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Un ordinateur portable, ça trompe énormément
Emission du mardi 21 février 2006
Les néophytes et les experts : shopping informatique
[RTS]
Pour analyser l'achat d'un
ordinateur portable de type PC, il nous fallait aller au cœur de la
jungle informatique, sur le terrain, dans les magasins. Nous avons
envoyé deux acheteurs ne connaissant pas grand-chose aux
ordinateurs dans cinq magasins de Suisse romande. Leur mission : se
renseigner sur l'achat d'un PC portable basique, pour faire de la
bureautique, aller sur Internet, lire des CD/DVD et classer des
photos. En gros, des tâches que tout PC portable moderne réussit à
effectuer, même le moins cher.
Pour décoder les diverses transactions, deux experts : Stéphane
Laurenceau, chroniqueur informatique de la Radio Couleur 3, et
Philippe Lecocq, responsable des tests informatiques pour le groupe
Euroconsumers. Tapis dans une camionnette banalisée, nos deux
experts n'ont pas perdu une miette des diverses conversations.
Visitez avec eux les magasins en cliquant sur la vidéo.
Test dans un jardin anglais
[RTS]
Pour vous orienter tout de même un
peu plus facilement dans cette jungle informatique, nous nous
sommes rendus quelque part dans la campagne anglaise, dans un lieu
que nous tiendrons secret. C'est là que les organisations
européennes de consommateurs font tester les ordinateurs
disponibles sur le marché. Jon Honeyball, testeur en chef et
sorcier de l'informatique, suit cette offre. Face à la rapide
évolution technologique des machines, ce passionné doit adapter en
permanence ses protocoles de test.
Jon Honeyball nous explique : « Les ordinateurs portables sont
plus sophistiqués aujourd'hui qu'ils ne l'ont jamais été.
Aujourd'hui, un portable peut effectuer l'ensemble des tâches
générales dont la plupart des gens ont besoin : traitement de
texte, tableur, Internet, courrier électronique... Toutes les
machines peuvent faire ça, donc la vitesse de calcul n'est pas un
problème. »
Il y a tout de même des différences entre les portables : la
batterie, la mémoire, la capacité de stockage et les performances
graphiques, etc.. L'important aujourd'hui, pour un client, c'est
d'abord de savoir exactement ce que l'on veut faire de sa
machine.
[RTS]
Jon Honeyball : « Il faut tout
d'abord être sûr de la quantité d'argent que vous voulez dépenser,
mais aussi de la fréquence à laquelle vous allez réellement
transporter l'ordinateur. Si le produit va surtout rester à la
maison sur votre bureau et être emmené parfois au travail ou à
l'école dans un sac, son poids et l'autonomie de sa batterie ne
seront pas vraiment primordiaux. Mais si cet ordinateur doit
devenir le centre de votre univers informatique, un produit que
vous emmenez partout avec vous, alors là, la durée de sa batterie
par exemple devient très importante. Il faut donc d'abord imaginer
par vous-même vos besoins et cela vous donnera les questions à
poser au vendeur. »
Les tests que l'on réalise ici sont très concrets. Jon a imaginé
une douzaine de scénarios d'utilisation.
De l'importation de musique au montage vidéo, en passant par la
gravure de grandes quantités de données sur CD ou DVD, etc.. Les
renseignements souvent très techniques donnés dans les magasins ne
sont pas les plus utiles pour le client.
[RTS]
Jon Honeyball : « Les magasins
vendent encore souvent des ordinateurs en utilisant l'ancienne
manière de penser, quand de petites différences de vitesse
d'horloge du processeur entraînaient de vrais écarts dans les
performances. Aujourd'hui, vu que les systèmes sont assez rapides
pour la plupart des utilisateurs, nous nous intéressons plutôt à
des problèmes importants comme « Combien de temps peut-il lire un
DVD lors d'un vol en avion ? » ou « Est-ce qu'il tient allumé toute
une journée ? ». Il y a trois ou quatre ans, deux ou trois heures
d'autonomie étaient considérées comme bon, mais maintenant on veut
huit, dix, douze heures, et pas seulement pour effectuer un travail
simple, mais en étant en même temps connecté sans fil à Internet.
C'est un problème très différent d'il y a cinq ans. »
Dernière recommandation : attention à ne pas évaluer ses besoins
d'une manière trop étriquée ; il vaut mieux parfois prendre un peu
plus grand.
Jon Honeyball : « Acheter un ordinateur portable, c'est un
investissement substantiel et on doit pouvoir s'y fier pour,
disons, cinq ans. Il faut donc imaginer ce que vous allez en faire
en 2010, par exemple, et ce n'est pas si facile. Les programmes
seront plus gros et plus gourmands. Ils utiliseront plus
intensivement le processeur. C'est pour cela que je ne pense pas
que les gens achètent un produit trop puissant en général.
»
Les résultats du test européen actuel réalisé par Jon seront
bientôt tout à fait complets et nous pourrons les publier sur ce
site. Vous pourrez les consulter dès que ce sera possible.
Le retour à la maison
[RTS]
Nos deux acheteurs d'ordinateurs
portables sont rentrés chez eux, chargés de cartons et le
porte-monnaie léger ! C'est intéressant de voir qu'avec la même
demande, ils ont ramené deux modèles différents.
Ainsi, Madame et Monsieur ont finalement acheté chacun un
ordinateur portable dans deux magasins différents. Madame a ramené
à la maison un ACER Aspire 1642 WLMi et Monsieur un HP Pavillon dv
5018 EA.
Avec les mêmes critères de départ, Madame a finalement payé 301
francs de plus que Monsieur, mais pour un ordinateur plus à la
pointe de la technologie.
Stéphane Laurenceau, chroniqueur informatique de la Radio Couleur
3, commente cet achat : « Entre les deux, il y a vraiment une
génération de différence, c'est aussi simple que cela. Lorsque vous
achetez un ordinateur d'une génération plus ancienne, les problèmes
n'arrivent pas après un jour, mais plutôt après... disons deux ans,
et là quand il va falloir trouver des pièces de rechange, ça va
être beaucoup plus difficile que pour une machine récente.
»
[RTS]
Madame a plutôt fait une bonne
affaire, même si l'ordinateur de Monsieur lui permettra tout de
même de réaliser sans trop de problèmes les tâches très basiques
dont il a besoin. C'est sur la durée que l'on verra sans doute la
différence entre les deux achats. Stéphane Laurenceau : « Dans
un ou deux ans, s'il y a un problème, il sera peut-être plus
difficile de trouver des pièces d'ancienne génération, pour la
réparation. »
Pendant que nos deux amis tentent de faire connaissance avec leur
fidèle compagnon numérique, dites-nous, messieurs les experts,
comment auraient-ils pu faire mieux, nos acheteurs peu férus
d'informatique ?
Stéphane Laurenceau : « C'est comme pour acheter une voiture,
si on a un copain garagiste, on se fait moins avoir. »
Philippe Lecocq : « Ce qu'il ne fallait pas faire, c'est
acheter un ordinateur seul si on n'y connaît rien et il ne faut pas
ressortir le premier jour du premier magasin avec un ordinateur
sous le bras. Il faut prendre des notes, consulter quelqu'un qui y
connaît quelque chose, voire même revenir avec cet ami. Il ne faut
pas ressortir en payant cash avec de beaux paquets sous les bras
comme nous avons fait, et acheter un ordinateur qui ne donnera
peut-être pas satisfaction. »
[RTS]
Philippe Lecocq, responsable des
tests informatiques pour le groupe Euroconsumers : « Il faut
prendre note et revenir avec quelqu'un qui connaît et ne pas
acheter immédiatement un ordinateur qui ne donnera peut-être pas
satisfaction. »
C'est vrai qu'il vaut mieux que ça marche bien, si l'on ne veut
pas devoir se frayer un chemin dans la jungle, téléphonique cette
fois, des services après-vente.
Une fois chez soi, si on n'arrive pas à installer sa machine, il
existe plusieurs solutions : la plupart des magasins proposent des
services d'installation pour 200 à 300 francs. Certains
constructeurs proposent des contrats de maintenance payants. Enfin,
dans les journaux, on trouve plein de petites annonces
d'entreprises privées qui installent ou font la maintenance.
Attention : on vous conseille d'exiger un devis.
Dell que j'aime !
[RTS]
Grégoire Braissant et Laura Pittet
ont acheté un ordinateur portable par Internet à la mi-octobre
2005. Le jeune couple repère un portable Dell à un prix très
intéressant et le commande. Un mois plus tard, le fameux portable
est livré et les ennuis commencent. Devant l'échec répété des
appels téléphoniques, Grégoire et Laura envoient un courriel à la
maison Dell. C'est finalement le 13 décembre seulement que
l'entreprise les rappelle. Durant le mois de janvier, Grégoire
téléphone à nouveau deux fois au service technique, mais sans
résultat. Après trois mois d'effort, aujourd'hui encore,
l'ordinateur ne fonctionne que par intermittence.
[L'histoire de l'ordinateur portable Dell est racontée en
vidéo]
Comment une entreprise peut assurer un aussi mauvais service
après-vente ? Jean-Jacques Suter, directeur général de Dell pour la
Suisse, a accepté de nous répondre.
[Ecoutez son interview dans la vidéo.]
La mode est à l'ordinateur portable. Entre les différents modèles, les différentes générations, les types d'écrans ou de processeurs, les questions de carte graphique, de mémoire vive et de disque dur, c'est difficile de trouver l'ordinateur adapté à ses besoins.