Emission du 24 mai 2011
Vélos électriques : nouveau test d'ABE, soyez au courant !
Le vélo électrique et ses avantages
Plus silencieux que le scooter, plus écolo que la voiture, plus confortable que la bicyclette, le vélo électrique a la cote ! Gus Brandys a été séduit comme 40’000 Suisses l’an dernier. Ce professeur de géo, passionné d’écologie habite à Satigny dans la campagne genevoise. Il s‘est acheté un vélo électrique pour se rendre au travail et a renoncé à la voiture.
Jamais sans mon casque [DR]
Le deux-roues permet de mieux gérer son emploi du temps, selon Gus Brandys, Rédacteur en chef « eco mag » : « L’avantage avec le vélo, c’est que vous pouvez vraiment minuter votre trajet, contrairement à la voiture. Si vous êtes fatigué, vous aurez peut-être besoin de trente secondes de plus. Mais avec une voiture, vous ne savez jamais ; s’il y a un accident, un embouteillage… Vous êtes foutu ! » Et avec le vélo électrique, il remarque aussi que l’aide du moteur est avantageuse. Il ne transpire pas et selon lui, les pistes cyclables offrent une bonne sécurité.
Selon l’observatoire universitaire genevois de la Mobilité, deux utilisateurs sur trois sont des pendulaires qui roulent en moyenne 7 kms par jour pour se rendre au travail de la périphérie au centre ville.
Pierre Ruetschi, Tribune de Genève [DR]
Les entreprises s’y mettent aussi. La Tribune de Genève dispose de scooters pour ses journalistes et depuis trois ans, le journal a ajouté quatre vélos électriques à sa flotte pour faciliter les déplacements de ses rédacteurs. Selon Pierre Ruetschi, ce choix était le bon. Ses collaborateurs utilisent plus volontiers les vélos électriques que les scooters. Le casque est plus petit et léger. Et selon la distance, la vitesse est la même avec ces deux types de véhicules.
Dejan Nikolic a des rendez-vous tous les jours aux quatre coins de Genève, saturée de trafic et de travaux. Grâce au vélo électrique, les déplacements du journaliste ne sont plus une corvée : « C’est vrai que pour un trajet de la rédaction jusqu’à Palexpo, par exemple, j’utilise le vélo électrique. Il permet d’arriver aux conférences de presse sans transpirer, en gardant son souffle et en profitant du paysage.»
Il y a 3 ans, les journalistes devaient gérer eux-mêmes la batterie
Depuis, le journal a innové. Il s’est dotée de bornes électriques qui permettent au vélo de se recharger tout seul. Une première en Suisse romande. Pierre Ruetschi voit de nombreux avantages dans ce choix ; il n’est plus nécessaire de monter recharger la batterie dans la rédaction et cela évite de se retrouver avec un vélo déchargé.
Il existe plusieurs modèles et capacités de batteries. Plus vous sollicitez la puissance du moteur, plus vous grimpez, plus vite elles se déchargent. Autonomie moyenne : entre 40 et 60 km.
Selon Gus Brandys, une batterie peut se charger entre 500 et 700 fois selon le modèle et l’utilisation qui en est faite. En la chargeant en moyenne tous les deux jours, elle peut donc tenir entre trois et quatre ans et coûte environ 800 francs. Une dépense qu’il faut donc prévoir.
Le vélo électrique est moins cher que le taxi et plus rapide que les transports publics. Et pas de problème de place de parc : les entreprises optimisent ainsi leur logistique. Alors que le journaliste a mis 8 minutes pour se rendre à sa conférence de presse, on a mis le double en voiture.
Des entreprises privées, mais aussi des voiries, des hôpitaux, des administrations optent pour le vélo électrique. Fribourg va encore plus loin. Elle offre depuis un an à sa population 32 vélos en libre service dont 12 électriques. Il suffit de se rendre à l’office du tourisme pour se procurer une carte magnétique qui vous permettra de libérer les vélos de leur borne de parcage. Il vous en coûtera six francs par jour.
Thierry Steiert, directeur de la police de Fribourg explique le choix du vélo électrique par la topographie de la ville. Les montées sont nombreuses et donc seules des personnes « sportives » sont attirées par des vélos traditionnels.
Les utilisateurs : des étudiants, des pendulaires, des touristes. Tous ne sont pas des as de la petite reine et foi de journaliste, se lancer dans la circulation sans être une habituée des 2 roues, c’est déconcertant.
Le casque n’est pas obligatoire et ça va vite. 25km/h voire 45km/h pour les modèles les plus puissants. Gus Brandys remarque que les automobilistes ne savent pas anticiper la vitesse des vélos électriques : « quand les automobilistes changent de direction ou font une marche arrière pour se parquer, ils pensent avoir le temps. Mais en réalité, le vélo va plus vite que ce qu’ils pensent. Ce qui est dangereux. »
Les bornes Velopass [DR]
Fribourg est pionnière dans le vélib électrique. Velopass, la société suisse qui commercialise le concept, va étendre son offre en Romandie, entre Nyon et Gland ainsi que dans la région de Bulle, selon son directeur Lucas Girardet.
Pour l’instant, pas d’intérêt dans les grandes villes. Lausanne est pourtant le cauchemar des cyclistes. Plus de 500 m de dénivelé d’Ouchy au Chalet à Gobet. Une topographie idéale pour le vélo électrique. Olivier Français, cycliste invétéré et directeur des travaux Lausanne, dispose de 80 millions pour développer la mobilité douce dans l’agglomération. Mais aucun projet pour les vélos assistés. Selon lui, les distances moyennes parcourues par les habitants de la cité ne justifient pas d’investissement dans les vélos électriques. Ces distances peuvent être faites à pied ou en transport en commun. Le vélo électrique est, de plus, une nouvelle consommation d’énergie qui représente une centrale nucléaire que les cyclistes devraient financer, toujours selon Olivier Français.
Olivier-Français conseiller nationnal PLR.jpg [DR]
Le courant ne passe pas entre Olivier Français et le vélo électrique. Mais le radical lausannois a le raccourci facile : pour consommer l’électricité produite chaque année par une centrale nucléaire, il faudrait en Suisse plus de 45 millions de vélos électriques.
Et que les passionnés de vélos électriques se rassurent, une subvention de 300 francs existe en ville de Lausanne pour l’achat de tels deux-roues, à l’instar de nombreuses communes et cantons.
Autre tendance qui permettrait de désengorger les villes : 42% des utilisateurs abandonnent leur voiture ou leur scooter, selon l’Observatoire universitaire genevois de la mobilité.
Et le vélo électrique permet de faire un effort modéré, ce qui est bon pour la santé. Certaines cliniques de réadaptation cardiaque s’en servent d’ailleurs dans l’encadrement de leurs patients.
Le vélo électrique entre en clinique
Gisele Meylan [DR]
Le vélo électrique permet un effort modéré et constant. Ce qui représente un intérêt appréciable pour la santé. Certaines cliniques s’en servent dans l’encadrement et la rééducation de certains patients ayant des problèmes cardiaques.
Jean Zahnd maitre de condition physique [DR]
Le 11 mars 2011, Gisèle Meylan fait un infarctus. Frôlée par la mort, elle subit une opération avant de rejoindre la « clinique du Noirmont » dans le Jura pour une rééducation. Et un exercice peut surprendre. Les patients se préparent pour un tour à vélo dans la campagne environnante. Jean Zahnd, maître de condition physique à la « clinique du Noirmont » dirige l’exercice. Selon lui, il n’y a pas de risque à faire du vélo électrique après un infarctus. Ses élèves ont fait un test d’effort, de la marche. Et il connaît leurs capacités aussi bien que leurs limites. Donc il n’y a pas de souci.
15 jours après son infarctus, Gisèle est déjà en selle. Pas question de rester alitée, la rééducation cardiaque passe par le mouvement. Chaque patient a un programme adapté à ses capacités. Pour Gisèle comme pour de nombreux patients, le vélo classique est prématuré. Alors la clinique leur propose le vélo électrique.
Gisèle Meylan remarque que le vélo n’avance pas tout seul, mais permet un effort « moyen et constant.» Le Dr Eric Gobin, cardiologue, voit aussi le moteur comme un soutien, une aide.
Pédaler, mais sans se mettre dans le rouge. Le vélo électrique permet de doser son effort, comme le montrent les tests effectués par la clinique. Le Dr. Eric Gobin compare deux courbes d’effort. Sur le tracé de la personne qui avait un vélo conventionnel, les valeurs dépassent parfois celles permises dans son état et les fluctuations de rythmes sont permanentes. Dans le second cas, le rythme cardiaque reste beaucoup plus stable et ne sort jamais de la zone verte.
Gisèle Meylan admet qu’elle a peur. Elle sait qu’elle est passée très près de la mort. Elle veut profiter de la vie et faire plus attention à son hygiène de vie. Et l’expérience faite à Noirmont lui a donné l’envie de se procurer un vélo électrique pour faire de longues balades. Car avec son deux-roues conventionnel, elle aurait peur de ne pas avoir la force de rentrer.
Gisèle Meylan a repris son travail d’aide soignante 2 mois après son infarctus.
Bouger, c’est bon pour la santé et pas seulement pour les rescapés du myocarde. Mais quand on jongle entre marmots, boulot et resto, il est difficile de trouver le temps de faire du sport. Pourtant, selon l’organisation mondiale de la santé, il suffirait de 30 minutes d’activité physique par jour pour garder la forme. En Suisse, 60 % de la population n’y arrive pas.
Boris Gojanovic chef de clinique de medecine du sport au CHUV [DR]
Un constat que fait Boris Gojanovic, chef de clinique de médecine du sport au CHUV. Dans son cabinet, les raisons sont toujours les mêmes : « Le temps est le premier facteur. Tout le monde dit qu’il n’a pas le temps, alors que tout le monde sait qu’il faudrait bouger plus. Le but est donc d’intégrer une activité dans notre quotidien sans affecter le temps que l’on a à disposition. Le plus simple est donc d’intégrer notre activité physique dans nos déplacements. »
Le médecin lausannois a mené l’an dernier une étude sur le vélo électrique et son impact sur la santé de monsieur et madame tout le monde. Les participants, âgés de 20 à 50 ans étaient peu sportifs. Objectif : tester leur effort physique.
Chaque participant à l’étude a effectué un parcours similaire en ville de Lausanne à pied, en vélo et en vélo électrique. Les résultats obtenus sont très encourageants selon Boris Gojanovic : « Avec la plupart des vélos électriques, il faut actionner les pédales pour que le moteur vienne en soutien. Ce dernier ne fait pas tout le boulot. Le but de cette étude était de voir la part d’effort, de travail fait par le cycliste. Et nous avons été intéressés de découvrir que cette part est suffisante et qu’elle correspond à l’effort journalier que l’on recommande. » La marche et le vélo électriques sont des activités physiques recommandées aux gens pour leur santé. Le vélo conventionnel est une activité physique plus intense qui correspond à du sport et est trop dur.
L’inactivité est le 4 facteur de mortalité dans le monde. En mettant du jus dans vos pédales, vous faites suffisamment d’effort pour réduire les risque d’accident cardiaque, de cancer et de dépression.
Le port du casque n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Et cela pourrait changer. Le Conseil fédéral propose actuellement de modifier la réglementation pour les vélos électriques rapides qui dépassent les 25 km/heures et qui demandent d’avoir une plaque jaune comme les cyclomoteurs, un permis, et donc peut-être bientôt un casque.
Vélos électriques : le test
Le marché du vélo électrique a explosé depuis 5 ans. Si les marques se comptent aujourd’hui par dizaines, elles proposent peu ou prou les mêmes installations, mais à des prix parfois très différents. Comment bien choisir son vélo ?
Jean François Urwyler [DR]
Les vélos ont été placés sur un banc de test conçu par l’école d’ingénieurs de Bienne pour reproduire une situation réelle. Un moteur externe simule l’effort de pédalage du cycliste. Une charge de 80kg a été répartie sur les deux roues pour remplacer le poids du cycliste et ce dispositif est placé sur des rouleaux qui reproduisent une pente de 6%.
Nous avons testé 13 vélos provenant de magasins spécialisés et de grandes surfaces. Tous les modèles proposent une assistance limitée à 25km/h. Nous n’avons pas testé les vélos rapides de 45km /h, car ils sont peu utilisés.
Trois aspects du vélo électrique ont été évalués par l’école d’ingénieurs : la puissance du moteur, autrement dit l’efficacité de l’assistance au pédalage. 2 critère l’autonomie de la batterie. Pour terminer, la qualité des matériaux cadre, freins, a été évaluée par le magazine Vélo journal
Voici les résultats du test, du moins bon au meilleur vélo auxquels on attribue des notes de 1 à 6.
On commence avec le moins bon
Landi [DR]
Le Xtrabike de Landi est l’un des 2 vélos les meilleurs marchés du test avec un prix catalogue de Frs 1390.-
Aucun des paramètres techniques ne donne satisfaction selon les experts.
Note 3,6 sur 6
E Racer [DR]
Le E-Racer d’ Athléticum est juste au-dessous de la moyenne avec une note de 3,9.
Crosswave [DR]
Le Crosswave de Migros, l’un des plus légers, 23 kg bénéficie d’assistance au pédalage correcte.
Note 4,3.
Villiger [DR]
Le Villiger: le labo relève une puissance-moteur peu convaincante alors que son prix est de Fr 3799.-
Peu approprié pour des parcours accidentés. En revanche matériaux résistants.
Note 4,4
Koga [DR]
Le Koga, est l’un des plus chers du test à 3999 francs.
L’autonomie de sa batterie est jugée insuffisante par le labo. Déconseillé pour les longs trajets.
Note 4,5
California [DR]
Le California de Jumbo obtient une note de 4.6
Raleigh [DR]
Le Raleigh présente la meilleure autonomie de batterie des vélos testés.
Point faible : la puissance de son moteur.
Note 4,7
Leopard [DR]
Le Léopard de chez Coop présente un très bon rapport qualité-prix.
Il est l’un des plus légers, très bonne autonomie, mais mériterait des composants de meilleure qualité.
Note 4,8
Stromer [DR]
Le Stromer qui est le vélo le plus cher du test est à 4490 francs.
Appréciation dans la moyenne pour la batterie et l’assistance. Il doit sa bonne note technique à la qualité des ses matériaux.
Note 4,8.
Wheeler [DR]
Le Wheeller est bon
Note 4,8
Trois vélos obtiennent une note supérieure ou égale à 5.
Flyer [DR]
Le Flyer est bien équilibré techniquement.
Surprise, ce vélo a le même moteur que le Raleigh, moins bien jugé.
Note 5
Jean-François Urwyler : « Dans le cas du vélo Flyer, ils ont pris l’option de donner une forte assistance pour la Suisse, un pays montagneux, avec peut-être une réduction de l’autonomie. Tandis que le Raleigh, prévu pour des pays vraisemblablement très plats, fournit une assistance beaucoup plus faible, mais privilégie l’autonomie. Donc techniquement, un Flyer est mieux adapté à la Suisse qu’un Raleigh. »
Cresta [DR]
Le Cresta a une autonomie de la batterie juste moyenne mais avec une puissance-moteur excellente.
Idéal pour des villes à fort dénivelé.
Note 5
Watt's Swing [DR]
Le Watt's Swing de Wattworld obtient le meilleur score technique
Moteur et autonomie de la batterie très bons.
Prix intéressant dans ce trio de tête : Frs 2990.-
Note de 5.2
Hors laboratoire, tous ces vélos ont été essayés sur la route par une centaine de cyclistes, au profil varié ; retraités, sportifs, femmes hommes.
Au classement final, les cinq meilleurs vélos sur le plan technique ont également reçu une très bonne appréciation des utilisateurs.
A relever que trois vélos moyennement appréciés sur le plan technique par le labo ont été très bien notés par les utilisateurs.
Alors comment faire le bon choix ? Pour vous aider à trouver pédales à votre pied, prenez conseil auprès d’un spécialiste et roulez avec avant de vous décider. Nous nous sommes rendus chez Vincent Ebiner, l’un des principaux revendeurs de vélos électriques en Suisse romande qui propose un large choix de marques, représentant les trois principaux systèmes de motorisation.
Les modèles avec moteur intégré dans le pédalier permettent d’avoir des vitesses dans le moyeu. Ce qui permet de changer les vitesses à l’arrêt. Ce qui est pratique au feu rouge ou pour les démarrages en côte.
Les modèles avec le moteur dans le moyeu arrière permettent d’avoir en plus trois plateaux devant. Donc il y a une grosse possibilité de démultiplication. Les personnes habituées au vélo aiment beaucoup pouvoir gérer ces vitesses.
Les modèles avec le moteur à l’avant ne permettent pas d’avoir une assistance puissante. La fourche est le seul soutient du moteur, qui doit être de taille réduite. Ce type d’assistance est idéal pour Genève, mais pas suffisante pour Lausanne ou Fribourg.
En résumé, le bon vélo électrique doit répondre à vos besoins et vos attentes mais 3 critères sont à prendre en compte : la durée de vos trajets, le relief de parcours (plat ou accidenté) et vous-même, si vous êtes ou non un habitué des deux roues. Mais avant tout, testez-les !
Certains marchands prêtent des vélos de test, certaines villes en mettent à disposition en location à la journée, et, sans être exhaustif, l’organisation NewRide organise des démonstrations de vélos électriques à la demande de communes ou d’entreprises.
Enfin, dernier conseil, assurez–vous que le fabricant du vélo électrique que vous aurez choisi a les reins assez solides pour résister à la concurrence qui se durcit. Dans le cas contraire, il vous sera difficile de trouver une nouvelle batterie dans trois ou quatre ans !
La semaine prochaine
Difficile de se débarrasser des fourmis. Sprays, vaporisateurs, appâts… Quel est le moyen le plus efficace et le moins toxique ? Côté assurances, il est possible de se retrouver sans revenu suite à un accident. Tout à fait légal et parfaitement injuste !
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