Emission du 29 novembre 2011

Casques de ski: n’achetez pas sur un coup de tête!

Léger, confortable, à visière, intégral, avec ou sans lecteur MP3 intégré, le casque de ski est devenu un accessoire de mode! Six Romands sur dix l'ont d'ailleurs adopté et la plupart des enfants skient désormais casqués. A tous âges, comment choisir le bon modèle? Les casques sont-ils efficaces ?

Le ski et ses risques

Nino en cours [DR] Nino en cours [DR] A la veille de la saison de ski, les questions de sécurité ressurgissent. Si le casque n’est pas obligatoire en Suisse, les campagnes de prévention ont fait leur effet, aidées par un autre facteur et non des moindres, le look. Les casques sont aujourd'hui des accessoires sympas, que l'on arbore fièrement.  De plus en plus de Suisses en portent: 76 % des adultes, et 95% des enfants et des ados. Des chiffres encourageants alors que l'on comptabilise plus de 80'000 accidents de ski, snowboard et luge en Suisse chaque année! Un bonnet à pompon ne vous servira pas à grand-chose en cas de chute. Les modes ont changé, la gravité des accidents aussi.

Le ski est depuis toujours synonyme de plaisir et d’évasion, mais aussi de chutes, collisions et jambes cassées. Mais depuis les années 70, le bonnet a tendance à disparaître au profit du casque! Un changement visible sur les pistes, comme aux Diablerets. Zela et Tristan ont à peine  5 ans et portent déjà des casques de professionnels! Nino, leur moniteur, donne l’exemple: "C'est vrai que maintenant,  j’ai l’impression que ça  fait partie des mœurs. Chaque enfant vient casqué. On a pratiquement pas besoin de le dire."

Les petits portent le casque [DR] Les petits portent le casque [DR] Pour Nadine, la mère de Tristan, la question ne s'est pas vraiment posée: "Ça va de soi. C'est casque à vélo, casque à ski. Automatiquement, on leur met. Ça fait partie de l’équipement de base." Même constat pour la maman de Zela: "Ils prennent de la vitesse. Ils sont petits. Ils peuvent être derrière une bosse, le skieur arrive. Il ne les voit pas. Surtout en carving, ça va vite. C'est une bonne sécurité."

Selon le Bureau de prévention des accidents, le casque permettrait  d’éviter le trois quart des blessures à la tête. Aujourd’hui, pas question pour un ado de skier sans. Il faut dire que le casque est devenu un accessoire de mode !

Simon, 12 ans, ne déroge pas à la règle. Il s'est rendu dans un magasin spécialisé à Monthey pour choisir un modèle avec sa maman. Il cherche un modèle pas trop lourd, qui soit confortable et qui absorbe bien les chocs. Il veut aussi que son casque soit joli, bien sûr.

Un choix pléthorique [DR] Un choix pléthorique [DR] Et question look, Simon a le choix! Le casque se décline aujourd’hui sous toutes les formes: intégral façon motard, customisé à bandana, à visière pour les porteurs de lunettes, ou encore avec lecteur MP3 intégré.

Pour répondre à ces nouvelles attentes, les fabricants ont adapté leurs produits nous explique Jean-Claude Aebi, du magasin Hot-Tension à Monthey: "Avant, le casque, c’était une coque en plastique avec un bout de sagex à l'intérieur. Un casque en  2011, c’est un casque léger, avec une isolation thermique parfaite et une acoustique aussi parfaite."

Premier critère de choix : la taille. Le casque doit être ajusté. Quelques repères aident à faire le bon choix précise Jean-Claude Aebi: "Je regarde le volume général du casque. Il faut qu'il n'appuie pas trop sur le front." Un casque trop grand ne sera pas solidaire de la tête lors de mouvements. Il faut alors choisir un modèle plus petit.

Pour les enfants, les systèmes à molettes ou à cran  permettent aujourd’hui un réglage optimal, selon Jean-Claude Aebi: "l'avantage c'est que l'on a un super soutien de la nuque, donc une tenue efficace de la tête en avant et en arrière. En cas d'impact, le casque est vraiment tenu."

Autre critère, le confort. Un casque qui gratte ou qui serre le front peut être dangereux. L'enfant aura tendance à mal le positionner et il ne sera plus d'une grande efficacité.

Qu’en est-il du bonnet sous le casque ? Une très mauvaise idée sauf s’il est fin et adapté explique Jean-Claude Aebi « Ille bonnet ne doit modifier en rien le volume du casque."

En résumé, remplacez votre casque en cas de chocs. Ne le prêtez pas à tous les membres de la famille, chaque tête est unique. Attention aux gadgets: la musique dans les oreilles c’est sympa, mais dangereux sur les pistes! Et puis surtout, le casque n'est pas réservé aux petits. Tout le monde doit se protéger!

Comme Simon et ses parents, aujourd’hui, trois Suisses sur quatre ont adopté le casque. Il faut dire qu’au-delà de l’effet de mode, son efficacité a été largement démontrée. Un constat que fait Philippe Vuadens, chef du service de neuroréadaptation à la Clinique romande de réadaptation de Sion: "On constate qu’il y a beaucoup moins d’accidents de ski et de snowboards, et notamment que ces accidents sont avec beaucoup moins de lésions et beaucoup moins de complications."

Le port du casque aurait aussi permis  de réduire les coûts liés aux accidents de  près de 20 millions de CHF en 2006 selon une récente étude du BPA. Moins de lésions, moins de frais: bref la panacée en matière de sécurité! Pas si sûr, car sur le terrain, les professionnels comme Nino, moniteur, observent un curieux paradoxe: "Les gens qui mettent des casques, et des protections en général, quand il fait une journée de grand beau temps, ben c’est vrai qu’on a tendance à aller beaucoup plus vite. Ils se sentent plus sécurisés sur la piste et prennent plus de risques. Et donc c'est vrai que c’est à double tranchant. C'est le revers de la médaille."

Philippe Vuadens chef du service de neuroréadaptation [DR] Philippe Vuadens chef du service de neuroréadaptation [DR] Des comportements à risque, avec des conséquences bien réelles, comme le constate Philippe Vuadens: "Nous voyons de plus en plus arriver de graves polytraumatisés ou traumatisés crâniens sévères. Nous sommes maintenant confrontés à skier sur des pistes qui sont damées et lisses, qui sont souvent dures comme du béton et lorsque l’on tombe, le choc est malheureusement très fort."

Lors d’une chute, l’os du crâne heurte le sol. Le cerveau qui flotte dans la boîte crânienne vient alors aussi s’écraser sur l’os: "Ce qui va faire des lésions au point d’impact, ce qu’on appelle contusions. C'est-à-dire une zone qui va être détruite avec du sang. Et puis le 2 problème, c'est que lorsque votre cerveau est décéléré ou accéléré par un choc, il va être étiré vers l’avant ou vers l’arrière. Et ses fibres sont étirées et c’est à ce moment qu’elles sont susceptibles d’être déchirées. Et lorsqu’elles se déchirent, on voit apparaître de multiples lésions. Et c'est souvent la source de séquelles neuropsychologiques de ces jeunes. Alors, ce sont des jeunes qui ne seront pas du tout handicapés physiques,  mais qui vont certainement avoir des difficultés scolaires, de concentration, d’attention de capacité à faire plusieurs choses en même temps. Et qui malheureusement vont les limiter durant tout le parcours de leur vie."

Les conséquences physiques et psychiques des traumatismes crâniens sont souvent  dramatiques. Si le casque n’est pas une assurance vie, il permet de limiter les dommages. Jérémy Alther en sait quelque chose. Ce skieur de Nendaz, passionné de glisse, était un jeune champion prometteur de freeride. 

Mais en ce jour d’avril 2008 alors qu’un ami filme ses exploits,  sa vie bascule: "Je descendais relativement vite, et puis j’a heurté un caillou qui m’a déséquilibré. J'étais encore sur les skis et ça m'a envoyé sur une barre rocheuse. Et donc je suis arrivé 10 à 15 mètres plus bas sur la tête."

Jérémy Alther passionnée de glisse [DR] Jérémy Alther passionnée de glisse [DR] Jérémy ne portait pas de casque. Grièvement blessé, il est héliporté à Sion entre vie et la mort et subit une lourde opération. "En fait j’avais un hématome dans le crâne, et en fait ça compressait le cerveau et il commençait à descendre la moelle épinière."

Jérémy est un miraculé. Après un coma et trois mois d’hôpital, commence pour lui un lent travail de retour à la vie. Retrouver la mémoire, et les gestes les plus simples. "Je pouvais plus boire. Je n’avais plus le réflexe de la déglutition. Donc ça j’ai dû réapprendre à faire. C’est pas des très bons souvenirs. Après j’ai dû réapprendre à marcher, j’ai dû réapprendre à me laver… Enfin j'ai dû réapprendre toutes les choses qu’un enfant doit apprendre."

Et le casque, dans une certaine mesure, Jérémy regrette de ne pas en avoir eu: "Je pense on peut pas dire. C’est toujours facile de dire, ça aurait été mieux si j’avais eu un casque. Je pense pas forcément mieux, mais moins pire. Je n’aurais pas eu toutes les lésions que j’ai eues. Ca aurait été moins pire, c’est sûr… De toute manière, on réfléchit jamais à l’accident. Ca arrive aux autres. On lit ça dans le journal, on voit ça à la télé, mais non. On est toujours plus fort que les autres. On est souvent beaucoup plus intelligent après, une fois que c’est arrivé." 

Aujourd’hui, à 28 ans, à force de persévérance, Jérémy a pu retrouver une autonomie. Il conduit sa voiture, travaille dans un magasin de ski quelques jours par semaine. Mais son seul objectif est de remonter sur des skis: "Je pense que j’ai encore du travail à faire pour arriver à ces choses là! J’ai pas le droit de me dire, non c’est trop dur. Sinon tu arrêtes de vivre, ça sert à rien. Mon rêve maintenant c’est d’être à nouveau professeur de ski et de télémark."

Les casques de ski: le test

Casques de ski: le test 

En matière de casques, le choix est vaste, tout comme les prix. Lequel choisir?

Casques testés [DR] Casques testés [DR] La gamme des modèles et des prix varie énormément. Mais un casque vendu devrait toujours être une garantie de sécurité efficace. C’est ce que nous avons voulu vérifier sur une série de casques pour enfants.

Nous avons amené 8 casques de ski pour enfant de taille XS et S au laboratoire de Montlhéry près de Paris. Leur prix : entre 49 et 229 CHF.

Nous avons d’abord voulu tester leur capacité à absorber les chocs. Après avoir déterminé deux zones d’impact au sommet des casques,  les techniciens de Montlhéry les ont projetés tour à tour sur une enclume plate à une vitesse de 5,42 mètres secondes, soit 19 km/h.

Pour ce test, les  casques ont été conditionnés de 3 manières différentes :

A - 25 degrés pour figurer les conditions hivernales type

A température  ambiante

Enfin le laboratoire les a soumis à des ultraviolets, afin de simuler l’usure d’une utilisation prolongée au soleil.

Résister aux chocs, c’est bien, encore faut-il que le casque reste sur la tête. Le laboratoire a donc également testé les risques de déchaussement, en vérifiant la capacité de rétention des jugulaires lors d’un choc. Les résultats de notre test:

Tous les modèles ont passé avec succès le test d’efficacité du système de rétention. Aucun des 8 casques  n’a été arraché lors du choc. Ce qui est déjà une bonne chose.

A une nuance près, tout de même:  lors de ce test, la coque intérieure en polystyrène du modèle Carat de la marque Alpina s’est fendue des deux cotés. Ce n’est pas très rassurant.

Tests de choc:

Pour qu’un casque soit efficace et qu’il minimise les risques de blessures, la tête de l’enfant et son cerveau à l’intérieur ne doivent pas être ralentis trop fortement au moment de l’impact. Pour qu’un casque soit jugé conforme, la décélération ne doit pas dépasser les 250 G. C’est une norme européenne.

Sur les 8 casques testés, 7 respectent cette norme. Ce qui est aussi une bonne nouvelle.

Seul le casque Head a subit une décélération supérieure à 250 g sur les 3 bancs d’essais. Il est donc jugé non conforme. Il coûte quand même 119 francs, prix indicatif.

Quant aux 7 autres casques, ils ont beau être conformes, il y a quand même de grandes disparités entre eux. Et pour bien comprendre ce qui va suivre, je vous rappelle que lors d’un choc important, plus la décélération est faible lors de l’impact, moins la tête de l’enfant aura de choc à absorber.

Quatre casques dépassent parfois les 230 G sur certains bancs d’essai.

Il s’agit du Alpina,  du Giro, du casque Obscure et  du casque Salomon. Ces résultats sont conformes, mais on peut faire mieux.

Ces 230 G sont en fait la moyenne des décélérations  calculée  sur les  3 types de tests.

Salomon World Cup [DR] Salomon World Cup [DR] Salomon World Cup

Prix: 129 CHF

219 G en moyenne dans nos trois tests.

Parmi nos casques conformes, c’est donc celui qui absorbe le moins les chocs en moyenne.

Alpina Carat [DR] Alpina Carat [DR] Alpina Carat

Prix: 89.90 CHF

212 G

Obscure VS617 [DR] Obscure VS617 [DR] Obscure VS617

Prix: 49.90 CHF

209 G

Giro G10 [DR] Giro G10 [DR] Giro G10

Prix:
229 CHF (le plus cher du test)

205 G

Un résultat assez moyen pour le plus cher de notre échantillonnage

K Tec Kid [DR] K Tec Kid [DR] K-Tec Kid

Prix:
49 CHF ( le moins cher du test)

204 G

Uvex X ride [DR] Uvex X ride [DR] Uvex X-Ride£

Prix: 69.90 CHF

202 G

Red Hi fi II [DR] Red Hi fi II [DR] RED Hi-fi II

Prix: 159.90 CHF

184 G

Rappelons qu’il est vraiment déconseillé de coller des autocollants sur son casque, comme de peindre la coque extérieure. Cela peut avoir des incidences sur l’efficacité du casque. Et lorsqu’un casque a subi un choc, il faut systématiquement le changer, même si sur la surface extérieure, le choc ne va pas forcément se voir. L’intérieur peut être endommagé.

Se protéger la tête est vraiment conseillé. C'est par exemple obligatoire en Italie pour les skieurs et snow-boarders de moins de 14 ans. Ce n’est pas encore le cas chez nous!

En skiant, vous prenez plus de risques qu’à rester dans un fauteuil, vous trouvez aussi sur le marché de quoi protéger votre anatomie des pieds à la tête.  Est-ce ça vaut la peine ?  Notre équipe est allée sonder deux  spécialistes.

Comment se protéger?

Jacques Richon et Cyril Néri [DR] Jacques Richon et Cyril Néri [DR] L’hiver est la saison de tous les dangers. Chez Air Glacier, en 2011, on a d’ores et déjà battu tous les records. Près de 600 interventions ont été comptabilisées rien que dans les deux premiers mois de l’année. Une véritable hécatombe! Jacques Richon, chirurgien, sauveteur et guide de haute montagne confirme la tendance: "les pires journées on fait entre 25 et 28 sorties héliportées. Ce qui ne tient pas compte des autres interventions menées avec des luges ou des patrouilleurs."

En cause la météo, les conditions de neige, mais aussi on l’a vu, le  comportement de certains skieurs. "Une tendance, avec les années, on a de plus en plus de collisions, car il y a plus de monde et on a des accidents à haute vitesse. Les skis et les snowboards ont des technologies qui font que l’on peut aller beaucoup plus vite. Donc  globalement on a plutôt pas mal d’accidents graves. On a beaucoup de lésions de la colonne vertébrale, soit dans des collisions, soit dans des chutes de hauteurs de sauts, des traumatismes crâniens, crano cérébraux." explique Jacques Richon.

Des secours fortement solicités [DR] Des secours fortement solicités [DR] Alors à part la prudence, comment se protéger au mieux? Toute une gamme d’accessoires est désormais disponible sur le marché. De quoi transformer le skieur en véritable Robocop. Ces protections sont-elles utiles? Réponse avec deux pros : Jacques Richon  guide, chirurgien et secouriste et Cyril Néri, freerider accompli. 

Jacques Richon:  "La lésion typique du débutant en snowboard, c'est de tomber sur les poignets. Les fractures bilatérales du poignet ne sont pas rares. Le protège-poignet est un instrument pas si mal."

Cyril Néri: "Les gants renforcés sont typiquement pour les snowboarders. Si on a les os un peu fragilés, ça vaut la peine d'en porter."

Jacques Richon:  "Beaucoup de gants proposent aujourd'hui des renforts en matière rigide. Je ne suis pas vraiment persuadé. Ces protections sont placées à l'avant, or les fractures se font généralement vers l'arrière…"

Cyril Néri: "Les genouillères, je ne suis pas forcément pour, car ça réduit les mouvements. Mais il faut absolument en porter lorsque l'on fait du telemark."

Jacques Richon: "Les coudières ne semblent pas utiles. On ne voit pas beaucoup de lésions de ce type. On voit des luxations, or les coudières ne protègent absolument pas. Je crois que c'est pour éviter les chocs directs contre des rochers…"

Cyril Néri: "Le short de protection n'est pas indispensable. Mais pour le snowboard, où on est souvent à se poser sur les fesses, ne serait-ce que pour l'isolation thermique, c'est un point positif." Jacques Richon considère que c'est plutôt un gadget. Mais reconnaît que cela permet de protéger le sacrum.

Cyril Néri: "La protection dorsale protège surtout en cas de choc. Il y a aussi une ceinture abdominale qui fait que l'on garde le dos droit. C'est hyper bon pour la protection, effectivement." Jacques Richon: "C'est hyper utile pour la colonne, si vous tombez sur des rochers. En revanche ça ne protégera pas les jambes et les fesses ou d'un mouvement de flexion qui sont les 90% des fractures de la colonne."

Il existe des modèles pour enfant de protection dorsale. Cyril Néri pense qu'ils devraient tous être équipés. Mais pour Jacques Richon, cela sert avant tout à rassurer les parents, ce matériel n'étant selon lui pas très utile sur des pistes.

Pour conclure, Cyril Néri considère que "l'essentiel, c'est le casque et la protection dorsale. Le reste, ce sont des options, comme pour une voiture."

Pour Jacques Richon, le plus important est le casque: "Le casque vous protège contre la collision, contre la chute. Je pense que c'est un élément qui devrait se généraliser."

Freeride & prévention

Cyril Néri, triple vainqueur de l’X-treme de Verbier est une figure du freeride en Suisse romande. Nous l'avons retrouvé entouré d’ados à 3000 m d’altitude dans un  rôle un peu différent.

Les leçons du maître [DR] Les leçons du maître [DR] Depuis quelques années, le snowboarder propose des ateliers de prévention qui concilient théorie et pratique. Une initiative née d'un constat surprenant: "on s’est rendu compte que dans un pays recouvert par 75% de montagnes comme la Suisse, c'est pas normal de ne pas avoir de la prévention en montagne comme il peut y avoir de la prévention mer dans les départements français concernés, par exemple. J'avais envie de faire profiter de l'expérience que j'ai accumulée et mettre l'expérience de guides et d'autres riders au service du public."

Patrick Mesot, guide de montagne participe à l'aventure. Il met entre autre l'accent sur la responsabilité des skieurs hors piste: "Ce hors piste comporte des dangers. Si vous faites partir une avalanche, vous allez être responsable des conséquences si cette avalanche arrive sur la piste qui est en aval."

Responsabiliser les skieurs est une des priorités du cours.

Il faut dire qu’aujourd’hui les candidats au grand frisson sont toujours plus nombreux. Les stations ont d’ailleurs fait du ski en liberté un argument de vente. Conséquence, chaque année, des accidents mortels sont provoqués par ignorance ou par bêtise. Cyril Néri rappelle une évidence "Dès qu’on sort des pistes balisées, on fait du freeride. Même si c’est à 10 mètres, c’est du freeride. Et là, on prend des risques. Et c'est vrai qu'il y a une certaine mode, il y a un besoin de liberté, il y a tout ce qui fait qu’on a envie d’aller se promener dans la nature vierge. Mais faut pas oublier que la nature vierge, elle sera toujours, toujours dangereuse."

Respecter la montagne, respecter les autres, connaître ses limites: un message pas forcément très « fun » pour des oreilles d’ado. Mais un message qui passe beaucoup mieux dans la bouche de professionnels.

L'airbag des neiges [DR] L'airbag des neiges [DR] Et comme le ski est aussi une affaire d’équipement, voici un petit topo des indispensables du freerider par Cyril Néri: "les DVA (détecteur de victime d'avalanche) sur soi, et dans son sac, la sonde et la pelle. Si on arrive à secourir la personne dans les 15-20 première minutes, on a plus de 85 % de chances de retrouver la personne vivante! Dans un domaine glaciaire, il faut penser au piolet. Enfin, la Roll's de la prévention avalanche, ce sont les sacs de type air-bag, mais qui offrent une protection quasi parfaite contre les avalanches. Par un principe de granulomètrie, on devient un "gros morceau". On va alors flotter en surface et ne pas être recouvert par l'avalanche."

Vous voilà fin prêts pour la saison. Et à ceux qui préfèreraient les plaisirs moins risqués, il reste toujours la bonne vieille randonnée!

L'eau des bains thermaux

Le 8 novembre ABE publiait ses résultats d'analyses bactériologiques sur l’eau de onze bains thermaux en Suisse Romande : 5 étaient non conformes, et  3 montraient même une présence de Legionella pneumophila, une bactérie qui peut provoquer des pneumonies. Il s’agissait de Cressy à Genève, ainsi que Val d’Illiez et Ovronnaz en Valais. Dans ce dernier cas, la contamination était importante, près de 3 fois le seuil minimum où l’on estime qu’il est possible de tomber malade. Quelles mesures ont été prises depuis l'émission?

C'est en Valais que le problème était le plus aigu. Nous sommes allés demander, pour commencer, au chimiste cantonal valaisan où en est la situation dans son canton:

"Je peux résumer la situation comme cela: nous avons fait des contrôles suivis dans les jacuzzis où l'on avait trouvé la Legionella pneumophila. Nous entendons par "contrôle suivi" le fait qu'un inspecteur était sur place, les bassins ont été vidés, nettoyés et désinfectés. L'inspecteur a refait des prélèvements. Les analyses ont montré l'absence de Legionella pneumophila. On peut dire que la qualité de l'eau répond aux normes ESIA."

Ces mesures vont-elles suffire?

"On va continuer avec nos campagnes régulières de contrôle que l'on fait dans ces bassins. On fait des prélèvements une fois par mois pour les bassins fortement fréquentés et cinq à six contrôles par mois dans les bassins, comme ceux des hôtels, moins fréquentés. La deuxième chose importante est que les responsables sur place surveillent bien ces bassins dans le cadre de leur autocontrôle. Cela veut dire qu'il faut surveiller que la désinfection est correcte, que la teneur en chlore libre soit correcte ainsi que le pH de l'eau. Troisième chose, il est important que de l'eau fraîche soit apportée chaque jour ou semaine. Si tout cela est bien respecté, je ne vois pas de risque pour les baigneurs."

Comment expliquer les mauvais résultats obtenus par certains bains thermaux?

"Le problème c'est que, comme je viens de vous l'expliquer, il y a eu une désinfection qui n'était pas assez surveillée, peut-être."

Rapport d'analyse des eaux thermales des bains d'Ovronnaz: entretien avec Philippe Stalder directeur Ovronnaz SA

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