Emission du 24 août 2010

Stylos feutres: un masque à gaz pour dessiner

C'est la rentrée pour des milliers d’enfants et leur famille ! A Bon Entendeur a pensé à eux et à ceux qui leur achètent des stylos feutres. Les suçoter ou en respirer les vapeurs, c'est inévitable! Les enfants passent du temps la tête penchée sur leurs coloriages, à mâchouiller le bouchon du stylo. Ces feutres ou surligneurs, sont utilisés par des personnes de tout âge ! Alors sont-ils sans risque pour la santé ?

De l’usage du stylo feutre

Le stylo feute, le favoris des enfants [DR] Le stylo feute, le favoris des enfants [DR] A en croire leurs visages bien appliqués, le dessin pour les enfants, est un travail très sérieux. Il y a d’abord le choix du stylo, la minute de réflexion qui va précéder le geste, la créativité parfois débordante qu’il faudra maîtriser. Bref, dessiner, c’est tout un art et c’est surtout une manière colorée d’appréhender le monde qui les entoure.

Anne Lise Bullinger, psychomotricienne [DR] Anne Lise Bullinger, psychomotricienne [DR] Anne-Lise Bullinger, psychomotricienne considère que le dessin participe au bon développement de l’enfant. « Je pense que ça va leur permettre de développer d’abord la capacité de communication, la capacité de s’exprimer, et puis la capacité aussi de s’identifier quand ils commencent à écrire leur prénom. Et puis, il y a une chose importante, c’est l’expression au travers du dessin, parce que l’enfant va exprimer ses émotions et va mettre en dehors ses émotions et va laisser une trace pour son entourage. »

En tant que psychomotricienne, Anne-Lise Bullinger en sait long sur le sujet. Avec Marie-Christine Jacquier, enseignante et formatrice, elles ont créé des outils didactiques pour les enseignants genevois sur l’écriture et le graphisme.

Et pour favoriser l’apprentissage, il est nécessaire d’utiliser différents outils, de tenter quelques petites expériences aussi. Ce que l’enfant va faire finalement assez naturellement.

Marie Christine Jacquier, enseignante et formatrice [DR] Marie Christine Jacquier, enseignante et formatrice [DR] Marie-Christine Jacquier souligne l’importance de l’imitation des adultes chez l’enfant. « Il va vouloir imiter les adultes. Donc, il va prendre des outils scripteurs qu’il trouve à disposition, mais il va aussi prendre des outils qui ne sont pas de vrais outils scripteurs, c’est-à-dire son doigt ; les enfants sur une vitre en buée. On voit aussi au bord de la mer des enfants qui dessinent avec un bâton dans le sable, avec des cailloux sur le mur. Donc, il va détourner la fonction de certains objets pour en faire des outils scripteurs. »

Mais quand il s’agit de faire du coloriage, l’outil qui récolte vraiment tous les suffrages auprès des enfants, c’est le stylo feutre.

Selon Anne-Lise Bullinger, le stylo offre un grand confort : « Ils ont du plaisir parce que le stylo feutre glisse très facilement. Et comme ils font des gestes amples et qu’ils ne freinent pas du tout, le stylo va glisser sur la feuille et de cette façon, c’est très facile pour eux. » Et Marie-Christine Jacquier y ajoute le pouvoir couvrant : « En plus, les stylos permettent de remplir tout de suite des surfaces. Avec le crayon, c’est plus difficile. Le crayon a une mine plus dure, donc l’enfant va avoir plus de difficulté dans le tracé. »

Pas étonnant dès lors, qu’on associe toujours les feutres au monde de l’enfance, à leur univers riche en couleurs et en fantaisie.

Mais pour ce feutre-là, c’est différent. Malgré ses couleurs acidulées, il a trouvé sa place dans les bibliothèques où l’on étudie en silence. Un silence que seul le bruit du stylo sur le papier vient perturber. Mais, c’est pour la bonne cause, il paraît qu’il aide à mettre en lumière certaines notions importantes.

Le surligneur présente certains avantages selon le Dr Anne-Claude Juillerat Van der Linden, neuropsychologue : « C’est clair que le surligneur, il a un effet très flashant qui ajoute par rapport au fait qu’on soulignait avant. Le surlignage est beaucoup plus lumineux, beaucoup plus attractif et il y a des gens qui vont pouvoir très clairement recourir à ça en se faisant une représentation mentale du texte qu’on doit retenir et qu’on cible là-dedans :  quels sont les thèmes essentiels, quels sont les points principaux ? Le surligneur va permettre donc de les détacher rapidement pour faire des associations, parce que c’est fondamentalement comme ça que la mémoire fonctionne en faisant des liens avec ce qu’on connaît déjà. En fait, apprendre c’est comprendre. »

Dans l’atelier de Pierre Wazem, les histoires se racontent toujours au stylo, noir exclusivement. Le dessinateur genevois en possède de toutes sortes, même s’ il est vrai qu’il a ses préférences.

Pierre Wazem utilise exclusivement des stylos dans son travail [DR] Pierre Wazem utilise exclusivement des stylos dans son travail [DR] « J’utilise pour les croquis un stylo assez fin, pas trop fin quand-même, qui a un très bon débit d’encre qui me permet d’aller très vite et qui suit la rapidité du dessin. »

« J’ai abandonné l’idée du crayon très rapidement et j’utilise exclusivement du stylo, sans doute parce que j’aime bien ce côté immédiat. On ne peut rien en faire d’autre que de le laisser sur le papier. Et ça, j’aime bien cette idée. »

Entre stylo et pinceau [DR] Entre stylo et pinceau [DR] « Il y a eu une apparition dans le monde de la bande dessinée, c’est ce stylo-là. Ca a révolutionné le monde ! Voilà le messie ! On pourrait presque le qualifier de pinceau qui nous permet de faire des choses très fines et en même temps d’avoir un côté pinceau. C’est évidemment les Japonais qui ont inventé cette chose. Il y a un éventail de possibilités qui est très large avec ce truc. »

« Alors, les gros markers, c’est le mal absolu. Les gros markers, c’est d’une vulgarité crasse. Je les utilise pour dessiner sur du plastique ou sur de la matière très lisse, mais c’est des stylos qui perdent tout de suite leur noir, parce que c’est indélébile, ça devient violet au soleil après 3 jours. Et ce sont des stylos qui sont froids, c’est pas humain, ce sont  des stylos qui sont pas très agréables à utiliser. »

Notre dédicace [DR] Notre dédicace [DR] « C’est une question d’habitude, on devient un peu maniaque les dessinateurs. D’ailleurs, on se promène toujours avec nos stylos à nous, on ne les prête pas. C’est comme les brosses à dents et les tracteurs, on ne prête pas nos stylos. On devient un peu fou avec le temps avec nos outils… Rires »

Stylos feutres : le test !

 

Le risque pour les enfants, c’est qu’ils mâchouillent leurs stylos. Or, leur organisme est plus sensible aux polluants, aux métaux lourds ou aux solvants. Pour la première fois, nous avons testé les Composés Organiques Volatiles (COV), qu’il vaut mieux éviter de respirer !

Nous avons donc fait tester des feutres de couleur, des surligneurs et des markers, dans le cadre d’un vaste test européen.

Dans les rayons des grands magasins, c’est comme s’il existait un stylo-feutre pour chaque occasion : pointe fine, double pointe, lavable, effaçable, indélébile. Certains sont même antidérapants pour assurer une bonne tenue de l’outil scripteur, sans parler du choix des couleurs; l’arc-en-ciel fait presque pâle figure à côté des étalages des rayons papeterie.

Et pourtant, la base est la même : un corps en plastique ou en métal pour certains markers, un réservoir à encre et une mine en fibres synthétiques et un même but: déposer des pigments sur le papier. Et pour cela, chaque fabricant à sa formule, reste à savoir si elle comestible.

Un bon exemple est celui de Cédric. Il se rappelle qu’ « A l’école, je me suis déjà colorié les dents. » Mais les adultes et les enseignants ne sont pas toujours conscients que les enfants avalent de ces encres.

Cédric avoue que la maîtresse ne lui a fait aucune remarque, et pour cause. « Elle a rien vu, car j’ai tout enlevé avec la langue. »

Quand on sait que les enfants passent beaucoup de temps la tête penchée sur leurs coloriages, à mâchouiller le bouchon de leur stylo, on peut se demander si cette activité est sans risque pour leur santé.

Nous nous sommes rendus  à Aix-en-Provence, dans le laboratoire Eurofins. Nous y avons amené un échantillon de 14 produits achetés dans les commerces de Suisse romande que nous avons séparé ? en trois catégories: 5 sortes de feutres de couleur, 7 lots de surligneurs et deux types de markers indélébiles.

1. Le premier test qui a été réalisé consiste à analyser la présence de métaux lourds dans nos stylos feutres. Entre les mains de nos experts, ceux-là vont être découpés, décortiqués, puis mis dans une solution.

Aurélien Jaubert : « On va ensuite bombarder d’ondes dans un four à micro-ondes pour que la solution obtenue, donc le stylo qui sera décomposé dans une solution, puisse être analysée. »

Cette solution sera donc ensuite analysée par spectrométrie de masse, dans une machine qui va nous permettre de quantifier les métaux lourds présents dans chacun des feutres, c’est-à-dire quels sont les métaux et à quelle quantité.

Lori Magnin : « On a pu déterminer la présence de certains métaux lourds à des quantités qui ne sont pas négligeables pour certains de ces feutres. Et certains métaux lourds surtout dont les effets sur l’environnement et la santé se sont avérés dangereux, comme par exemple le cadmium qu’on a pu retrouver dans certains feutres et markers.»

 

 [DR] [DR] Présence de cadmium

-le Grip colour marker de Faber-Castell, qui affiche aussi du cobalt dans sa composition

-le Colorella Star de Pelikan.

Même si les doses sont assez faibles, il est important de préciser qu’il s’agit de produits destinés en priorité aux enfants.

 

 [DR] [DR] Présence de chrome

-le Marking 2000 de BIC qui contient également du cobalt

 

 [DR] [DR] Présence d'antimoine

-M-Budget

 

 [DR] [DR] Présence de Bore

-Edding

-deux modèles de chez Stabilo, en précisant que ce dernier, le Stabilo Boss executive contient un taux extrêmement élevé de zinc par rapport aux autres produits testés.

Lori Magnin : « A mon avis, ces métaux sont utilisés pour leurs propriétés. Ils doivent apporter en fait certaines propriétés qu’on recherche dans le feutre comme par exemple le pouvoir couvrant, la brillance, l’adhérence sur tout type de support ou quelque chose. Les industries du feutre doivent trouver un intérêt à ajouter ces composés comme constituants de la formulation. »

2. Dans certains cas aussi, la présence de ces métaux lourds s’explique par des pollutions qui interviennent au cours du processus de fabrication. Reste à savoir si ces métaux lourds pourraient constituer un risque pour notre santé, lorsqu’un enfant met par exemple un stylo à la bouche. Nous avons demandé à nos experts de réaliser un test de migration. Etant donné le coût de ces analyses, nous n’avons choisi de tester que les 4 stylos qui présentaient des concentrations en métaux lourds les plus importantes. On leur a fait subir un autre traitement de choc.

 [DR] [DR] Aurélien Jaubert : «  Je suis entrain de décortiquer un stylo, c’est-à-dire séparer chaque pièce qui compose le stylo, donc le bouchon, le corps, la réserve d’encre et la mine. Puisqu’en fait pour le test de migration, on va analyser chaque partie du stylo d’une manière indépendante. »

De ces petits morceaux découpés, on va garder 100 mg de chaque composant de chacun des stylos et les mélanger ensuite à un solvant. Le reste du protocole est un peu compliqué, mais au final, tout cela sera analysé par le spectromètre de masse, afin de vérifier si les métaux lourds présents dans les feutres ont des risques de migrer vers notre organisme.

Lori Magnin : « Des normes ont été établies sur la sécurité des jouets en général de tous les objets qui vont être manipulés par les enfants. Et même si les migrations qu’on a pu observer sont parfois au-dessus des limites de détection de nos appareils, elles restent tout à fait en-dessous des limites tolérées et qui ont été établies en fait par ces normes. »

Pour résumer, selon les normes européennes en vigueur, il n’y a pas de risque avéré de migration. Toutefois, une autre question se pose, quand on voit les enfants bien appliqués à la tâche, quelles sont les substances qu’ils respirent au-dessus de leur dessin.

3. Pour ce faire, un troisième test a été réalisé en laboratoire afin de quantifier les COV, les composés organiques volatiles émanant des stylos feutres. Nos experts ont dessiné avec chacun des stylos pendant 15 minutes sous une cloche et ont analysé l’air aspiré pendant cette période.

Lori Magnin (off): « Chaque pic sur ce spectre, sur ce graphique correspond à une molécule bien précise, un composé chimique. »

Vincent Perret : « On a trouvé 2 types de problèmes. Soit sur certains produits, on a des concentrations très fortes de solvants, de solvants qui ne sont à priori pas dangereux dans des quantités raisonnables, mais là les quantités sont telles que ça peut poser un problème pour les utilisateurs et des formulations où là on a tout un cocktail de produits qui n’ont rien à faire dans des produits de consommation courante. »

 [DR] [DR] Les produits qui posent donc problème sont les deux markers de notre test, dont les émanations sont très importantes. Ils affichent de plus des concentrations extrêmement élevées d’un solvant, le 1-Methoxy-2-propanol, un éther de glycol.

Vincent Perret : « C’est un solvant qui n’est pas réputé très dangereux, mais les concentrations mesurées font que là on est vraiment dans un problème potentiel suivant le type d’exposition. Dans ce cadre-là, la forte exposition suffit à amener pour les personnes sensibles des problèmes euphoriques ou alors des problèmes de narcose. »

 [DR] [DR] Un échantillon sort du lot au niveau de la toxicité des produits mesurés, c’est le surligneur M-Budget qui non seulement renferme du styrène, un produit irritant pour la peau et les yeux, mais surtout contient des substances telles que du dioxane, un cancérogène de classe 3 et du 2-Propenenitrile, un cancérogène de classe 2 et en quantités non négligeables.

Vincent Perret : «  Ca laisse supposer que l’industriel n’a pas maîtrisé complètement et jusqu’au bout son processus de fabrication du plastique et du coup, on retrouve des éléments sous forme libre dans sa formulation. Ce qui est gênant aussi, c’est qu’on retrouve dans ce stylo des traces de parfum, peut-être, certainement pour cacher une mauvaise odeur, mais en tout cas, associer le parfum et la présence de ces produits qui sont mutagènes cancérigènes, c’est pas forcément une bonne idée. »

Si nous résumons : le laboratoire a trouvé des traces de cadmium, cobalt, chrome, zinc, à des taux qui ne sont heureusement pas problématiques pour la santé, mais problématiques pour l’environnement, quand ces produits sont incinérés et leurs cendres mises en décharge! Sur le plan des solvants, et donc des vapeurs toxiques que peuvent dégager certains stylos, c’est nettement plus problématique pour la santé : 9 stylos émettent trop de solvants, qui peuvent irriter les bronches, la peau, les yeux ou encore provoquer des vertiges ! Enfin, le surligneur M-Budget renferme un cocktail de substances mutagènes et cancérigènes, ce qui n’est absolument pas normal : c’est inutile de nous exposer à de telles substances, même si les concentrations ne sont pas très importantes. La Migros se dit surprise par ces résultats ( que notre laboratoire a confirmé, il n’y a donc pas de doute !),  mais a préféré faire de nouveaux tests avant d’agir.

La fabrication d’un stylo feutre chez Caran d’Ache

Caran d'ACHE et les écoliers [DR] Caran d'ACHE et les écoliers [DR] Quand on évoque Caran d’Ache, pour certains, ce sont les automates des halls de gare, leurs visages souriants et leur monde coloré. Pour d’autres, c’est plutôt le souvenir de la boîte de crayons de couleur que l’on recevait à l’école en début d’année, avec la promesse de nous offrir tant de plaisir créatif.

Pour que le dessin reste un plaisir, il est vrai aussi pour assurer sa place dans ce marché, Caran d’Ache a tout intérêt à miser sur la qualité. Et pour cela, les contrôles sont très stricts.

Stéphane Desponds : « L’appareil en question est un appareil d’absorption atomique qui permet de doser les métaux lourds, tels que le plomb, le cadmium. Tous ces résultats seront ensuite collectés par le système informatique que vous voyez ici.»

Eric Vitus : « Systématiquement sur toutes les matières premières que nous recevons, nous faisons ces analyses de métaux lourds, ainsi que d’autres analyses bien évidemment. Tout dépend de la nature des produits, enfin des matières premières. Ces analyses sont faites afin que nos produits soient en  conformité avec la norme européenne sur la sécurité des jouets, la norme EN71. Et cette norme justement contient un chapitre 3 qui concerne particulièrement la toxicité des métaux lourds, la présence de métaux lourds dans les produits à destination des enfants. »

L'entreprise teste sa production [DR] L'entreprise teste sa production [DR] Les analyses de toxicité ne sont qu’une partie des expériences menées dans ce laboratoire. Ces stylos sont soumis à rude épreuve: test de colorimétrie pour que les couleurs soient toujours les mêmes, tests de durabilité, ou encore de capillarité pour les réservoirs et mèches qui sont en fibres synthétiques. Quant à l’encre, elle aussi n’échappe pas à l’œil de l’expert. Son secret de fabrication est bien gardé : de l’eau, des colorants, de la glycérine, et quelques ingrédients secrets qui assurent aux feutres suisses une douceur dans le trait et la recette ne cesse d’évoluer.

Eric Vitus : «Depuis plus de 40 ans, il y a eu une évolution dans les matières plastiques, évolution dans les colorants. Donc en effet, aujourd’hui, on a une nouvelle ligne de stylos fibres où on essaie de s’orienter vers des colorants alimentaires. On est entrain de travailler sur certains aspects plus écologiques, c’est-à-dire par exemple, il y a un réservoir qui contient l’encre dans un stylo fibre, on espère dans un futur pas trop éloigné de mettre des réservoirs en matériaux recyclés par exemple. L’évolution, elle est surtout dans ce domaine, le domaine de l’écologie. »

Un look qui ne change pas [DR] Un look qui ne change pas [DR] On l’a bien compris, si ses composants évoluent avec les progrès technologiques, reste une chose qui n’a pas beaucoup changé depuis 1966, l’année de sa naissance, c’est son look un peu désuet. Sur la chaîne de production, 130 stylos feutres sont alignés. Ils défilent à un rythme précis.

Claude Cazimajou : «Ce corps subit une étape de marquage à chaud, avec la référence de la teinte d’une part et au poste suivant, le code barre. Ensuite, on lui distribue le réservoir. Ce réservoir est rempli à l’étape suivante, de l’encre, à l’intérieur. Ensuite, on va y apposer le bouton qui va être auto-soudé. Ensuite, on va aller à l’étape de la dépose de la mèche. Le produit sera retourné pour mettre le capuchon. Ensuite, il tombe dans une trémie où l’opératrice récupère les produits pour les mettre en caisse. » Elle les range très soigneusement et orientés de manière à être repris à l’emballage.

En une journée, 20’000 Fibralo seront produits dans l’usine genevoise, 3 millions par année. Ils trouveront ensuite leur place dans les petites boîtes décorées depuis toujours d’une image au symbole de la Suisse. Si les stylos ne garantissent pas toujours la réalisation de chefs d’œuvre, les dessins eux sont garantis sans risque.

Feutres : on fait la lessive chez ABE !

Vous avez dit lavable ? [DR] Vous avez dit lavable ? [DR] « Vous avez dit lavable », ce t-shirt indique clairement quelles sont nos intentions. Aujourd’hui, nous allons faire la lessive… Direction la laverie automatique pour y réaliser un petit test pratique.

Nous avons soumis des t-shirts blancs à un traitement plutôt radical, qu’il serait bien d’éviter de reproduire chez vous. Entre les mains de notre artiste, ils ont subi une séance de coloriage assez intensive : 4 couleurs y ont été appliquées, du rouge, du vert, du jaune et enfin du bleu.

Nous avons choisi de tester des stylos feutre de couleur, particulièrement destinés aux enfants. Notons que dans notre gamme de produits testés, certains portent la mention lavable sur leur emballage, c’est le cas pour les marques Idena, Caran d’ache, Carioca et Bic. Sur le cinquième produit de notre échantillon, un modèle de chez Stabilo, on précise que son encre est à base d’eau. Quant au dernier, un stylo de la marque Bellcolor, on n’y indique rien de spécial.

Nous avons acheté sur place de la lessive en poudre, avons mis chacun de nos t-shirts dans des machines à laver de la même marque. Et c’est parti pour un programme à 40°. Pendant une demi-heure, nos 6 t-shirts ont tourné au rythme régulier des machines. Résultats !

Pour les quatre premiers, c’est-à-dire ceux sur lesquels nous avions utilisé des stylos feutres lavables, c’est blanc et même très blanc ! C’est ainsi le cas pour le Birello de la marque Carioca qui est le meilleur marché du test.

Pour le cinquième échantillon, seul le stylo rouge a eu de la peine à partir. Une légère trace rose est encore visible après la lessive. Quant à notre dernier t-shirt, et bien là, seul le stylo jaune a disparu; les autres couleurs ont résisté… Donc un conseil, si vous êtes du genre maladroit, préférez les stylos lavables qui en définitive ne coûtent pas forcément plus chers.

Autre problème bien connu : les stylos feutres sèchent quand ils restent « décapuchonnés ». Et reboucher son stylo après usage n’est pas la première préoccupation des enfants, ni des ados d’ailleurs ! Les fabricants conçoivent aujourd’hui des feutres qui sont censés résister au séchage à l’air libre. Là aussi, nous l’avons vérifié, avec les 6 mêmes marques qui avaient passé à la machine.

Cela nous a demandé un peu de temps, puisque nous les avons observés pendant une semaine, sans leur bouchon, en dessinant toutes les deux heures, de jour évidemment !  Résultat :

- Les feutres Idena :  après 3 jours, ils étaient secs, bons pour la poubelle !

- Les Stabilo : après 7 jours, le vert était complètement sec, et du rouge on ne pouvait plus tirer grande chose.

- Les Bic Kid : après 7 jours, le rouge ne fonctionnait plus.

- Les feutres Bellcolor, Carioca Birello et Caran d’Ache: après  7 jours à l’air, ils fonctionnent encore.

A noter que l’épaisseur de la mine joue un rôle, les feutres fins sèchent plus vite. Il existe  aussi des différences selon les couleurs: le rouge semble sécher plus vite que les autres. Une

Dernière observation qui pourrait être utile aux gros consommateurs de feutres: chez certaines marques, comme Bellcolor et Carioca Birello, vous ne retrouverez pas forcément le même rouge d’une boîte à l’autre: il peut y avoir des différences de colorimétrie. Ce qui peut-être sympa pour les dégradés !!

Quand EasyJet ne vous mène pas à bon port : entretien avec Valérie Muster, juriste et responsable de la Permanence de la FRC

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La semaine prochaine 

Il pousse très vite et est étonnamment résistant ; le bambou commence à être très à la mode chez nous. Des ustensiles de cuisine aux parquets en passant par les textiles, il est partout. Tous ces produits profitent de l’image « nature » du bambou.  La réalité est bien différente ! Colles, vernis et processus de transformation chimique très lourds, le bambou n’est pas si écolo.

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