour la démocratie hondurienne", a réagi le principal intéressé, Manuel Zelaya.
"Nous sommes satisfaits. Nous avons des raisons d'espérer que mon rétablissement en fonctions est imminent", a dit le président déchu.
Manuel Zelaya avait été renversé par la force le 28 juin, à l'aube d'une consultation populaire, considérée par Roberto Micheletti et la majorité du Congrès comme une violation de la Constitution, en vue de briguer un mandat supplémentaire.
Rentré clandestinement au Honduras le 21 septembre, le président déchu est réfugié depuis à l'ambassade du Brésil.
L'administration de Barack Obama a suspendu une partie de l'aide américaine accordée au Honduras, après le putsch, mais s'est vu reprocher par certains pays d'Amérique latine de ne pas exercer suffisamment de pressions pour contraindre Micheletti et les putschistes à faire machine arrière.ARCHIVES
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