Modifié le 28 juin 2010

Le procès Parmalat s'est ouvert à Parme

Le fondateur de Parmalat Calisto Tanzi risque 15 ans de prison.
Le fondateur de Parmalat Calisto Tanzi risque 15 ans de prison. [Reuters]
Le plus important procès dans le cadre du krach du géant italien de l'agroalimentaire Parmalat s'est ouvert vendredi à Parme. En 2003, un trou de 14 milliards d'euros avait été découvert, engloutissant les économies de milliers d'épargnants.

Cinquante-cinq personnes accusées notamment de banqueroute
frauduleuse et association de malfaiteurs se retrouvent sur le banc
des accusés dans ce procès qui se déroule au palais des congrès, le
tribunal de la ville étant trop petit pour accueillir toutes les
parties civiles et leurs avocats.

Parmi eux figurent le fondateur du groupe, Calisto Tanzi, et son
frère Giovanni ainsi que l'ex-directeur financier de Parmalat,
Fausto Tonna et d'autres responsables, dont plusieurs banquiers.
Calisto Tanzi et Fausto Tonna risquent des peines de 15 ans de
prison.

Fondateur pas présent

"Monsieur Tanzi a assumé ses responsabilités, mais nous
souhaitons que toutes les autres responsabilités soient établies.
Tous ceux qui ont contribué a faire des épargnants des victimes
doivent répondre de leurs actes", a déclaré l'avocat du
fondateur.





Calisto Tanzi, 55 ans, n'était pas présent lors de la première
audience mais sera présent au procès par la suite.





"Nous représentons 700 parties civiles et nous espérons que nos
clients seront remboursés, parce que les banques et les cabinets
d'audits qui sont impliqués dans ce scandale sont très solvables",
a de son côté souligné l'avocat de l'association de défense des
droits des épargnants. "Monsieur Tanzi a présenté ses excuses mais
nous savons que cela ne suffit pas. Malheureusement, il n'existe
aucun trésor caché", a encore déclaré l'homme de loi.

D'autres procès

Le procès de Parme est le principal dans cette affaire, à la
fois parce qu'il concerne le plus grand nombre de personnes et
aussi parce que le parquet y formule les accusations les plus
graves, notamment banqueroute frauduleuse, faux bilan, association
de malfaiteurs et communication de fausses informations.





Plusieurs autres procédures judiciaires sont en cours dans
l'affaire Parmalat et un certain nombre de responsables, dont les
enfants de Calisto Tanzi, Francesca et Stefano, ont déjà négocié
des peines de prison plus faibles avec la justice. Plusieurs
banques, italiennes et étrangères ainsi que des cabinets d'audit
sont aussi visés (voir ci-contre).





Parmalat, qui regroupait une myriade de sociétés, était présent
également dans le football notamment avec le club de Parme, et dans
le tourisme, avec Parmatour, avant que le commissaire désigné début
2004 par le gouvernement pour redresser le groupe ne vende toutes
ces activités annexes.





agences/boi

Publié le 14 mars 2008 - Modifié le 28 juin 2010

Une affaire gigantesque

L'affaire Parmalat est l'un des plus gros scandales financiers en Europe.

Elle avait éclaté fin 2003 avec la découverte d'un trou de plus de 14 milliards d'euros (22 milliards de francs actuellement) dans la comptabilité du groupe.

Le krach avait englouti les économies de 135'000 épargnants italiens.

La société employait à l'époque 36 000 personnes dans 30 pays.

Le juge des enquêtes préliminaires de Parme, qui avait décidé ces renvois en justice en juillet 2007.

Il avait également reconnu un dommage moral d'environ 40 millions d'euros (près de 63 millions de francs) pour les épargnants.

La Suisse impliquée

Deux autres procès sont déjà en cours à Milan, mais portent davantage sur les aspects financiers du krach. Dans l'un d'eux, cinq banques étrangères, dont l'UBS, sont sur le banc des accusés pour manipulations des cours.

Les banques sont soupçonnées d'avoir organisé des émissions obligataires pour le compte du groupe agroalimentaire italien tout en connaissant son insolvabilité.

La justice suisse est aussi concernée: Berne a lancé des enquêtes pour blanchiment sur des transactions douteuses portant sur une centaine de millions de francs qui proviendraient de sociétés du groupe italien. Le Ministère public de la Confédération avait ouvert deux enquêtes en 2004.

L'une a conduit à une instruction préparatoire qui s'est achevée en novembre 2007: le MPC examine actuellement s'il existe des éléments suffisants pour mettre en accusation deux personnes. Dans l'autre enquête, 18 personnes (physiques et morales) sont dans le viseur du MPC.